Ce même « orgasme culinaire », je l’ai vécu de nouveau récemment.

Le top du top

CHRONIQUE / La compétition est forte dans le domaine du gâteau aux carottes.

Avez-vous remarqué, quand il est question de ce dessert qui se mangeait déjà à l’époque médiévale, tout le monde semble concocter « la meilleure recette de tous les temps ».

Chacun s’enorgueillit de son mélange, que celui-ci contienne ou non des noix de Grenoble, des ananas, des raisins secs ou du sirop d’érable à la place du sucre. C’est drôle, ni le gâteau au fromage ni le carré aux dattes ne jouissent d’un tel fanatisme.

Alors pendant que plusieurs tentent de trouver la meilleure poutine du coin, moi, après avoir goûté à tous les pâtés au poulet de la région et avoir décrété que celui des Désirables de Bromont remportait la palme (étude non scientifique vieille de 2015), j’ai décidé de dénicher la crème des gâteaux aux carottes. Ceux faits maison, mais vendus au public.

Mon amie Mélanie et mon ami Jean-François cuisinent chacun une version succulente. Mais on parle ici de production très exclusive. Leur œuvre sucrée accompagne la plupart du temps une fête d’enfants ou un souper bien arrosé. Alors pour les besoins de mon analyse home made plus ou moins sérieuse, leurs p’tits gâteaux, on n’en parlera pas.

Ce qui est beaucoup plus divertissant, c’est de voir des commerces soutenir qu’EUX possèdent la plus décadente de toutes les recettes de gâteau aux carottes. Certains y vont même de slogans même-pas-un-peu-subtils sur le sujet.

C’est le cas du café resto le St-Raphaël, à Cowansville. Chaque fois que je me rendais dans cette municipalité pour le travail ou pour aller zieuter à l’Aubainerie Entrepôt, j’avais un sourire en lisant sa pancarte voulant qu’il serve le Gâteau aux carottes le meilleur au monde!

Une autre souligne même qu’il concocte les Meilleurs brownies de la galaxie!

C’était comme une invitation à relever un défi.

Un jour, je suis donc allée valider le tout. J’allais le savoir, une fois pour toutes, si la meilleure recette de gâteau aux carottes du monde entier se trouvait à deux pas de l’hôpital BMP. Être hospitalisée là-bas, je trouverais le phénomène réconfortant.

Quand j’ai fait remarquer au proprio de l’endroit qu’il faisait preuve d’une grande assurance d’assumer ces deux slogans, il m’a avoué que, oui, ses desserts étaient réellement bons, mais que d’user ainsi d’humour était une stratégie marketing. Une façon d’attirer la clientèle. Et, comme je me trouvais devant lui, alors qu’on retrouve un café par habitant à Granby, la preuve était... que sa tactique fonctionne à merveille !

Son gâteau aux carottes était, effectivement, très bon. Mais comme je n’aime pas avoir des morceaux de noix de Grenoble dans mon précieux crémage au fromage à la crème (sacrilège !), je ne ferais pas un détour pour aller m’en chercher un morceau. Mais ça, c’est une question de goût. Sans cela, il serait pour moi parfait.

Toutefois, pour les brownies du St-Raphaël et sa brique dans laquelle se fondent divinement le chocolat et le caramel, je vendrais mes enfants ! Après quatre bouchées, on atteint un taux gênant de glucose dans le sang, mais malgré le petit mal de tête qui nous assaille, impossible de s’arrêter. C’est trop bon ! Juste de vous en parler, j’en ai l’eau à la bouche et je prie pour qu’un organisme communautaire de Cowansville me convoque à une conférence de presse !

Coup de foudre
Ce même « orgasme culinaire », je l’ai vécu de nouveau récemment. Un vrai coup de foudre. Et, croyez-le ou non, c’était en mangeant un morceau de gâteau aux carottes alors que je n’étais même pas en mode « enquête ».

Je vous le dis : c’était THE gâteau aux carottes !

Le pire c’est que ce soir là, j’ai englouti mon morceau à la hâte, obligée de partir vite. Je n’ai même pas pris le temps de le savourer et, malgré tout, il m’a donné des frissons dans l’échine et mis le cerveau en ébullition.

La semaine suivante, alors qu’on célébrait un autre anniversaire, je suis montée à Bromont expressément pour aller en acheter un.

Sur place, j’ai rencontré un copropriétaire passionné. C’est sa femme qui se cache derrière toutes les recettes. En plus de son gâteau aux carottes qui pèse une tonne, elle fait de généreux biscuits à toutes sortes d’affaires et plein d’autres desserts fabuleux. Et les portions sont généreuses.

Elle rêvait d’ouvrir une biscuiterie. Son rêve s’est réalisé. Dans sa biscuiterie, les plus capotés peuvent même manger de la pâte à biscuit crue en collation ! Délire pour certains. Délice pour les autres.

C’est où ? À la Biscuiterie Ça goûte le ciel.

L’expression « ça goûte le ciel » m’a toujours énervée. C’est trop gros. Et le ciel, quelqu’un peut me mimer ce que ça goûte ?

Bon, si ça veut dire que c’est le boutte, le top du top, le nom se marie vraiment bien avec la place. Là-bas, c’est Linda qui met la main à la pâte.

À ma prochaine attaque de gâteau aux carottes, ça va être du Linda et rien d’autre.