Denis Shapovalov débarque à Granby sans complexe

Le Challenger de Granby à la croisée des chemins?

CHRONIQUE / À sa 22e édition, le Challenger Banque Nationale de tennis de Granby en est-il arrivé à la croisée des chemins ?

Il semble que oui.

Attention, ce commentaire n’a pas pour but d’inquiéter les amateurs de tennis de chez nous. Car le Challenger est un événement en santé, lui qui attise les passions le temps d’une semaine en été dans la région et qui est l’un des plus beaux tournois de sa catégorie présentés dans le monde.

Alors, quoi ?, me demandez-vous.

Le président et directeur général Alain Faucher ne cache pas ses ambitions : il veut que son tournoi offre les meilleures bourses parmi tous les challengers sur la planète !

Rien de moins !

C’est le nouveau défi que vient de se lancer Me Faucher, qui en a relevé plus d’un – et pas des moindres – depuis qu’il est à la tête de l’événement.

Les meilleures bourses au monde (et donc le maximum de points de classement) feraient normalement en sorte que le tournoi attirerait de meilleurs joueurs encore. Faucher rêve du jour où les membres du top 75, et peut-être même du top 50, se bousculeront à Granby.

Mais voilà, deux écoles de pensée vont s’affronter dans le débat qui devra avoir lieu avant que l’on mette plus de sous encore dans le tournoi.

La première est celle qui affirme que le Challenger est et doit rester un outil de développement pour les joueurs canadiens. Depuis longtemps, Eugène Lapierre clame qu’un tableau trop relevé désavantagera nos joueurs, qui passent par Granby pour acquérir de l’expérience et à qui on doit donner une chance de gagner.

La deuxième est celle qui dit que le tennis canadien est rendu à un autre niveau, qu’on peut maintenant se permettre de proposer à nos meilleurs joueurs des défis plus importants. L’époque où la majorité des joueurs canadiens débarquaient à Granby pour faire de la figuration est loin derrière.

Cette année, par exemple, Denis Shapovalov et Bianca Andreescu s’amènent à Granby sans complexe. S’il était là, ce serait la même chose pour Félix Auger-Aliassime. Lorsque le Challenger débute, maintenant, on sait que des Canadiens peuvent très légitimement aspirer au titre.

J’ajouterai que, pendant longtemps, Granby a été un des seuls tournois de type challenger au pays. Dans ce contexte, il était normal qu’on fasse en sorte d’encadrer les joueurs canadiens le mieux possible et qu’on ne fasse pas exprès pour leur offrir des adversaires trop coriaces. Aujourd’hui, les challengers sont nombreux et ce n’est plus Granby ou rien du tout.

Personnellement, je suis en faveur qu’on tente encore d’augmenter les bourses et qu’on tente d’offrir la meilleure qualité de jeu possible aux amateurs de tennis d’ici. Après 22 ans – et 22 ans de succès, il faut le préciser -, Granby a mérité son statut particulier à travers le pays. Qu’on donne au tournoi le statut de « challenger or » et qu’on le laisse s’épanouir totalement.

Et j’insiste : Granby a mérité son statut particulier.