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Simon Roberge - Gamer
La Tribune
Simon Roberge - Gamer
Netflix se lance dans l’industrie du jeu video
Netflix se lance dans l’industrie du jeu video

Jeux vidéo sur Netflix, à quoi s’attendre?

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CHRONIQUE / Netflix se lance dans les jeux vidéo. Le géant technologique rejoint donc les Xbox Cloud Gaming, Luna, Playstation Now et plusieurs autres plateformes dans le domaine des jeux en streaming. Mais est-ce que cette voie constitue l’avenir de l’industrie ou est simplement une phase comme la 3D l’a été pour les films par exemple ?

La théorie est la suivante. Au lieu d’acheter une console et les jeux à la pièce. Une personne paie pour un ou plusieurs services et peut jouer aux différents jeux disponibles. Le principe est le même que pour l’industrie cinématographique avec Netflix, Disney Plus, Crave, etc. ou pour la musique avec notamment Spotify. Il n’est pas nécessaire de télécharger le jeu pour y jouer.

Une simple manette branchée à la télé ou un des nombreux kits qui transforment son téléphone en console portable et c’est dans le sac. On peut donc jouer au nouveau Halo ou Assassin’s Creed sur son téléphone. Au lieu de dépenser 500 $ pour une console tous les cinq ans et 80-90 $ par jeu, on peut jouer aux plus récents titres pour 15 à 20 $ par mois. C’est nettement avantageux pour le portefeuille si on joue beaucoup, mais ça l’est un peu moins si on ne joue qu’à l’occasion. 

Et comme dans bien des choses, la théorie et la pratique diffèrent.

Tout d’abord, LE GROS PROBLÈME des jeux en streaming est la connexion internet. Ça demande une connexion rapide et stable. Pour un jeu solo plutôt lent, on peut se permettre de ne pas avoir une performance à tout casser, mais pour les jeux de tirs ou de course par exemple, la performance du jeu doit être sans faille pour avoir une belle expérience.

La bonne nouvelle, c’est que le Québec est censé être branché en entier via la fibre optique d’ici 2022. Gardons-nous une petite gêne toutefois avant de déclarer qu’il sera possible de streamer un jeu AAA dans les villages de la province. Et en plus ça consomme énormément de données. Si cette pratique se généralise, nos réseaux internet seront mis à rude épreuve.

Netflix se lance dans l’industrie du jeu video

Exclusivités

Je m’attends donc beaucoup plus en commençant sur Netflix à voir des histoires interactives ou des jeux minimalistes basés sur leurs séries à succès plutôt que de gros jeux AAA. La plateforme propose déjà beaucoup de contenu lié au jeu vidéo comme Witcher, DOTA, Resident Evil, Tomb Raider, Castlevania ou Dragon’s Dogma pour ne nommer que ceux-là. Est-ce que ces séries et films pourraient être accompagnés d’un jeu exclusif pour les abonnés ? 

Parce qu’il est là le combat de Netflix. Le marché des jeux vidéo est extrêmement compétitif et même Google s’est complètement planté avec la Stadia. Il doit proposer des jeux exclusifs et qui valent à eux seuls l’abonnement. Le service est condamné à l’échec s’il propose le même contenu que les autres, d’autant plus que la compagnie utilisera assurément l’arrivée de jeux pour augmenter ses tarifs. Il ne suffit donc pas de pouvoir jouer à Grand Theft Auto ou Skyrim pour pouvoir crier victoire. Des jeux simples, beaux et qui surtout roulent à la perfection devraient être le premier pas de Netflix dans l’univers des jeux vidéo.

Mais la grande question est la suivante : est-ce que le jeu sur le cloud constitue l’avenir de l’industrie ? Personnellement, je crois que non. Netflix n’ébranlera pas les piliers du temple avec cette initiative qui existe déjà un peu partout. À court et moyen terme, c’est plus le modèle du Xbox Game Pass qui risque de s’implanter selon moi. Ce modèle propose un abonnement avec une sélection de plusieurs centaines de jeux (à la Netflix), mais ces derniers doivent être téléchargés avant de pouvoir y jouer. Les problèmes de performances sont en conséquence à peu près inexistants. Ça nécessite toutefois une console Xbox ou un PC haute performance.

Peut-être toutefois que Netflix permettrait à ses abonnés de télécharger des jeux, comme il est d’ailleurs possible de le faire pour écouter un film dans l’avion par exemple. On s’entend toutefois que cette pratique ne serait possible que pour les jeux qui ne prennent pas beaucoup d’espaces. On oublie tout de suite ceux qui font plusieurs dizaines de gigs. Mais je vois mal Netflix baser son offre sur un système de téléchargement alors que le pain et beurre de l’entreprise est le streaming.