Le leader parlementaire du Parti libéral du Québec, Sébastien Proulx, tout comme son homologue péquiste, veut accorder rapidement des compensations aux députés, en raison d’un resserrement fiscal du fédéral.

Voie rapide pour le salaire des députés

CHRONIQUE / Ce n’est pas pour persifler, mais s’il existe un projet de loi qui parviendra à se faufiler sans problème dans l’embouteillage législatif de la fin de la session parlementaire à Québec, c’est celui concernant le salaire des députés.

Aucune audience publique ne sera tenue sur cette proposition législative «ajustant» la rémunération des parlementaires de l’Assemblée nationale. Le gouvernement n’en veut pas. Et ni le Parti libéral du Québec ni le Parti québécois n’en réclament. Alors...

Remarquez; ce n’est pas surprenant. Cette proposition législative a été présentée conjointement par le gouvernement et les groupes parlementaires libéral et péquiste. Ils ont présenté ce projet de loi ensemble.

Québec solidaire, le seul parti à réclamer des audiences publiques, prêche dans le désert.

Une compensation

Malgré le fait qu’il ait été présenté tout récemment, le projet de loi ajustant la rémunération des élus de l’Assemblée nationale fera donc partie de ceux adoptés d’ici la relâche estivale. Il est considéré comme prioritaire par une large majorité des élus, lesquels, il faut quand même le dire, sont ici en conflit d’intérêts.

Concrètement, le projet de loi du ministre Simon Jolin-Barrette, du leader parlementaire du Parti libéral du Québec, Sébastien Proulx, et du leader parlementaire du Parti québécois, Martin Ouellet, vise à hausser l’allocation annuelle de dépenses des parlementaires de manière à ce qu’ils touchent bel et bien les 17 650 $ qu’elle représente. Pourquoi? Parce qu’ils devront pour la première fois payer de l’impôt fédéral sur ces dollars-là.

Ce prélèvement fiscal s’effectuera donc sans douleur, puisque cette allocation sera augmentée en conséquence.

Y a-t-il beaucoup de citoyens qui peuvent s’accorder des compensations en raison d’un resserrement de la fiscalité?

Comité indépendant

On n’en serait pas là si la démagogie politique n’avait pas prévalu lorsque le Comité consultatif indépendant sur les conditions de travail des députés de l’Assemblée nationale, présidé par l’ex-juge Claire L’Heureux-Dubé, a présenté son rapport, en novembre 2013.

Personnellement, j’estime que les élus de l’Assemblée nationale sont insuffisamment rémunérés.

Mais cette affaire rappelle qu’il n’est que temps qu’un comité indépendant décisionnel soit mis sur pied pour déterminer l’ensemble des conditions de travail de ces élus afin qu’ils n’agissent plus à la pièce et qu’ils ne soient plus en conflit d’intérêts, comme actuellement.

En attendant, il n’y aura ni feu jaune ni feu rouge sur la route de l’adoption de ce projet de loi, malgré l’actuel goulot d’étranglement législatif.

Ce projet de loi a droit à une voie rapide, celle-là même qu’on souhaite à celui sur le réseau de transport structurant de la capitale.