La députée péquiste Véronique Hivon suggère que le prochain chef du Parti québécois soit élu non seulement par ses membres, mais par tous les Québécois qui voudraient se donner la peine de prendre part à un tel exercice.

S.O.S., partis en détresse

CHRONIQUE / La péquiste Véronique Hivon suggère une voie intéressante : que le prochain chef du Parti québécois (PQ) soit élu non seulement par ses membres, mais par tous les Québécois qui voudraient se donner la peine de prendre part à un tel exercice.

Ce serait également une formule intéressante pour le Parti libéral du Québec (PLQ). En la matière, ce qui vaut pour le PQ vaudrait très certainement pour le PLQ.

Il est possible qu’une telle formule, si elle voyait le jour au PQ, avantage Véronique Hivon en raison de sa notoriété, laquelle déborde largement les murs du parti souverainiste. Mais là n’est pas l’essentiel pour l’heure.

L’essentiel pour des partis en grande difficulté est que cette formule est susceptible d’inciter des candidats à la direction à s’adresser à davantage de citoyens. Elle est de nature à réduire les débats en vase clos. Elle peut contribuer à élargir ce qui leur reste d’appuis.

Pour les partis traditionnels en général, elle peut être une réponse à la chute du nombre de leurs adhérents.

Bien entendu, elle n’est en rien un gage de succès électoral. Personne n’a heureusement la prétention de le croire. Je l’espère, en tout cas.

Au Québec, cette idée a été moussée en 2014 par Alexandre Cloutier, qui a quitté le PQ depuis. M. Cloutier disait alors s’inspirer d’un vrai succès, celui du Parti socialiste français.

En 2011, ce parti avait permis à tous les citoyens français qui le souhaitaient — et qui affirmaient se reconnaître dans ses valeurs — de participer au choix de son chef. Un nombre record de Français avaient pris part au choix de François Hollande, qui est par la suite devenu président.

En 2017, le successeur de François Hollande et son opposant de la droite classique, celui du parti Les Républicains, ont tous deux été choisis au terme de «primaires ouvertes». Or, tous les deux ont mordu la poussière à l’élection présidentielle.

Dans l’état actuel des choses, le PQ et le PLQ ne perdraient cependant rien à embrasser cette formule lors de leur prochaine course à la direction respective.

Tout change. Les partis doivent se réinventer. Cette idée est un élément de renouveau parmi d’autres.

Ce ne serait pas tout à fait une première au Canada. En 2012, le Parti libéral du Canada, alors au fond du baril, avait permis à de simples sympathisants de participer à l’élection de son chef. La logique n’avait pas été poussée à fond, mais elle était là.

La crainte existe toujours que des non-membres se servent de cette possibilité pour causer du tort à un parti. Mais rien n’indique qu’une telle chose se soit déjà produite.

L’ultimatum vert de Québec solidaire

Avec son «Ultimatum 2020», Québec solidaire (QS) en a fait rire certains et en a fait grincer des dents plusieurs. D’abord, parce qu’un parti a beau promettre un «barrage parlementaire», un gouvernement majoritaire comme celui de la Coalition avenir Québec peut à peu près tout faire. Ensuite, parce que déranger les travaux de l’Assemblée nationale horripilerait probablement une majorité de citoyens.

Québec solidaire agit cependant par conviction dans le dossier des changements climatiques. Cette conviction sert néanmoins ses intérêts. D’abord, elle permet d’unir les solidaires, qui ne s’entendent pas nécessairement sur tout. Ensuite, elle attirera et fidélisera pendant quelque temps au moins des citoyens pour qui cette question doit conditionner toutes les autres.

Cet ultimatum renforce de plus l’association entre QS et cette cause, une équation qui agace le PQ. Voilà pourquoi l’aile parlementaire péquiste attend QS au tournant sur les signes religieux... Chacun son combat.