Jean-Marc Salvet
Contrairement au député Sylvain Gaudreault et l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, l’historien et enseignant Frédéric Bastien, veut forcer l’ouverture de négociations constitutionnelles avec le reste du Canada. La tenue d’un référendum sur l’indépendance n’est pas la priorité à ses yeux.
Contrairement au député Sylvain Gaudreault et l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, l’historien et enseignant Frédéric Bastien, veut forcer l’ouverture de négociations constitutionnelles avec le reste du Canada. La tenue d’un référendum sur l’indépendance n’est pas la priorité à ses yeux.

Quel Parti québécois sortira de la course?

CHRONIQUE / Les deux prétendants à la direction du Parti libéral du Québec paraissent beaucoup moins éloignés entre eux sur le plan des idées que les candidats à la chefferie du Parti québécois. Les trois postulants péquistes s’étant déclarés jusqu’ici, Sylvain Gaudreault, Paul St-Pierre Plamondon et Frédéric Bastien, sont porteurs de positions presque aux antipodes sur des sujets clés pour leur formation.

Prenons la question de l’indépendance. D’un côté, on a le député Sylvain Gaudreault pour qui il faut reconstruire le Parti québécois avant de promettre quoi que ce soit sur ce front.

De l’autre, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, qui veut que son parti s’engage à tenir un référendum dès un premier mandat d’un nouveau gouvernement péquiste.

Pour sa part, la troisième personne à avoir annoncé sa candidature jusqu’ici, l’historien et enseignant Frédéric Bastien, veut forcer l’ouverture de négociations constitutionnelles avec le reste du Canada. La tenue d’un référendum sur l’indépendance n’est pas la priorité à ses yeux.

Chacun des trois hommes est porteur de marqueurs politiques à la fois différents et forts.

Projets et idées

Un marqueur politique ne constitue pas une fin en soi. Et des marqueurs politiques ne sont pas positifs par nature. Mais rappelons qu’une compétition politique dépourvue de marqueurs du genre se joue sur la personnalité des compétiteurs, sur leurs valeurs générales et sur leurs attitudes. Autrement dit, sur les «ressentis» qu’ils suscitent, plutôt que sur leurs projets ou leurs idées.

Les marqueurs politiques ne sont pas une fin en soi, mais ils ont le mérite de pouvoir faire naître des débats de fond. En entrevue au Journal de Québec, Frédéric Bastien a par exemple déjà dit souhaiter que les objectifs d’immigration soient baissés à environ 30 000 personnes par année, voire moins.

Or, l’actuel gouvernement les a réduits à 40 000 en 2019 pour répondre à une promesse électorale. Il a toutefois déjà entrepris de les relever graduellement jusqu’à environ 50 000 en raison, entre autres, de réalités économiques.

On peut toujours contester les tenants et aboutissants de ces «réalités», mais ça prend de solides arguments. D’autant que le gouvernement de François Legault a mis, met et mettra en place de meilleurs outils de francisation pour les immigrants ne parlant pas français.

Contrairement à la position qui est toujours défendue par le Parti québécois, le candidat Frédéric Bastien s’oppose par ailleurs à un scrutin proportionnel au motif qu’il affaiblirait le pouvoir du seul gouvernement contrôlé par une majorité francophone sur le continent, comme il l’a écrit dans Le Devoir la semaine dernière.

Or, tout gouvernement fonde son pouvoir sur les appuis qu’il reçoit des parlementaires de l’Assemblée nationale. Et un gouvernement minoritaire peut aussi rassembler une majorité de députés, trouver des appuis chez des élus d’une ou d’autres formations représentées dans un parlement comme celui du Québec — et donc faire avancer ses projets.

Même si l’un des effets d’un scrutin proportionnel est l’élection plus fréquente de gouvernements minoritaires, une proportionnelle n’empêcherait pas par nature l’adoption de mesures «nationalistes», comme semble le craindre le candidat Bastien.

Autre chose

Si la question de l’«éthique» vient d’opposer les libéraux Dominique Anglade et Alexandre Cusson, il ne s’agissait pas dans ce cas de division sur le fond. Il s’agissait pour le camp Cusson d’une distinction sur la façon de se présenter aux militants libéraux et, par delà, aux Québécois en général.

On est dans bien autre chose au Parti québécois. À l’évidence, ce parti ne sera pas vraiment le même selon le candidat que choisiront ses militants et ses sympathisants qui participeront à l’élection interne.