Au début, tout va bien. Personne ne pleure/crie/découpe les rideaux avec un couteau de boucher et ma confiance se réassemble peu à peu comme le robot Optimus Prime à la fin de Transformers II (l’image est à retenir et non le film).

Je garde

Je sais, il ne faut pas dire « je garde » en parlant de l’acte de surveiller, seul, ses propres enfants. On ne garde que les enfants des autres. Mais je trouve que « surveiller » ou « être avec » ne contient pas le même sentiment d’être en mission, seul devant l’adversité espiègle et en couches.

Surtout quand les enfants en question sont très jeunes (un de deux ans et l’autre de trois mois, dans mon cas). Pour être franc, l’idée de les « surveiller » en solitaire pendant plusieurs heures et pour la première fois me terrifiait. Mais Désirée sortait faire la java (une fois n’est pas coutume) et il fallait bien que j’affronte mes démons, fussent-ils des poupons.

Au début, tout va bien. Personne ne pleure/crie/découpe les rideaux avec un couteau de boucher et ma confiance se réassemble peu à peu comme le robot Optimus Prime à la fin de Transformers II (l’image est à retenir et non le film).

Puis arrive le moment charnu où l’un des rejetons mignons entre en crise et que l’autre s’offusque ensuite qu’on ne s’occupe pas suffisamment de lui, donc entre en crise lui aussi. Ce sont des moments comme ceux-là où j’aurais besoin d’un Steve Flanagan ou autre spécialiste en gestion de crise pour m’aider, col roulé en option.

Parce que c’est dans ces temps-là que le potentiel de péter un plomb est le plus grand. Je connais quelques trucs pour calmer la marmaille (chuchoter à l’enfant, lui demander de décrire son mal-être, suggérer une autre activité ou pleurer toutes les larmes de son corps), mais tout parent sait qu’ils ne fonctionnent pas toujours et que leur pouvoir, malheureusement, s’érode.

La patience est testée (ce ne sera pas la dernière fois, je sais), tout comme la diplomatie, la mémoire des consignes établies par l’être aimé et la tolérance aux différents liquides corporels. On se rabat ensuite sur les bienfaits jusqu’alors sous-estimés de la méditation pleine conscience (ou semi-consciente, ça fait la job pareil).

Je suis fier de dire que je m’en sors pas trop mal jusqu’à maintenant. Bon, il y a eu quelques « incidents », dont un impliquant une fermeture éclair et un doigt (sauvé in extremis) et l’autre l’utilisation non autorisée du tire-lait de ma blonde et de la queue du chat, mais dans l’ensemble, tout le monde est sauf.

Et quand ton enfant te dit « je t’aime, papa », même si c’est pour faire diversion parce qu’il a la bouche pleine du chocolat que tu avais acheté à ta blonde pour la Saint-Valentin, tu sais que tes efforts sont récompensés. Et que la montée de sucre s’en vient.

Composter, la suite
J’ai écrit il y a trois semaines que le nombre de résidants de ma rue (dans la jolie MRC de Rouville, ne l’oublions pas) qui utilisaient leur nouveau bac brun pour composter était restreint.

C’était en janvier. Ce mois-ci, que vois-je ? Les non-composteurs, ce groupe éco-terrifiant auquel j’appartiens toujours, sont désormais en infériorité numérique* dans ma rue.

Voilà l’incitatif dont j’avais besoin pour me mettre enfin (disons, éventuellement) à composter. Ah, la pression de pairs. Il ne faut jamais la sous-estimer.

En passant, dans la chronique suivante, je précisais que Bernard Valiquette, ce finalement sympathique militant environnemental qui avait protesté contre ma paresse d’une plume chargée de vitriol, était chargé de projet à la Fondation pour la Sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska, un organisme qui en fait beaucoup, alors qu’en fait il m’écrivait en son nom personnel. Toutes mes excuses.

* Mon collègue/voisin de bureau Michel Tassé, omnipotent directeur des sports à La Voix de l’Est, m’a suggéré d’utiliser cette expression pour compenser le fait que je ne parle pas assez de hockey. Et ben voilà.