Isabelle Légaré
Linda Leclerc vante les vertus du yoga du rire en cette période de pandémie.
Linda Leclerc vante les vertus du yoga du rire en cette période de pandémie.

Rions, c’est contagieux [VIDÉO]

CHRONIQUE / Linda Leclerc ne fait pas de blague. Virus ou non, confinement ou pas, c’est le moment ou jamais de rire à gorge déployée. Se dilater la rate n’a jamais fait mourir personne.

La pandémie n’a rien de drôle, on s’entend tous là-dessus, mais indépendamment de cette crise entourant la maladie du coronavirus, c’était quand la dernière fois que vous avez rigolé pour vrai?

Je ne parle pas d’un rire en coin, dans votre barbe ou du bout des lèvres. Il est question ici du rire aux éclats, aux larmes, à s’en décrocher les mâchoires, à en avoir mal au ventre et aux joues... Vous savez, ce rire irrépressible qui épuise tout en galvanisant?

Personnellement, cela fait un petit bout de temps que je n’ai pas ri un bon coup. Ce n’est pas que je ne veux pas, sauf que ça ne vient pas aussi spontanément que je le voudrais. Question de circonstance, je suppose.

Or, forcer le rire serait la meilleure façon d’en être contaminé.

Linda Leclerc propose un antidote contre la morosité, un vaccin contre le cafard, une thérapie de groupe - chacun chez soi - contre ce sentiment étrange, pas vraiment comique, qui nous enveloppe en ce moment.

Le yoga du rire.

Je vois d’ici des sourires sceptiques. Je vous entends également penser, en faisant la moue: «Bon... une autre affaire.»

J’ai eu la même réaction avant de regarder la courte vidéo que Linda Leclerc a enregistrée expressément pour cette chronique. Prenez le temps de la visionner jusqu’à la fin. Ça déstabilise un peu au départ, j’en conviens, mais je vous mets au défi de résister.

Originaire de Victoriaville, la fondatrice de l’École du yoga du rire habite à Gatineau depuis une quinzaine d’années. Elle connaît bien Trois-Rivières aussi pour y avoir fréquenté son université et amorcé sa carrière à titre de génagogue.

Linda Leclerc a découvert les vertus du rire au début des années 2000, après avoir été victime d’un accident de voiture. Affectée d’un traumatisme de la colonne cervicale, la femme a dû consulter un physiothérapeute. C’est en patientant dans la salle d’attente qu’elle est tombée par hasard sur un article traitant du yoga du rire, une méthode inventée en Inde par un médecin qui s’était inspiré de diverses publications scientifiques prouvant les bienfaits du rire sur le corps et l’esprit.

Cette technique combine à la fois des respirations profondes, des étirements et des exercices rigolos pour apprendre à s’esclaffer, sans retenue.


« «Plus je lisais le texte et plus je réalisais que j’avais arrêté d’avoir des gros fous rires, ceux qui nous font décrocher complètement. Je ne me souvenais pas de la dernière fois que cela m’était arrivé.» »
Linda Leclerc

Emballée par sa lecture, Linda Leclerc a voulu en savoir davantage sur le rire intentionnel. La dame s’est inscrite à une formation offerte par les fondateurs de cette méthode qui réunit des adeptes de partout dans le monde.

L’essayer, c’est l’adopter. En 2005, son École du yoga du rire a vu le jour. Linda Leclerc encourage la propagation en offrant des ateliers, des conférences, des séances de club du rire, etc. Des entreprises et organismes l’invitent pour stimuler le moral des troupes et favoriser un environnement de travail plus joyeux. Elle répand aussi la gaieté sur les réseaux sociaux et les plateformes de diffusion en ligne.

Linda Leclerc a mis la main sur différentes études lui permettant d’avancer qu’à notre époque, on rit, chacun, moins d’une minute par jour. Un trois ou quatre secondes par-ci, par-là. C’est trop peu.

Idéalement, il faudrait rire de douze à quinze minutes quotidiennement, et pas un petit rire tout bas. Un rire sonore. On est loin du compte. Les responsabilités professionnelles et familiales, rappelle l’ancienne gestionnaire, l’emportent souvent sur l’éruption de joie qu’on réprime plus ou moins consciemment en étant préoccupé.

Est-ce que le patron est satisfait de mon travail? Est-ce que j’aurai assez d’argent pour payer les comptes? Est-ce que…

Imaginez en période de pandémie, de confinement et de nouvelles en continu à la télé. Bonjour l’anxiété, les difficultés de concentration, les troubles du sommeil, l’impatience, etc.

Rire? Pas le goût. Plus tard. Pour le moment, on n’a pas le temps, trop occupés que nous sommes à nous laver les mains.

Jamais à court de solutions, Linda Leclerc suggère de profiter de ces vingt secondes de savonnage intensif pour s’exercer à rire pour rien.

«Que tu ries pour vrai ou que tu fasses semblant, ton corps ne le sait pas. Il ressent les mêmes bienfaits. Surtout, c’est contagieux!»

Rire, c’est rassembleur et c’est bon pour la santé. Ça sollicite plusieurs muscles dont le diaphragme. Rire nous permet aussi de libérer des endorphines, l’hormone du bonheur. On n’en a jamais de trop.

«Sortons de notre tête et prenons exemple sur les enfants qui jouent et qui rient beaucoup plus que les adultes», conseille-t-elle avant d’ajouter que le rire, ça endurcit notre système immunitaire, ça chasse la peur, la déprime et ça éloigne les virus. Que demander de mieux.

La posologie? À volonté.