Diane et Carmen Gendron ont un handicap visuel sévère. Les deux soeurs originaires de Trois-Rivières sont serveuses au restaurant Ô 6e sens, à Québec.

Le 6e sens de Diane et Carmen

CHRONIQUE / Diane Gendron était au beau milieu d’une partie de scrabble lorsqu’un ami lui a parlé d’un restaurant qui s’apprêtait à ouvrir ses portes à Québec. Les clients y seraient plongés dans le noir le plus complet et devraient deviner les plats. La cerise sur le gâteau, on comptait faire appel à des personnes non voyantes pour assurer le service.

«Es-tu fou?», s’est exclamée la femme qui refusait de s’imaginer en train de circuler dans une salle à manger les bras chargés d’assiettes.

«Au contraire. S’il y a quelqu’un qui peut faire ce travail, c’est bien toi.»

Ça sert à ça un ami. Donner sa vision des choses.

L’idée a fait son chemin et Diane a envoyé sa candidature qui a été retenue. Depuis maintenant huit ans, elle est serveuse au restaurant Ô 6e sens.

«Je ne ferais jamais ça! Je ne serais jamais capable!», lui a souvent répété sa sœur Carmen qui allait y manger de temps à autre.

C’était avant qu’on lui propose de joindre l’équipe.

«Je peux bien essayer...», s’est-elle laissée convaincre, mais sans grande conviction.

Trois ans plus tard, Carmen va d’une table à l’autre avec une parfaite aisance même si, comme Diane, elle n’y voit rien.

Originaires de Trois-Rivières, Diane et Carmen Gendron ont grandi au sein d’une famille où les deux parents et leurs quatre enfants sont nés avec un handicap visuel sévère partiel.

Pour Diane, 64 ans, ça se traduit par une vision très brouillée.

«Je vois les couleurs, mais les formes ne sont pas toujours réelles. Je ne reconnais par les visages. Si je rencontre ma sœur sur la rue et qu’elle ne me parle pas, je ne sais pas que c’est elle.»

Assise en face de moi, à moins d’un mètre de distance, Carmen, 61 ans, arrive à repérer mes yeux qui bougent, mais pas leur couleur. Ni ma bouche. C’est flou.

«Je vois un peu plus que ma soeur, mais je ne suis pas capable de fixer longtemps. Il faut que je baisse les yeux. Comme en ce moment, je dois faire un effort pour regarder votre visage.»

Les soeurs Gendron m’ont donné rendez-vous au restaurant avant que s’amorce leur soirée de travail.

J’en étais à ma deuxième visite ici. La première fois remonte à l’hiver dernier. J’y suis venue à titre personnel. J’ignorais à ce moment-là que deux Trifluviennes de cœur étaient au nombre des serveurs qui se déplacent prudemment dans la salle à manger en signifiant leur présence d’un «chaud devant».

J’ai mis beaucoup trop de temps, je m’en confesse, avant de me décider à utiliser la carte-cadeau qui m’avait été offerte pour un repas découverte dans ce restaurant où, je peux en témoigner, on ne voit strictement rien, mais rien du tout.

Sur le certificat était inscrit «Découvrir le plaisir de la table dans le noir» alors que j’aime savourer avec les yeux, goûter ensuite.

Sans aucune référence visuelle, je n’ai pas eu le choix de m’en remettre à mes autres sens. À la suggestion du serveur André, j’ai mis les ustensiles de côté pour manger avec mes mains, me lécher les doigts à l’abri des regards et tenter de deviner les plats du chef qui nous sont dévoilés à la fin du repas.

Je revivrais volontiers cette expérience même si j’étais franchement soulagée de retrouver la lumière après une heure et demie dans la totale obscurité. Il faut y voir l’occasion parfaite de s’initier au lâcher-prise, mais avant tout à une prise de conscience envers les personnes ayant une déficience visuelle.

«Maintenant, je sais ce que mon frère vit. Plus jamais je ne vais l’écoeurer avec ça», a déjà confié un client qui avouait se montrer un peu trop exigeant envers celui-ci.

«Comment vous faites?»

Diane, Carmen et leurs collègues se font régulièrement poser cette question par des convives qui, à défaut de les voir circuler dans la salle à manger aménagée pour faciliter les déplacements, les écoutent travailler sans faire de collision ni dégât.

Il y a sûrement anguille sous roche.

«Vous avez des lunettes infrarouges, c’est ça?»

Cette autre question a le don d’agacer Diane qui a déjà répondu ceci à un homme convaincu qu’elle réussissait à voir dans cette noirceur: «Monsieur! Je vous donne mes lunettes et si vous trouvez une lumière rouge, vous pourrez les garder.»

Carmen et Diane Gendron sont issues d’une famille où ses membres n’arrivaient pas à bien se voir entre eux. «On ne pouvait jamais décoder dans les yeux si quelqu’un était fâché ou avait un petit sourire malcommode», raconte Carmen qui se souvient d’avoir accueilli avec joie l’installation d’une télévisionneuse dans la maison.

Elle pouvait enfin agrandir les photos de tout un chacun.

À l’instar de leur frère et de leur autre sœur, Diane et Carmen étaient encore des enfants au moment de prendre la direction de Montréal pour faire leurs études primaires et secondaires à l’Institut Nazareth et Louis-Braille, un centre de réadaptation spécialisée en déficience visuelle, à Montréal.

Je les écoute me raconter avec quelle détermination elles ont appris, très jeunes, à faire leur chemin malgré ce handicap visuel qui les rendait différentes.

«Quelqu’un m’a déjà dit que j’étais une battante. C’est un peu ça parce qu’il y a beaucoup d’embûches», admet Carmen.

Éducatrice dans un centre de la petite enfance pendant une trentaine d’années, elle dit s’être inspirée de la force de caractère de Diane. C’est elle qui prenait la défense de la fratrie, qui parlait souvent en leur nom. À défaut de voir, les Gendron pouvaient se faire entendre. Aujourd’hui, Carmen et Diane travaillent avec un plaisir évident dans ce restaurant où elles s’orientent avec l’aide de repères tactiles au sol. Les serveuses ont intérêt à être concentrées.

«Il faut savoir d’où on part pour savoir où on s’en va. Est-ce qu’il faut tourner à droite? À gauche? Continuer?», décrit Carmen qui connaît la salle à manger dans ses moindres recoins.

Cela dit, la mémoire des soeurs n’est pas infaillible. Parlez-en à Diane qui, l’autre soir, a eu une petite distraction.

«Carmen, veux-tu bien me dire où je suis rendue?»

Elle était à côté de la table 2, à la bonne place, avec un sourire aux lèvres que personne n’a vu, mais que tout le monde a ressenti.

Isabelle Légaré

La métamorphose de Mathieu

CHRONIQUE / Mathieu Blais n’a pas attendu de subir une reconstruction faciale pour aimer l’image que son miroir lui renvoie. Cette métamorphose s’est accomplie au fil des années et plus précisément le jour où le jeune homme a accepté son visage tel qu’il est.

Le 19 août dernier, le jeune homme de 24 ans était néanmoins attendu à l’hôpital pour sa vingtième et vraisemblablement dernière opération.

Isabelle Légaré

Linda, l’autoexclue

CHRONIQUE / Linda a stationné son véhicule, est montée dans l’ascenseur, a poussé la porte s’ouvrant sur le tintamarre des appareils de loterie vidéo, mais n’a jamais eu le temps de les atteindre. Un agent de sécurité s’est approché pour lui demander poliment: «Madame Lafrenière, vous savez que vous n’avez pas le droit d’être ici?»

Évidemment que la femme était parfaitement au courant. Un an plus tôt, le 20 mai 2016, c’est elle qui avait pris la décision de s’inscrire au programme d’autoexclusion de Loto-Québec. Dès lors, et pour une période d’au moins cinq ans, la joueuse endettée jusqu’au cou s’engageait à ne plus remettre les pieds dans les casinos et salons de jeu de la province.

Isabelle Légaré

Étudier au cégep avec fiston

CHRONIQUE / Quand Dominick, alors âgé de 17 ans, leur a annoncé qu’il souhaitait amorcer des études collégiales en techniques de l’informatique, ses parents ont trouvé que c’était tellement une bonne idée qu’ils ont décidé de s’inscrire... avec lui.

Jamais trop tard pour oser se lancer dans le vide.

Isabelle Légaré

Handicapé à lunettes cherche superhéros

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«Hé! grand-maman, viens-tu te faire tatouer avec nous?»

Isabelle Légaré

De la tire sur la neige... en juillet

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Qui a dit qu’on devait bouder notre plaisir en juillet?

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Tous ses cheveux qui sont tombés et qui continuent de se détacher de sa tête ne repousseront probablement pas. Il ne faut jamais dire jamais, mais la jeune fille de Trois-Rivières réalise en ce moment que la meilleure attitude à adopter dans les circonstances, c’est d’apprendre à surmonter cette épreuve.

Isabelle Légaré

Une voix pour les enfants victimes du pire

CHRONIQUE / Catherine Roberge a déjà voulu tout lâcher. C’était au retour de son congé de maternité. Le dossier déposé sur son bureau était celui d’un enfant qui avait pratiquement l’âge de sa fille. Un mois de différence. Le bambin avait été sévèrement battu.

La procureure aux poursuites criminelles et pénales s’est présentée devant son patron: «C’est terminé. Mets-moi ailleurs. Je ne suis plus capable.»

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Des seringues aux pinceaux

CHRONIQUE / Il n’est jamais trop tard pour réaliser que ce n’est pas ce qu’on pensait, que le premier choix n’était pas le bon. Vraiment pas.

Milène Leblanc était persuadée d’avoir réalisé son rêve de petite fille en devenant infirmière auxiliaire. Elle a rapidement eu l’impression de tomber en plein cauchemar. Avant de ne plus être capable de stopper sa chute, la jeune femme de 26 ans a rangé ses seringues puis a saisi un pinceau comme une opportunité qui se présente.

Isabelle Légaré

Avec la même enseignante pendant 35 ans

CHRONIQUE / Normalement, cette semaine, Suzanne Trudel aurait souhaité bonnes vacances à ses élèves avant de les serrer à tour de rôle dans ses bras. Reconnaissante pour cette autre belle année qui vient de se terminer, elle aurait ensuite lancé à tout le monde: «On se revoit en septembre!»

Pas cette fois. L’enseignante ne sera pas de retour à la prochaine rentrée scolaire.

Isabelle Légaré

Une fille, son père et le boccia

CHRONIQUE / Ça s’écrit boccia, mais il faut prononcer «bocchia». Mot italien qui signifie balle ou boule. Dans le dictionnaire de Josée Lamothe, ça veut dire tellement plus que ça, quelque chose qui pourrait se traduire par le sentiment de se réapproprier sa vie.

Qui dit Josée, dit André Lamothe. Son univers tourne également autour de six balles et d’un cochonnet, mais par-dessus tout, du souhait combien paternel de vouloir le bonheur de son enfant, quitte à s’y consacrer à temps plein.

Isabelle Légaré

De l’obésité à la vie d’athlète

CHRONIQUE / Il y a à peine deux ans, Martin Alarie-Rivard pesait 400 livres et n’en menait pas large. Dimanche prochain, 23 juin, le triathlète qu’il est devenu amorcera le demi-Ironman de Mont-Tremblant avec 135 livres en moins, une volonté de fer, des mollets d’acier et le désir de servir d’exemple.

Martin s’est lancé un défi comme on s’offre un cadeau à soi-même, pour se gâter. Le sien vient cependant au prix d’efforts considérables.

Isabelle Légaré

La miraculée et son bienfaiteur

CHRONIQUE / «Bonjour! Peut-être vous souvenez-vous de moi? La miraculée de la pelle mécanique! Ça fait trois ans. J’ai une histoire merveilleuse à vous raconter.»

Je l’ai rappelée. Évidemment que je me souvenais d’elle. Difficile d’oublier Diane Héon et ce qui lui est arrivé, le 3 juin 2016. J’en avais fait le récit, quelques mois plus tard, dans une chronique intitulée «Plus forte qu’une pelle mécanique».

Isabelle Légaré

Madame Pauline, 109 ans

CHRONIQUE / C’était il y a neuf ans, dans une résidence pour personnes âgées, en plein après-midi. Pauline Bergeron, qui venait d’avoir 100 ans, a croisé une voisine d’étage, 103 ans.

«Viens chez nous! Il faut fêter ça», a proposé l’aînée à la plus jeune qui a accepté l’invitation avec joie.

Isabelle Légaré

À la mémoire de Michel

CHRONIQUE / Michel Favreault n’aura pas eu la mort qu’il espérait avoir, celle pour qui il n’hésitait jamais à prendre la plume et la parole, sans tabou et sans détour.

Michel est décédé le vendredi 24 mai avant d’avoir eu le temps de décider lui-même de sa propre fin de vie qu’il souhaitait sereine et dans la dignité.

Isabelle Légaré

La millionnaire du Tupperware

CHRONIQUE / Quand je fouille dans les armoires de cuisine de ma mère, je m’étonne chaque fois d’y trouver quelques vestiges de mon enfance: des contenants Tupperware.

Nous sommes dans les années 70. J’ai autour de 8 ans. Je reviens dîner à la maison avant de retourner à l’école. Ma mère m’attend. Elle a sorti deux plats – un rond et un rectangulaire - du réfrigérateur couleur beige avec des poignées en imitation de bois.

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À Harvard, comme un poisson dans l’eau

CHRONIQUE / Elsa Goerig m’accueille dans une belle maison d’autrefois avant d’actionner la machine à café et de s’asseoir à l’îlot de cuisine entouré de bancs, d’une chaise haute et de jouets sur le plancher.

Ses quatre enfants âgés de 13 ans à 10 mois y prenaient leur petit déjeuner quelques instants plus tôt, avant mon arrivée et leur départ pour l’école et la garderie.

Isabelle Légaré

Code blanc

CHRONIQUE / Un usager qui perd son calme et se montre agressif, ça arrive. Pas tous les jours, mais le risque d’être victime de la violence verbale ou physique est réel pour les gens qui travaillent dans le milieu de la santé.

Nul n’est à l’abri d’une insulte, d’être solidement agrippé par le bras, d’un crachat, d’une morsure, d’une chaise lancée comme un projectile, d’être bousculé, d’une claque au visage…

Isabelle Légaré

Travailleuse de rang

CHRONIQUE / Laurence Lemire ne veut surtout pas déranger l’agriculteur qui l’accueille, un brin suspicieux. Ce n’est pas pour être impoli, mais l’homme a beaucoup de travail devant lui. Il n’a pas vraiment le temps de répondre au «Comment ça va?» de cette inconnue qui vient lui rendre visite.

D’ailleurs, pourquoi cette question? Comment peut-elle savoir que ça pourrait aller mieux?

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CHRONIQUE / «C’est spécial comme elle est spéciale cette enfant-là.»

Simone Beaudoin avait bien raison en faisant référence à Roxanne Hébert. «Elle a l’air d’un ange...», disait-elle aussi.

Isabelle Légaré

Une vie à sauver au 17e kilomètre

CHRONIQUE / Christian Hart et Robert Bergeron ont terminé la course vingt minutes plus tard que prévu, mais il n’y a pas un chrono qui peut égaler ni même surpasser leur satisfaction au fil d’arrivée.

Leur intervention rapide a permis de sauver une vie, celle d’un homme qui, entre deux foulées, s’est effondré devant leurs yeux.

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CHRONIQUE / Marie-Josée Lepage est l’amie de Rémi-Pierre Paquin. En fait, Marie-Josée est la mère de Vincent, un ami du comédien qui considère celle-ci comme son amie.

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Le piano au suivant

CHRONIQUE / André Lacombe avait au bout du fil une dame attristée de devoir se séparer de son piano. C’était en juin 2018.

«Vous ne pouvez pas comprendre ce que cet instrument représente pour moi...»

Isabelle Légaré

Le choix de Geneviève

CHRONIQUE / «Tu sais que je t’ai fait des affaires quand t’étais p’tite.»

Seule au bout du quai, Geneviève s’était éloignée pendant quelques instants du party de famille qui se déroulait derrière elle. La jeune femme dans la vingtaine était à observer tranquillement les étoiles lorsque son oncle éméché est venu prendre place à ses côtés pour faire remonter à la surface des souvenirs enfouis en elle.

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CHRONIQUE / C’était il y a cinq ou six ans. Un 24 décembre. En soirée. L’agent François Gosselin est arrivé à l’hôpital, muni d’une glacière rouge renfermant son précieux contenu.

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CHRONIQUE / Michaël s’était déjà exprimé sur la question à l’occasion d’un souper de famille. De fil en aiguille, la conversation avait bifurqué sur les volontés de chacun après le décès.

Et toi, qu’est-ce que tu veux?

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Le plus jeune de ses deux fils était impatient d’avoir 4 ans. Il attendait ce jour depuis des mois. En adoration devant les personnages de la Pat’Patrouille, le petit garçon rêvait d’une fête ayant pour thème leurs aventures.