Nous, notre printemps sera full hip-hop, car on entre sous peu pieds devant dans la saison des compétitions de danse !

Printemps sportif

CHRONIQUE / Quand vous manquez d’inspiration pour le souper, vous arrive-t-il de vous tourner vers vos enfants pour avoir leur son de cloche, tout en préparant vos arguments pour le moment fatidique où ils vous répondront : « Du McDooooo ! » ou encore, un autre grand classique, « Du Subwaaaaayyyyy ! » ?

Dans la même veine, alors que je cherchais un sujet pour ce billet, j’ai décidé de demander conseil à un de mes lecteurs.

— Dites-moi, vous aimeriez que je parle de quoi dans ma prochaine chronique ? que j’ai écrit à M. Lambert.

Lui et moi, on correspond sur une base régulière. On se texte.

Il aime bien ce que je fais. Paraît que je lui rappelle de bons souvenirs avec mes histoires. Souvenirs qu’il me raconte en faisant une surabondance de virgules. J’aime bien son style d’écriture et son sens de l’humour décapant.

— Je cherche un sujet, que j’ai ajouté. Alors je me suis dit : qu’est-ce qu’un fidèle lecteur aimerait lire !

Une question qu’il a prise très au sérieux. Il m’a même demandé un temps de réflexion. Après deux grosses heures, il m’a répondu ceci : « Même si je sais, que les sports professionnels, ne sont pas votre tasse de thé, l’amateur de sport en moi, aimerait, lire des chroniques sur le sport, justement... car, le printemps, est sans aucun doute, une des plus belles périodes de l’année, les séries éliminatoires du hockey, s’en viennent, et c’est le début, des camps d’entraînements, des équipes du baseball majeur ».

Ô boy !

En me tournant vers lui, j’avais complètement oublié à qui je m’adressais.

M. Lambert adore le sport. Surtout le baseball. Sa maison a d’ailleurs des allures de Temples de la renommée du baseball ET du hockey RE-GROU-PÉS. Je pense même avoir aperçu une paire de skis accrochée au mur de son salon la fois où je suis allée l’interviewer.

La bonne nouvelle dans ce qu’il m’a écrit, c’est de voir qu’il me connaît trrrèèès bien.

Non, le sport professionnel n’est pas ma tasse de thé. C’est d’ailleurs peut-être pour cette raison que jamais je n’ai couvert ce beat pour La Voix de l’Est. Faudrait que j’enquête.

Dommage qu’on ne choisisse pas le moment où l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Il y a deux semaines, je lui aurais raconté à quel point j’ai encouragé les planchistes à vaincre les bourrasques de vent en tentant de faire un backside 360 dans le Phoenix Park à PyeongChang. Je lui aurais partagé le fait que je me suis cassé la tête à comprendre l’enjeu au curling et que j’ai compris. Ou je lui aurais parlé de l’admiration que je porte à la belle Lindsey Vonn. Cette fille est une machine ! Sa force et sa détermination m’émerveillent. Mais, malchanceuse que je suis, les Jeux olympiques sont terminés.

Pas grave. Je lui ai dit que j’allais relever le défi de parler de sports... à ma façon. Dire qu’il était inquiet ne serait pas mentir.

Vous avez raison, M. Lambert. Le printemps est fertile en « événements sportifs ». La preuve ? Nous, ça commence le week-end prochain et ça se termine mi-juin.

Non, nos filles ne feront pas les séries c’t’année, pas plus qu’elles ne joueront pour les Padres de San Diego. Non. Nous, notre printemps sera full hip-hop, car on entre sous peu pieds devant dans la saison des compétitions de danse !

Saison qui se conclut par le spectacle de danse. Sur trois jours.

Ce qui m’aide à traverser ce sprint de salles remplies à craquer de jeunes filles criardes, ce sont les étoiles dans les yeux de mes deux danseuses. Parce que quand on y pense, faut être fait fort en crousse pour suivre des enfants de niveau compétitif. Et ce, peu importe le sport.

Comme parents, on doit leur apprendre à gagner en beauté. À devenir de bons perdants. Tout ça, en faisant très attention de ne pas jouer le rôle des entraîneurs. Il faut savoir accompagner nos petits dans la victoire comme dans la défaite. Faut les motiver, tout en mettant l’emphase sur la notion de plaisir. On doit faire du renforcement positif, tout en les amenant à se responsabiliser face à leurs choix. Faut les amener à exprimer ce qu’ils ressentent. À faire sortir le méchant, mais sans violence ni gros mots. Ils doivent voir les compétitions de façon po-si-ti-ve. À travers tout ça, comme parents, il faut éviter de projeter sur eux nos rêves ou nos regrets.

Méchant contrat, non ?

Nous, en plus, il faut écouter Drake, Gucci Mane, Cardi B, Jay-Z, Timberlake et le reste de la bande jouer-en-boucle-chaque-fin-de-semaine.

Juste ça, M. Lambert, c’est du sport !