Pas facile de maintenir un taux de communication dans le brouhaha du quotidien. Surtout avec des enfants de 6 à 17 ans.

Communiquoi ?

Mardi dernier, Chantal m’appelle au bureau pour me parler d’un projet mis sur pied par son fils dans le cadre de ses études en cinquième secondaire. Une exposition. Comme le jeune homme est à l’école le jour, c’est elle qui veille à faire circuler l’information. Ce que je comprends parfaitement.

On s’organise. Elle m’envoie du matériel et je m’engage à publier un petit quelque chose dans ma prochaine édition, celle que vous lisez actuellement.

Jeudi dernier, c'est au tour de Martin de me laisser un message au bureau pour me parler d’un projet mis sur pied par son fils dans le cadre de ses études en cinquième secondaire. Une exposition. Comme le jeune homme est à l’école le jour, c’est lui qui veille à faire circuler l’information. Il souhaite que je le rappelle, car il veut me donner tous les détails.

Avant de composer son numéro pour le joindre, je me fais une promesse intérieurement : si les parents du dit jeune homme habitent sous le même toit, c’est officiel qu’ils deviennent le sujet de ma prochaine chronique. Celle que vous lisez actuellement !

Pourquoi ? Parce que comme eux, tous les couples ayant leurs enfants sept jours sur sept, 365 jours par année — ceux formant les familles dites « nucléaires » —, voient le temps filer si vite que parfois, ils n’ont même pas le temps de se parler. Pire, ils souhaitent se dire certaines choses, mais les heures passent, et ils oublient. 

De septembre à juin, le phénomène est pire. 

Avec l’école, les cours, les rendez-vous ici et là, le travail et tout le reste, un couple ça se met rapidement au courant, ça s’avertit, ça s’organise, ça projette, ça met au point, ça se questionne, ça chiale, ça peut même juger et se chicaner, mais ça prend moins le temps de se « parler » à proprement dit. C’est plus rare, mettons. Il y a des jours, on se donne la tag dans la porte d’entrée de la maison... C’est complètement fou.

— « Ouin, on a une belle communication ! », m’a lancé le papa, en riant, quand je lui ai annoncé avoir déjà tout ce qu’il faut pour parler de l’exposition de son ado.

— Pas grave, vous êtes loin d’être les seuls : c’est pareil chez nous !, que je lui ai dit tout en lui avouant ma joie de les savoir ensemble. Ça va me faire un super bon sujet de chronique !

Pas facile de maintenir un taux de communication dans le brouhaha du quotidien. Surtout avec des enfants de 6 à 17 ans. 

Moi, après avoir fait deux fois le taxi pour ma grande, avoir fait réciter les mots d’anglais à ma petite, avoir rempli sa boîte à lunch, fait couler son bain et lui avoir répété huit fois d’aller se brosser les dents, après avoir mis le souper au frigo dans-des-ti-plats-de-plastique et plié deux bacs de linge propre, j’ai comment dire besoin d’une pause. Je n’ai pas nécessairement le goût de régler des dossiers, de parler de choses sérieuses ou encore du boulot. Du mien comme du sien. Parce que oui, les moments qu’il nous reste seuls à mon chum et moi, se pointent souvent le soir vers 22 h. Comme je me couche vers 21 h, faites le calcul, le temps destiné à la communication est… limité.

Ce n’est pas qu’on n’a rien à se dire. C’est le temps pour le faire qui nous manque, souvent, malheureusement. Les priorités, on y fait toutefois face. On en jase et on est efficaces, mais le reste...

Mon chum a déjà appris des trucs par rapport à mon horaire de la semaine en jasant avec une de nos amies ! Mieux vaut en rire.

Bien communiquer est le secret d’une entente amoureuse durable, qu’on peut lire partout.

Facile à dire, penseront plusieurs. L’important, que je me dis, c’est la qualité des choses qu’on se dit. Pas la quantité.

Souvent, pour ne rien oublier, ou pour m’assurer de dire telle ou telle chose à mon homme, je l’écris. Pas le choix.

Moi, le soir après le train, je ne veux pas toujours parler : j’ai la langue à terre.