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Isabelle Gaboriault
Prête à dompter le vent

Entre les lignes

Prête à dompter le vent

CHRONIQUE / N3, c’est le numéro de ma chaise de travail. Ce dernier, inscrit au gros stylo-feutre noir au dos d’une vieille carte d’affaires, n’a pas toujours été là. Il y est solidement agrippé à l’aide d’un tie-wrap depuis deux mois en vue de notre déménagement qui a lieu aujourd’hui même. On quitte la rue Dufferin pour la rue Principale. Toujours à Granby. Pour que notre mobilier nous suive, on a baptisé tous les morceaux. Moi, c’est N3. Mais malgré toutes ces précautions, une fois dans nos nouveaux locaux, je ne serai plus assise dans la même chaise.

Depuis une semaine, j’ai le grand privilège d’être la nouvelle rédactrice en chef de La Voix de l’Est. Plus précisément, depuis une semaine, j’ai le grand privilège d’être la première femme à occuper le poste de rédactrice en chef à La Voix de l’Est !

Isabelle Gaboriault
Et après...

Entre les lignes

Et après...

CHRONIQUE / On parle, et on y pense beaucoup, de « l’après COVID-19 ». La preuve : nous y avons consacré tout un dossier dans notre édition de samedi dernier. Plusieurs choses changeront sans doute, et dans de nombreux domaines. De petites affaires et d’autres, plus grandes. Mais nous, dans notre quotidien, est-ce que les changements seront si visibles ? J’imagine que oui en ce qui concerne nos façons de consommer et de travailler, entre autres, mais pour le reste, laissez-moi en douter. Pourquoi ? Parce que fondamentalement, on a tendance à vite oublier. T’sais quand ça va bien...

Pas besoin de regarder bien loin pour le constater. Malgré toutes les situations déstabilisantes, douloureuses ou contraignantes, aussitôt la poussière retombée, la tempête passée, on retombe automatiquement dans nos vieilles habitudes.

Isabelle Gaboriault
L’autre virus

Entre les lignes

L’autre virus

CHRONIQUE / Les symptômes s’apparentent à ceux de la folie. Personnellement, ça se manifeste automatiquement par un mal de tête. Ensuite, des bourdonnements s’intensifient dans mes oreilles et je suis frappée par une forte envie de fuir en hurlant. Je ne suis pourtant victime d’aucun virus. Non. Ces phénomènes physiques naissent en moi simplement à la vue d’une personne infectée, surtout les enfants qui le sont actuellement très solidement. Suffit d’un coup d’œil à leur gestuelle pour voir que nombreux sont ceux complètement gangrénés... par le virus TikTok.

Pour ceux qui ignorent ce qu’est TikTok (chanceux!), c’est une application, une autre affaire made in China, sur laquelle les gens, surtout les jeunes de 9 à 22 ans, partagent de courtes vidéos qui se résument, entre autres, en des chorégraphies dansées où les paroles des chansons sont mimées ou reproduites par le biais du lip-sync.

Isabelle Gaboriault
Merci aux abeilles !

Entre les lignes

Merci aux abeilles !

CHRONIQUE / Le 4 avril, peu de gens s’arrêtent à ça, c’est normalement la 94e journée de l’année. Mais pas cette année. Comme 2020 est bissextile, ce week-end, samedi, nous vivions la 95e journée de l’année. Mais il y a plus. La date du 4 avril, c’est aussi la journée de l’abeille.

Dans le calendrier républicain, créé en 1792, chaque nom de mois rappelle un aspect du climat français ou des moments de la vie paysanne de l’époque. Chaque jour, lui, se caractérise par le nom d’un produit agricole, celui d’une plante ou d’un animal.

Isabelle Gaboriault
Le chant des oiseaux

Entre les lignes

Le chant des oiseaux

CHRONIQUE / L’avez-vous entendu, ressenti, apprécié? Il est fort présent la fin de semaine depuis un bout de temps. Beaucoup le matin, pas seulement à l’aube, et énormément le soir, bien avant le coucher du soleil. Quoi ça? Le si-len-ce.

Il y a un an, presque jour pour jour, j’abordais dans cette chronique à quel point j’aimais savourer le silence. Dans Le goût du silence, je vous invitais même à vous l’imposer quotidiennement pendant quelques minutes, quelque part entre vos cinq portions de fruits et légumes, votre poignée de vitamines, vos 30 minutes d’activité physique et vos deux litres d’eau « à température ambiante ».

Isabelle Gaboriault
Mon, ma, mais...

Entre les lignes

Mon, ma, mais...

CHRONIQUE / Madame Lamoureux, de Farnham. Monsieur Hamel, de la rue Saint-Jaques à Granby. Madame Tremblay, de Cowansville. Lecteurs de partout sur le territoire couvert par La Voix de l’Est, MERCI!

Cette semaine, vous l’avez remarqué, votre quotidien a cessé d’imprimer en semaine, donc de distribuer sa version papier du lundi au vendredi. Une bien triste décision prise en accéléré à cause d’un virus ravageur qui a plongé nos vies dans ce qui pourrait se résumer en 100 000 piscines olympiques d’incertitude collées l’une sur l’autre. Cette décision serait venue, mais pas si vite. Elle se serait réalisée, mais jamais de cette façon.

Isabelle Gaboriault
Chers aînés

Entre les lignes

Chers aînés

CHRONIQUE / Qu’est ce que ça va prendre? Va-t-il falloir ressusciter Maurice Richard? René Lévesque? La Poune?! Pourquoi de nombreuses personnes de 70 ans et plus ne respectent pas les consignes de confinement mises en place et exigées par le gouvernement? Ce sentiment d’invincibilité, toute cette bravade, ce ne sont pas normalement des comportements réservés aux ados?

Loin de moi la volonté de faire de l’âgisme, mais l’heure est grave. Malheureusement, et au-delà de ce qu’on peut entendre ou lire partout, cette tranche de la population, qui représente pas mal de monde soit dit en passant, semble soudainement ne pas se sentir concernée. C’est triste. Et fâchant.

Isabelle Gaboriault
Notre côté animal

Entre les lignes

Notre côté animal

CHRONIQUE / Quarante-quatre ans et en isolement. Jamais je n’aurais cru qu’à moi seule, un jour, je puisse exprimer la plupart des sens du mot quarantaine.

Dans mon Larousse 1995 on peut lire QUARANTAINE n.f. 2. Âge d’à peu près quarante ans. Avoir la quarantaine. 4. MAR. Isolement imposé à un navire portant des personnes, des animaux ou des marchandises en provenance d’un pays où règne une maladie contagieuse. Fig. Mettre qqn en quarantaine, l’exclure d’un groupe.

Isabelle Gaboriault
De tout, même un ami ?

Entre les lignes

De tout, même un ami ?

CHRONIQUE / L’hiver, pour notre petite qui grandit trop vite, les skis alpins, on les loue. En vacances dans le Maine, on opte souvent pour la location d’une chambre munie d’une cuisinette. Il m’est déjà arrivé de louer une voiture et, un été, je me souviens avoir payé pour une sableuse à courroie, histoire de donner un peu d’amour à ma terrasse. Un bloc de quatre heures, si ma mémoire est bonne.

C’est drôle, et j’y ai réfléchi longuement, jamais, mais alors là jamais, je ne me suis retrouvée dans une situation où j’ai songé à louer... un autre être humain !

Une question d’habitude

Entre les lignes

Une question d’habitude

CHRONIQUE / Je jasais l’autre jour avec un lecteur abonné au journal papier depuis des lunes. Ensemble, on parlait du virage numérique que les journaux de la nouvelle coop de l’info se préparent à prendre.

— Vous, Monsieur, possédez-vous un téléphone intelligent ? que je lui ai demandé.

Isabelle Gaboriault
Une envie de douceur

Entre les lignes

Une envie de douceur

CHRONIQUE / Elle peut jouer plus de 125 fonctions diverses. Pourtant, il y avait longtemps que je ne lui avais pas fait une petite place dans mes oreilles. Quoi ça? La musique!

Quand je dis «faire une place dans mes oreilles», c’est de prendre le temps de m’arrêter, de chausser mes écouteurs et de choisir avec soin ce qui me transportera.

Isabelle Gaboriault
Pouvoir magique

Entre les lignes

Pouvoir magique

CHRONIQUE / Faire renaître le Rocket, Ken Dryden et Gordie Howe, c’est le tour de force que j’ai réalisé, pas plus tard que la semaine dernière, avec ma chronique intitulée Le parrain.

Je ne pratique peut-être pas l’un des dix métiers les plus cools répertoriés sur la planète, mais mon job, celui de chroniqueuse, me confère un pouvoir à la limite du magique : celui de générer des émotions et de ramener d’agréables souvenirs à la surface. Pour ça, j’ai envie de me péter les bretelles.

Elle est d’ailleurs toute là la différence entre l’article journalistique traditionnel informatif et la chronique. Sans rien enlever à la première, fort importante et essentielle, la deuxième est plus animée. Ça ressemble étrangement au contraste qui existe entre le rapport de police et le roman policier. Un est froid, l’autre donne des frissons.

À LIRE AUSSI: Le parrain

Isabelle Gaboriault
Le parrain

Entre les lignes

Le parrain

CHRONIQUE / En route vers la maison, parle, jase, Angèle a avoué à sa sœur Jeanne la trouver chanceuse d’avoir un parrain. Elle, elle n’en a pas. En fait, elle n’en a plus, et elle le regrette.

Un parrain a fait partie de son histoire le temps de quelques mois seulement. Ce dernier était le mari de la sœur de son père ; sa marraine. Mais le couple s’est séparé alors que la petite venait de faire ses premiers pas. Là, dans l’auto, elle avait 18 ans.

Isabelle Gaboriault
Question d’orientation

Entre les lignes

Question d’orientation

CHRONIQUE / Dans La Voix des lecteurs publiée récemment dans La Voix de l’Est, une lettre a attiré mon attention. Cette dernière était adressée... au papier de toilette ! La grande question qui lui était posée tournait autour de sa couleur. Pourquoi es-tu blanc ? lui demandait M. Bazinet dans sa missive.

Justement : pourquoi ?

Isabelle Gaboriault
Merci aux comédiens en tablier

Entre les lignes

Merci aux comédiens en tablier

CHRONIQUE / Francine prépare sa retraite. Après 46 ans à transporter assiettes lourdes, silex chauds et pichets pleins, elle pense à tirer sa révérence du monde de la restauration. Un monde qu’elle a beaucoup aimé et qu’elle aimera toujours. Pourquoi je le sais ? C’est son sourire qui me l’a dit.

Une serveuse qui aime ce qu’elle fait, qui est sur son X comme on dit, ça se voit tout de suite dans son visage. Dans son aisance à valser de table en table. Dans sa capacité à courir, jongler, ramer, appelez ça comme vous voulez, sans que ça paraisse.

Isabelle Gaboriault
Faut juste y penser...

Entre les lignes

Faut juste y penser...

CHRONIQUE / Une vidéo a retenu mon attention cette semaine. Celle de deux ados : Gaëlle et Enola. La première demande à la deuxième d’élucider une énigme mathématique à la base toute simple. Mais le calcul, Enola prend environ 16 minutes pour le résoudre. Je ne la blâme pas. Plus habituée à manier les lettres que les chiffres, j’aurais fait pire à sa place. Car pour arriver à une réponse logique, ça demandait du recul. De l’analyse.

En fait, la jeune fille se trouvait devant un raisonnement fallacieux. Un problème conçu pour la tromper. Un raisonnement incorrect qui, à première vue, a une apparence de validité logique, mais c’est une illusion.

Isabelle Gaboriault
Une question de temps

Entre les lignes

Une question de temps

CHRONIQUE / « Bonjour. Un petit mot pour la personne qui fait les titres : en français il faut un espace avant et après les deux-points. À l’occasion il y est, à l’occasion, il n’y est pas... Ça sent la bonne franquette... »

J’ai honte de l’avouer, mais cette semaine, j’ai ressenti de la jalousie envers Germain, l’auteur de ce courriel. J’enviais la légèreté de sa vie.

Isabelle Gaboriault
Dans l’œil de l’autre

Entre les lignes

Dans l’œil de l’autre

CHRONIQUE / Diane et Georges ont écrit au journal avant les Fêtes. Touchés par le récit de Laurie-Ann Laflamme, cette jeune femme qui, après avoir perdu la moitié de sa famille lors d’un tremblement de terre meurtrier en Équateur en 2016, continue de mordre dans la vie, ils me proposaient d’écrire sur une autre histoire, disaient-ils, tout aussi touchante et inspirante.

Tous les jours, depuis des mois, ils voient un jeune homme handicapé, une canne dans une main, un chronomètre dans l’autre, « courir » dans leur quartier. Jusqu’à quatre fois par jour, il court d’un poteau à l’autre. Chaque fois, il tombe et se relève. Quand quelqu’un souhaite l’aider, il refuse. « Il dit être capable », indique Georges qui a déjà tenté, un jour, de lui porter secours. « Qu’il y ait de la pluie, de la neige, de la glace, il sort. Il tombe et se relève, raconte Diane, émue. Il porte des genouillères, mais c’est une armure que ça lui prendrait... C’est terrible à voir. Et avec son chrono, on dirait qu’il tente de battre son record... C’est tout un exemple de courage et de persévérance. On l’admire tellement. »

Isabelle Gaboriault
2020 s’annonce colorée !

Entre les lignes

2020 s’annonce colorée !

CHRONIQUE / Pour finir l’année en beauté, j’ai décidé de vous parler d’art. De l’art de brasser des affaires, mais aussi de celui qui exprime, en couleurs, habiletés, imagination et audace. En fait, je veux vous présenter mon amie Roxanne. La femme-orchestre. La multidisciplinaire.

Cette semaine, alors que je la croyais dans une semi-hibernation méritée (c’est-à-dire à se concentrer sur un seul emploi), elle nous a tous surpris en dévoilant sa nouvelle passion : faire des toiles abstraites.

Isabelle Gaboriault
Le chant des abeilles

Entre les lignes

Le chant des abeilles

CHRONIQUE / Le phénomène ne m’était pas arrivé depuis longtemps. J’aurais d’ailleurs dû ne pas y penser et encore moins m’en réjouir, car on dirait que c’est ce qui l’a provoqué... Depuis quelques jours, j’ai souvent des paroles ou des bouts de chansons qui tournent en boucle dans ma tête.

Dans le coin droit. Près du front. La phrase Ça fait longtemps, mille ans peut-être, de la chanson Le rendez-vous de Valérie Carpentier, que je n’ai jamais écoutée au complet de ma vie, m’a suivie toute une journée récemment. Le surlendemain, c’était le refrain complet de 23 décembre, de Beau Dommage.

Isabelle Gaboriault
Faites-le devant vos enfants!

Entre les lignes

Faites-le devant vos enfants!

CHRONIQUE / Comme l’orang-outan de Sumatra, je suis une espèce en voie de disparition. Pas parce que j’habite toujours avec le père de mes enfants après 22 ans et demi de vie commune. Non. Parce que moi, mes tasses à mesurer, mes cuillères en bois, ma batterie de cuisine et mon rouleau de papier parchemin, je m’en sers !

À l’approche de Noël, le MAPAQ, à partir des données d’AC Nielsen, présente toujours un portrait de nos habitudes de consommation pour la dernière année complète. Du dernier rapport encore tout chaud, Sylvain Charlebois, directeur du laboratoire des sciences analytiques agroalimentaires, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie et chroniqueur dans La Voix de l’Est, en a fait sa chronique le week-end dernier.

À LIRE AUSSI: Ventes alimentaires: les chiffres ne mentent pas


Isabelle Gaboriault
Bas blancs et écaille de tortue

Entre les lignes

Bas blancs et écaille de tortue

CHRONIQUE / Avez-vous remarqué que le monde de la mode était cul par-dessus tête depuis quelques années ? Toutes les lois non écrites qu’on ne devait pas défier à une époque pas si lointaine sont désormais violées, et ce, allègrement.

Maintenant, les jeunes se promènent avec des bas blancs mi-mollet dans leurs sandales Adidas, l’hiver. En fait, le bas blanc semble carrément « in » présentement. C’est sidérant. Des femmes marient le legging au chandail court pendant que d’autres enfilent des chaussettes dans leurs escarpins. Après s’être fait répéter toute notre jeunesse que le fait de porter du marine avec du noir était un sacrilège, aujourd’hui, voilà que les deux couleurs s’agencent parfaitement. Même chose pour le mélange rouge/rose ou encore rose/orange, pour ceux et celles qui aiment le look Dora l’exploratrice. Même le sac banane est revenu en force dernièrement. Qui l’eut cru ?

Isabelle Gaboriault
Le monde à l’envers

Entre les lignes

Le monde à l’envers

CHRONIQUE / Une de mes amies aime s’informer sur tout ce qui concerne la famille royale. Ce qui se passe entre les murs du palais de Buckingham, les chicanes entre les souverains britanniques, la passion de la reine pour les chiens et les chevaux, et les outfits des princesses Kate et Megan ; tout l’intéresse. Quand c’est tranquille du côté de la monarchie, elle aime bien lire sur ce qui se passe dans la vie de Céline Dion.

Moi, j’avoue aimer regarder des vidéos d’Ellen Degeneres avec ses invités. Je la trouve drôle. Mais ce qui me passionne par-dessus tout, c’est d’écouter des capsules sur la façon d’utiliser des objets de la vie de tous les jours pour mieux en ranger d’autres.

Isabelle Gaboriault
Archives et loi obscure

Entre les lignes

Archives et loi obscure

CHRONIQUE / Monsieur Robichaud m’écrit l’autre matin. Il avait rédigé une lettre ouverte en décembre 1989 ou janvier 1990, il ne se souvenait pas très bien de la date de publication, alors il souhaitait venir fouiller dans nos archives pour la retrouver.

Puisque nos vieilles éditions de La Voix de l’Est jaunies par le temps ne sont pas accessibles au public, j’ai décidé de lui rendre service et de chercher quelques minutes. Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais, mais je suis tombée sur des trucs fort intéressants.

Isabelle Gaboriault
Découvrir sa vraie nature... au fond d’un bac bleu

Entre les lignes

Découvrir sa vraie nature... au fond d’un bac bleu

CHRONIQUE / Dans la catégorie des gestes aussi absurdes qu’inutiles que je pose parfois, comme celui de regarder dans mon mouchoir après m’être mouchée, je jette toujours un coup d’œil dans mon bac bleu avant de le remettre à sa place les jours de collecte. Je l’ai fait pas plus tard que la semaine dernière. Il était vide. Ou presque.

Dans le fond, il ne restait qu’une page de journal, un bout de boîte de céréales en carton et une petite feuille sur laquelle on pouvait lire : Chéri, mets les serviettes dans la sécheuse en arrivant stp. Merci ! xxx

Isabelle Gaboriault
Style, genre, comme...

Entre les lignes

Style, genre, comme...

CHRONIQUE / Un jour, j’étais adolescente, ma mère a décidé de consulter un diseur de bonne aventure. Comme ça. Pour le plaisir. Une espèce de clairvoyant capable de contempler l’avenir dans notre date de fête et l’heure de notre naissance. Pour nous partager ce que ce grand devin devant l’éternel logeant dans un 3 1/2 semi-meublé avait vu, elle l’avait enregistré sur une cassette.

Ce qu’il a dit sur moi? Honnêtement, je ne m’en rappelle pas. Faudrait que je la réécoute, mais quelque chose me retient, car le seul souvenir resté intact de cet événement surnaturel, c’est qu’il avait la fâcheuse manie de répéter sans cesse «C’est pour ça que je vous dis ça, comme ça, en tant que tel!» Chaque deux mots!

Isabelle Gaboriault
Le choix

Entre les lignes

Le choix

CHRONIQUE / Lundi matin, 6 h 25. Élections fédérales : l’heure des choix a sonné. C’est le titre que je dois mettre en ligne. Je m’exécute, mais une partie de la phrase s’accroche dans ma tête et se met à y tourner en boucle. L’heure des choix a sonné. L’heure des choix a sonné… Ces cinq mots me hantent.

Oui, ce jour-là nous devions en faire un d’importance. Nous avions à tracer un X à côté d’un nom lié à une personne collée à un parti. Mais, il y avait autre chose.

Les temps sont durs...

Entre les lignes

Les temps sont durs...

CHRONIQUE / L’autre jour, un de mes oncles se rend chez le médecin pour un examen de routine.Alors qu’il parlait du mal qui le tiraillait, le docteur lui demande de déterminer depuis à peu près combien de temps ce symptôme l’afflige.

— Depuis une p’tite secousse, qu’il lui a répondu.

Bon. Les médecins ont beau avoir plusieurs années d’études universitaires derrière le stéthoscope, très peu ont, en parallèle, complété une formation en sismologie.

C’EST COMBIEN DE TEMPS, ÇA, UNE P’TITE SECOUSSE ?

Des fois, on peut aussi entendre les gens dire « depuis u’n’escousse ! ». Une drôle d’expression qui fait référence à une période de temps... indéterminée. 

Une secousse, au sens actif du terme, signifie une « oscillation du sol lors d’un tremblement de terre ». Ça dure combien de temps, ça ? Quelques secondes ? Deux, trois minutes ? 

Quand le mot secousse prend un sens temporel, on parle d’un « bon bout de temps ». D’un laps de temps plus long que court, normalement. Mais on parle d’heures ? De jours ? De mois ? 

Répondre qu’on a mal depuis u’n’escousse, c’est comme dire qu’on souffre depuis « un boutte ». Depuis « longtemps ». Depuis « un certain temps ». C’est aussi peu clair. 

Des fois, je me demande si ce n’est pas une façon de minimiser les choses. De ne pas dramatiser. Une tendance très à la mode chez les personnes âgées, vous remarquerez.

J’y pense. Histoire d’être moins flou, mon oncle devrait revenir aux dodos. Comme les enfants.

— Vous souffrez depuis combien de temps Monsieur Chose ?

— Bah, ça fait au moins huit gros dodos certains !

Être son médecin, me semble que je serais fixé.

C’est comme ma grande. Au souper récemment, elle nous racontait qu’elle avait croisé une amie du primaire.

— Ça faisait 10 000 ans que je ne l’avais pas vue ! qu’elle nous a lancé.

Des fois c’est 100. Le lendemain c’est 1000. C’est selon, mais elle utilise souvent un gros chiffre qui frappe fort. 

— Ça fait 1000 ans que je cherche ces pantalons-là !

— Ça fait 100 fois que je t’appelle sur ton cell !

Ici, on donne un aspect quasi d’éternité à quelque chose qui, dans les faits, ne s’est pas allongé sur une si longue période de temps. En fait, c’est souvent pour marquer quelque chose qui s’est répété peu de fois. C’est de l’exagération pour monter que ça fait vraiiiiimmmmment longtemps qu’elle cherche ou qu’elle appelle. Difficile, toutefois, de savoir précisément combien de temps les pantalons ont quitté son champ de vision et combien d’appels elle a véritablement logés. 

Pour la clarté, on repassera. 

De toute façon, très peu d’expressions loufoques faisant référence au temps qui passe sont précises. On n’a qu’à penser à « ça fait un bail ! », ou encore à « ça fait des lustres ! ».

Savez-vous ça représente combien de temps, vous, un lustre ?

D’ailleurs, qu’est-ce que les lustres viennent faire là-dedans ? 

Sachez que ça n’a rien à voir avec ceux en cristal suspendus au plafond du château de Versailles. Au XVIIe siècle, un lustre, employé au singulier, représentait une période de cinq ans. Dire que ça fait des lustres qu’on s’est vus, illustre donc que ça fait, au moins, plus de dix ans... Mais qui sait ça ? Pas grave, on aime lancer cette expression de temps et temps.

Comme tout est dans tout, en écrivant ce texte, je suis tombée sur une publicité intitulée Le temps, selon André Sauvé. Une pub de Re/Max. 

À sa façon, il y aborde la signification de mots temporels et leur durée variable, donnant lieu, bien sûr, à un texte savoureux. 

« Une période, c’est plus long qu’un instant ou un moment », nous fait-il entre autres remarquer tout en roulant ses R.

Donc si une madame au téléphone nous met en attente et nous dit « attendez une p’tite période, là non, qu’il poursuit. La p’tite musique poche, y’a une limite ! »

Prenez un moment pour l’écouter. C’est tellement juste et brillant. Je vous ai déjà confié que j’aimais cet homme d’un amour inconditionnel ?

Oui. Et croyez-moi, ce n’est pas d’hier.

Isabelle Gaboriault
D’un trésor à l’autre

Entre les lignes

D’un trésor à l’autre

CHRONIQUE / On a souvent tendance, comme parent, à «s’impliquer» dans les travaux scolaires de nos enfants. En fait, le degré d’implication est inversement proportionnel à leur âge.

Quand elle était en troisième année du primaire, ma grande, alors petite, devait parler de son livre préféré devant sa classe. Nommer l’auteur, l’illustrateur. Raconter l’histoire. Présenter les personnages. Je m’en rappelle comme si c’était hier, car... j’avais tellement dirigé son choix !

Isabelle Gaboriault
Ah! Les fraises et les framboises...

Entre les lignes

Ah! Les fraises et les framboises...

CHRONIQUE / Il y a neuf ans, plus précisément fin septembre 2010, je racontais dans cette chronique comment une façon de faire ancrée dans mes gènes et dans mes gestes depuis plus de 30 ans venait d’être anéantie.

Moi qui avais toujours pris soin de tourner les pommes sur elles-mêmes pour les cueillir, je venais d’apprendre que ma technique était aussi erronée que dramatique. Désormais, «on tire en donnant un p’tit coup», qu’une dame nous avait dévoilé en prenant bien soin de spécifier que notre «approche rotationnelle» pouvait aller jusqu’à «TUER LE POMMIER»!