Entre les lignes

Histoire de cernes

CHRONIQUE / Le syndrome du voisin gonflable ne m’a jamais affectée. La preuve, pendant qu’autour de moi tout le monde textait, facebookait ou pinterestait à partir d’iPhones 6 et plus ou de Samsung Galaxy gros comme des tablettes, moi, je me contentais de mon petit iPhone 4 noir, ton sur ton. Oui, celui lancé juste après le flip.

Vous savez, contrairement à la croyance populaire, je pouvais l’utiliser pour appeler et envoyer des courriels ! 

C’est vrai, je vous l’accorde, je ne pouvais pas coller le GIF d’une otarie qui applaudit pour exprimer ma joie en image, mais dans l’ensemble, mon cellulaire « faisait la job », comme on dit. 

Dire que j’ai souvent fait rire de moi en sortant cette antiquité de mes poches (surtout au bureau) serait toutefois un euphémisme.

Même si mon estime personnelle n’était pas en chute libre devant tout ce sarcasme, j’ai dit « Oui ! » quand mon chum m’a offert son vieux iPhone 6 Plus dernièrement. Il entre plus serré dans mes poches, mais je n’ai plus besoin d’une deuxième paire de lunettes quand je navigue sur Internet.

Bref. Un matin, j’arrive au bureau, fière de montrer à mes collègues que, comme eux, je suis à-la-fine-pointe-de-la-technologie. Bien sûr, ça en prend plus que ça pour les impressionner. D’ailleurs, mon « nouveau » côté full techno a vite pris une débarque quand, tout bonnement, mon patron est passé à côté de mon bureau en m’annonçant qu’il venait de partir son souper... avec son téléphone cellulaire.

Bon, je connais les grandes lignes de la domotique, mais de savoir que quelqu’un pouvait partir la cuisson de son rôti de lard à distance, ça, je n’avais encore jamais vu ça. Moi, je suis encore à l’étape d’applaudir le génie qui se cache derrière ma mijoteuse. On part de loin...

En fait, Marc a expliqué à la néophyte que je suis qu’il possédait un thermocirculateur. Un ANOVA Precision Cooker. C’est un récipient qu’on remplit d’eau dans laquelle on plonge nos aliments à cuire emballés sous vide. « Par un procédé d’équilibrage thermique, la bouffe cuit en atteignant la température de l’eau et, comme ça, rien n’est jamais surcuit ! », qu’il m’a dit, avec tous les termes scientifiques liés au phénomène.

Sa machine, liée à une application et une panoplie de recettes, il peut la contrôler à distance avec son téléphone. « Un jour, ils vont sans doute faire une application pour les Apple Watch », qu’il m’a lancé en jetant un œil... à son Apple Watch.

Bla,bla, bla...

On n’arrête pas le progrès.

Qu’est-ce qu’il a fait cuire avec son téléphone, le cuistot ?

Des œufs à la coque !

Ça m’a pris le temps de cuisson d’un œuf tourné avant d’arrêter de rire.

— Tout ça pour faire cuire des ŒUFS À’COQUE ? , que je lui ai balancé. Pis ça va cuire pendant combien de temps ton festin ?

Quand il m’a annoncé que ça allait prendre 45 minutes, j’ai failli demander qu’on me réanime tellement je riais.

Wow, ça c’est de l’efficacité !

Les nouvelles technologies ne sont pas censées nous faire gagner du temps ?

Bof, si le souper se fait pendant qu’on est au bureau, on s’en fout pas mal du temps que ça prend finalement, que je me suis dit. 

Pourvu que ce soit prêt une fois à la maison.

Moi, la folle, je passe mes dimanches après-midis à faire de la bouffe pour la semaine. Quand je ne le fais pas, je cours comme un singe toute la semaine et on ne soupe jamais avant 19 h.

Paraît que les œufs patronaux étaient « soyeux et sans aucun cerne noir à l’intérieur » ce soir-là.

Si je m’ouvrais, moi aussi, à toutes ces bébelles technos destinées à la cuisine, peut-être que moi aussi je serais moins cernée. 

Entre les lignes

J’ai tué le lutin

CHRONIQUE / C’est arrivé un peu plus de 24 heures après l’Halloween. Ma petite portait encore des traces de son maquillage de mime sur les joues. Rien n’avait pourtant annoncé ce qui allait se passer. Pas de lumières de Noël allumées dans la hâte dans mon quartier. Aucun petit vent du nord en sortant du bureau. Aucune trace de Mariah Carey dans ma radio au retour de l’école. Rien.

Tout a commencé par une conversation d’avant-dodo sur l’existence des sirènes. Rien n’était prémédité. Et pourtant.

Ce soir-là, dans le lit jumeau de ma fille de huit ans, dans un élan de transparence, j’ai tué notre lutin coquin !

« Les sirènes, les elfes, les trolls, les gnomes, les fées, etc. sont tous des personnages nés d’hommes et de femmes à l’imagination fertile, que j’ai expliqué à ma Laurence. Ça vient d’histoires écrites dans des livres ou dans des films. »

Après avoir analysé ce que je venais de lui dévoiler, ma petite m’a aussitôt demandé si les « lutins qu’on attrapait avec des pépites de chocolat » existaient pour vrai, eux.

— Toi, penses-tu qu’ils existent pour vrai ? , que je lui ai demandé, avec prudence, souhaitant entretenir le mythe. Tous les spécialisssssses vous le diront : dans ce genre de situation, il faut y aller avec finesse, avec délicatesse.

— Je pense que c’est vous qui faites les tours... Dis-moi la vérité maman. 

Certaine qu’elle était mûre pour encaisser le coup, je lui ai dit qu’elle avait raison. Je lui ai avoué que tout ce que Grelot avait fait comme folies depuis cinq ans, c’était mon œuvre (à 95 %), celle de sa grande sœur (4 %) et celle de son père (0,5 %, car un soir, ma mère qui gardait, avait pris la relève).

L’annonce a eu l’effet d’une boule-de-neige-tapée-serré en pleine face.

« J’veux pas m’en rappeler demain ! (ce que tu viens de me dire) », qu’elle m’a lancé entre deux sanglots.

Pauvre ti-chat.

Mes lectures m’avaient pourtant signifié que si un enfant posait une question du genre, c’est qu’il pouvait entendre la réponse. Certaines disaient même que si l’enfant osait demander, c’est qu’il savait déjà.

Reste à savoir maintenant si l’enfant VEUT vraiment entendre la réponse... Laurence, elle, ne le voulait pas. Visiblement.

Douter de l’existence du père Noël est un processus normal dans le développement d’un enfant. Autour de 5, 6 ans, il commence à douter, à questionner. À 7 ans, c’est l’âge de raison. C’est le moment où il arrive à discerner le vrai du faux. 

Quand ma fille m’a sommée de lui dire la vérité, toutes ces informations se sont bousculées dans ma tête. Des microsecondes pendant lesquelles j’ai —curieusement— eu le temps de me rappeler que j’en avais ras le pompon d’user d’imagination tous les jours de décembre pour faire faire des niaiseries au (maudit) lutin. 

Bref, tout ça mis ensemble a fait en sorte que... je l’ai éliminé. En quatre secondes.

« Et le père Noël, lui, est-ce qu’il existe, lui ? », a tenté ma petite avant de très vite se raviser, le visage enfoui dans ses couvertures.

« Non, non, j’veux pas le savoir tout de suite ! (lire : pas cette année). »

C’est drôle, je venais tout juste de m’imposer la règle stricte de tenir ça mort pour le père Noël. Et ce, encore des années. 

La douleur de ma fille me rappelait celle, immense, qu’elle a vécue le jour où j’ai coupé sa suce (Appelez-moi Cruella !). 

Pas envie qu’elle inscrive « Une nouvelle mère » au crayon à mine pas aiguisé sur sa liste de cadeaux cette année.

De son côté, du haut de ses huit ans, Laurence, elle, venait de statuer que plus jamais on n’allait lui passer un sapin.

« À Noël, je veux que tout le monde se couche en même temps que moi », qu’elle m’a balancé. Ma balle de neige cachait un boomerang. Bouya !

Je lui ai dit une vérité. Elle a riposté avec une conséquence. 

J’ai maintenant sept semaines pour développer une stratégie.

Toutes ces histoires de lutins et de père Noël, ce n’est vraiment pas un cadeau.

Entre les lignes

Sac en papier!

CHRONIQUE / Pendant que je pitonnais mon NIP l’autre jour au supermarché du coin, la caissière a failli se liquéfier à côté de sa balance à fruits et légumes en réalisant qu’elle avait complètement oublié de me faire payer mes sacs en plastique. J’avais osé en prendre SIX.

Oui Monsieur ! Je suis comme ça moi : j’utilise de monstrueux-sacs-de-plastique quand j’oublie mes sacs réutilisables dans mon char.

— Euh, sur une commande de 166 $, je ne pense pas que l’épicerie fasse faillite si elle n’a pas les 30 sous de mes sacs, que j’ai donc lancé à la dame, un sourire dans la voix.

— C’est pas une question d’argent, c’est une question d’écologie, m’a alors répondu l’emballeur au menton duveteux debout au bout du comptoir. Vous savez, il y a des pays qui ont banni les sacs de plastique.

WOW ! Charles-Étienne-Éloi Vinet-Courtemanche venait de m’annoncer tout un scoop.

C’est comme dire que parce que la gomme est interdite à Singapour, PERSONNE ne peut, sur les 5 607 000 d’habitants, mâcher de temps en temps une Wrigley’s Spearmint pour avoir une haleine fraîche. Come on !

Non mais, elle vient d’où cette tendance de certaines caissières d’épicerie et de leurs bras droits de secondaire IV de nous faire sentir comme des tueurs de bébés chats quand on oublie nos sacs en tissu ?

Ont-ils des bonus quand ils obtiennent un « non » à leur question piège « Avez-vous vos sacs ? »

Je les soupçonne de gagner un voyage au Mexique quand, en plus, ils ajoutent à ça une phrase assassine pour nous juger encore plus sévèrement.

Qui a besoin de ça ? 

Je suis très capable de me juger moi-même, vous saurez ! 

Chaque fois, je me sens super mal de n’y penser qu’une fois la totalité de mon panier dispersé sur le tapis roulant. Alors pour éviter de retarder tout le monde, j’opte pour la facilité et la rapidité : les sacs en plastique. 

Je suis toujours fière de moi quand je quitte un endroit le cou et les trapèzes en feu avec, dans mes mains bleues à cause de leur poids, mes quatre sacs réutilisables bien pleins. Je me réjouis d’avoir ainsi fait ma (toute petite) part pour l’environnement. Devinez alors ce qui se passe dans ma tête dans le cas contraire ! C’est comme si tous les petits gestes que je posais au quotidien pour diminuer mon empreinte écologique s’envolaient en fumée. Pouf !

Mais ça, le petit wraper ne le sait pas. 

Ne pas avoir eu deux gros pots de crème glacée Coaticook dans mon panier ce jour-là, j’aurais pris le temps de lui expliquer la vie.

Je ne voudrais pas connaître le sort qu’il réserve aux clients qui passent à la caisse avec un paquet de 24 bouteilles d’eau en plastique ou des boîtes de biscuits en carton ciré. 

Et encore moins imaginer le jugement que doit subir une mère de famille qui achète une boîte de 24 couches Pampers Baby-Dry. 

Pauvre madame.

C’est de là que doit venir l’expression « passer au cash ».

Entre les lignes

Plus légère...

CHRONIQUE/ Salut les girls. À lire. C’est touchant.

Dans son courriel, la collègue Marie-Ève nous invitait, Isabel-pas-de-L-E-à-la-fin et moi à découvrir le livre Faire oeuvre utile - Quand l’art répare des vies d’Émilie Perreault

Son engouement pour le petit bouquin était si grand qu’elle a vite fait de nous le partager... après l’avoir dévoré en moins de deux. 

Disons qu’elle maîtrise bien l’art du teaser.

Comme j’aime bien Émilie Perreault, qui partage le micro avec un Paul Arcand que j’admire tout autant, je suis tout de suite allée lire les (82) premières pages. 

La journaliste culturelle y raconte l’histoire de gens qui ont, un jour, été happés par une oeuvre artistique. Une pièce de théâtre, une toune, un texte humoristique, une toile, une phrase dans un livre, etc. Chaque personne exprime comment et à quel point une parcelle d’art est venue marquer sa vie. De leur côté, les auteurs, chanteurs et humoristes partagent leur réaction face à tous ces témoignages qui prouvent que ce qu’ils font dans la vie est — enrayant du coup tous leurs doutes — fort utile.

Ceux qui travaillent à divertir, émouvoir, faire réfléchir ou voyager les autres de quelconque façon ne resteront pas insensibles à tous ces témoignages qui viennent du coeur. 

Pourquoi? Parce qu’un jour ou l’autre, tous se demandent si ce qu’ils font sert vraiment à quelque chose. Comme si ce grand privilège n’était réservé qu’aux chirurgiens cardiaques...

Combien de fois, au moment d’écrire cette chronique au fil des ans, je me suis moi-même questionnée sur sa pertinence? 

«Ce n’est pas en faisant de l’humeur que je vais changer le monde?!». Cette réflexion, je me la suis repassée souvent. Parfois même en boucle. Et je me la rejoue encore de temps en temps. 

Et pourtant. Le nombre de courriels reçus au fil des années me prouve le contraire. Mes histoires, mes péripéties, mes réflexions semblent faire du bien. Il s’avère qu’elles font réfléchir.

«Votre article m’a réconciliée avec moi-même», m’écrivait Jocelyn en 2006. 

«Vous mettez du soleil dans la vie des gens», me disait Annie en 2008.

«Vous nous touchez beaucoup plus que vous ne pouvez l’imaginer, chère Isabelle», me confiait pour sa part Nancy, la même année.

«Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait du bien. Tu as les mots justes», m’a avoué Stéphanie pas plus tard que le mois passé.

«Tu réussis à nous faire travailler les méninges avec tes jeux de mots», m’a écrit Caroline la semaine dernière.

Quand même, ce n’est pas rien! 

Chaque fois, ça me fait chaud au coeur. Et, chaque fois, je m’arrête pour répondre à ces gens qui prennent le temps de m’écrire. C’est la moindre des choses. S’ils prennent deux minutes de leur journée pour me dire à quel point je les ai fait rire ou réfléchir, c’est que c’était réellement puissant.

À la fin de son amorce, Émilie Perreault demande à ses lecteurs de penser à l’oeuvre qui a pu être utile dans leur vie. Moi, c’est l’approche de l’humoriste André Sauvé. Avec son style existentialiste, ses mille et une questions, il me rejoint directement. «On est les seuls qu’on sait qu’on est. La vache, elle, n’est que brrrroutte. Quand a brrrroutte, elle ne sait même pas qu’elle est une vache. J’aimerrrrais ça moé avoirrrr de la vache en-d’dans! Mettrrrre ma conscience à off. Switcher à vache!»

«De la conscience, j’ai ai trrrrrrop. Je m’enfarrrge dedans!»

«La patience, c’est pas que j’en n’ai pas, c’est que je suis prrrrressé d’en avoirrrrr plus!»

C’est tellement moi! Ses affirmations m’ont permis de faire la paix avec moi-même. Ça allège de savoir qu’on n’est pas seule à être comme on est. 

Entre les lignes

Souvenirs de «su’Sire»

CHRONIQUE / Dans le lot de cartes que je traîne dans mon portefeuille il y en a une, toute bleue, qui se retrouvera finalement au recyclage sans même avoir servi: ma carte Sears.

Ça m’apprendra à procrastiner sur l’activation de cartes de crédit de petites boutiques et de grandes surfaces. Avec l’expérience des dernières années, j’aurais pourtant pu voir venir le coup, non?

Depuis 2014, j’ai dû mettre les ciseaux dans mes cartes Jacob, Mexx et Smart Set tellement ça va mal dans le monde de la guenille.

Même si je m’ennuie des chandails signés Jacob et des jeans-longues-jambes de Smart Set, c’est de voir le Sears des Galeries de Granby fermer ses portes qui m’attriste le plus.

Veut, veut pas, j’ai développé un sentiment d’appartenance pour ce magasin à rayons dont les portes tournantes à l’origine, dans le temps où Sears se trouvait là où est actuellement le Wal-Mart, ont servi de manège à plusieurs enfants de ma génération. 

Mon attachement au Sears de Granby, ouvert en 1980, ne s’explique pas juste par le fait que j’y trouvais de grandes marques de souliers à prix d’ami. Non. 

Sachez que j’ai travaillé «su’Sire» moi, madame! 

Oui. Trois ans. Dans «l’homme».

En 1997, alors que j’entamais une année sabbatique le temps de me réorienter, j’ai été embauchée chez Sears. En plus d’y vendre des sous-vêtements Jockey, j’y mesurais des bords de pantalons Arnold Palmer après les avoir agencés avec une chemise Protocol ou un chandail Private Member. Une fois à la caisse, j’offrais à mon client, bien sûr, une jolie ceinture 100% cuir ou une paire de bas coton/jersey comme article complémentaire pour aller avec ses culottes. Ou une cravate. J’y allais au feeling. 

À la fin, je l’invitais, bien sûr encore, à porter ses achats sur sa carte de crédit Sears. Cela lui permettait, déjà en 1997 (la SAQ n’a rien inventé avec la carte Inspire) d’accumuler des points échangeables contre de l’argent réapplicable sur un prochain achat. De beaux souvenirs.

Parlant de points, les employés en ont reçu tout un coup mercredi dernier. Ok. Ils devaient avoir une petite idée que les affaires n’allaient pas rondement. Quand ton employeur se met à l’abri de ses créanciers, ce n’est jamais bon signe. Mais la succursale granbyenne avait été épargnée, elle, donnant j’imagine, espoir à plusieurs.

Ce que je trouve triste, c’est de savoir que des Francine, des Jocelyne, des Gisèle, des Christiane, des Jacques et des Claude, des gens qui ont donné 37 ans de leur vie pour cette grande compagnie, se retrouvent là, BANG!, sans emploi à quelques années seulement de la retraite. 

Un scénario qu’on ne souhaite à personne.

Le maudit commerce en ligne!

Internet est carrément en train de tout foutre en l’air, et pas juste la vente au détail. La musique, la vie privée, les livres, la parole, les vidéoclubs, les relations interpersonnelles, les journaux, l’écriture, voire le temps, tout écope.

Mais qui navigue sur Internet déjà? Hein, qui? 

Je ne vous apprends rien en vous disant que c’est vous et moi. Car après avoir pleuré le matin sur le triste sort d’employés d’institutions établies dans leur milieu depuis plus ou moins un quart de siècle et qui font travailler du monde d’ici, le soir on magasine, s’informe et on se divertit sur Internet.

Faudrait y penser avant, parce qu’une fois la clé mise dans une porte, il est difficile de faire marche arrière. 

Mais je sais, Internet tue aussi, malheureusement, le gros bon sens.

Entre les lignes

Zone grise

CHRONIQUE / Gris perle. Ardoise. Acier. Argenté voilé.

Boudé pendant des années, le gris est actuellement une couleur super chic, moderne et contemporaine. Et pas juste pour nos planchers de cuisine. La tendance s’étend jusqu’à la pointe de nos cheveux.
Oui madame, afficher une tête grise est on-ne-peut-plus-in !
Malgré le fait que l’argenté capillaire soit désormais sur le radar de fashionistas, on dirait qu’à l’aube de mes 42 ans, je ne suis pas prête à l’assumer. Pas prête à faire le saut, même si cela était pour moi une LI-BÉ-RA-TI-ON.
Selon un coloriste new-yorkais (les spécialistes du domaine capillaire viennent toujours de New York), les femmes devraient définitivement passer au gris quand 80 % de leur chevelure est dépigmentée ou carrément blanche.
Je suis de celles-là.
J’ai commencé par camoufler mes quelques cheveux gris épars par des mèches pâles vers 28 ans. Avec le temps, et les mèches ayant leurs limites, la teinture est toutefois devenue une nécessité.
Tout se passait bien jusqu’au jour où je me suis mise à réagir aux teintures de salon. Trop fortes. Trop chimiques. Même si je changeais de marque, les démangeaisons revenaient. C’est là que j’ai trouvé une couleur satisfaisante dans les produits « bien élevés » du supermarché santé Avril. Mais récemment, la sensation de brûlure est réapparue. Chaque application, j’ai le feu au cuir chevelu. Chaque fois, je rêve de me gratter avec ma binette à jardin.
Paraît qu’il faut souffrir pour être belle ? Quand même. Me retrouver à l’urgence la face bouffie et les oreilles fondues à cause d’une réaction allergique, non merci !
D’un autre côté, avoir la tête grise à mon âge demeure une décision difficile à prendre. Pas que je trouve moches les femmes de moins de 50 ans à la tête grise. Nuance. Au contraire, je les admire. Je n’arrive juste pas à me décider.
Curieusement, lire les neuf astuces pour grisonner en beauté et éplucher les 56 raisons de passer aux cheveux gris ne m’a pas aidé à me faire une tête. Oui, faire le saut « au naturel » serait une délivrance et me ferait (peut-être) épargner, mais les inconvénients à ce grand changement semblent... volumineux (restons dans le thème).
D’abord, ça demande de la patience, ce que je n’ai pas en quantité industrielle. Aussi, bien qu’on nous fasse miroiter des économies, souvent la tête grise demande de changer de garde-robe et le contenu de notre trousse de maquillage. Même si la mienne ne contient qu’un tube de mascara, je trouvais ça simple de l’acheter en fonction de mes yeux pers. Là, va falloir que je me casse la tête pour qu’il s’agence à mes cheveux. C’est compliqué. En plein le genre de truc qui va me faire violer loi de la complémentarité.
Et si le gris étirait mes traits ? S’il me rendait terne et me donnait l’air fatiguée ou malade ? Je n’aurais d’autre choix, pour me donner un petit oumf, que de me tourner vers les rallonges de cils ( $), le maquillage permanent ( $ $), les antirides et les implants faciaux ( $ $ $).
Ce qui est frustrant aussi, c’est que de s’affranchir des teintures qui nous abîment la tignasse ne garantit pas une crinière grise pétante de santé. Plusieurs disent que les cheveux argentés sont plus rugueux, plus fragiles et plus propices aux frisottis. La belle affaire. Vive l’époque où le shampoing bleu avait réponse à tout. Non. Il faut un traitement repigmentant et nourrissant, des produits à l’extrait de centaurée, des sprays sublimateurs, des masques hydratants et des élixirs rajeunissants.
Comment faire un choix avec toutes ces zones grises ?
C’est à s’arracher les cheveux.

Entre les lignes

Patience, les patients!

CHRONIQUE / Mercredi dernier, mon journal s'ouvrait sur une très bonne nouvelle : l'appel à l'aide de Véronique Piquette venait d'être entendu. Je ne connais pas cette femme, mais maudit que j'étais contente pour elle !
Véronique est la maman du petit Milann qui aura bientôt six ans. Le garçon souffre de trisomie 21, d'un retard global du développement, d'un TDAH, d'un TSA avec atteinte intellectuelle, d'un trouble du sommeil et de nombreuses conditions médicales associées à son état. S'en occuper est un travail à temps plus que plein pour ses parents. 

Entre les lignes

Lettre à Catherine

CHRONIQUE / Salut Catherine! Je sais. Ça fait hyper 1990 mon affaire, mais comme j'avais quelque chose à te dire, j'ai décidé de t'écrire une lettre. Un clin d'oeil à nos années au secondaire!
Notre dernière rencontre remonte à dimanche dernier. Juste avant le grand départ pour le 5 km organisé au Zoo de Granby ce matin-là, je suis allée t'embrasser pour te souhaiter une bonne course. Tu m'as alors demandé à quelle heure je m'élançais. Savoir que je faisais partie de la deuxième vague de coureurs à décoller t'a tout de suite indiqué que je me préparais à engloutir les 5 km du parcours en moins de 30 minutes. La course commençait. Ajoute à ça la fébrilité, l'agitation, on est partie chacune de notre bord sans prendre le temps de jaser davantage. 

Hebdo Le Plus

Vroum, vroum!

Mercredi dernier, en plein milieu de semaine, deux amies et moiavions rendez-vous pour vivre l'expérience NeuroSpa. Anne l'avait essayé cet été et elle avait beaucoup aimé. Elle nous en a parlé et nous, on a dit « Why Not ? »
J'étais certaine qu'on allait recevoir un massage sur chaise. Comme celui offert parfois en entreprise : habillé, pas d'huile, avec nos souliers dans les pieds.