Est-ce que les Inouk ont déçu ? Oui. Est-ce qu’ils ont répondu aux attentes en séries ? Non. Patrice Bosch et ses joueurs le savent et c’est encore la dure et plate réalité.

Inouk : la dure et plate réalité

Franchement, les derniers jours n’ont pas été faciles.

Depuis mercredi soir, vous avez été nombreux à m’écrire afin de me remettre sur le nez ma chronique d’il y a quelques semaines alors que j’affirmais que les Inouk allaient au minimum atteindre la finale de la Ligue de hockey junior AAA. En fait, les courriels et les messages sur Facebook ont commencé il y a une semaine après que les Granbyens aient perdu leur troisième match face au Collège Français. Les messages sont parfois gentils et parfois beaucoup moins.

Je croyais en cette équipe qui nous a donné du gros hockey tout au long de la saison et qui était devenue intraitable après la période des Fêtes. Je ne lui aurais probablement pas prédit une victoire face aux Cobras de Terrebonne en finale, mais j’étais convaincu qu’elle aurait le meilleur sur le Collège Français. Et pour tout vous dire, je n’en reviens pas encore qu’elle ait été balayée.

Honnêtement, j’ai sous-estimé le Collège Français de ce vieux ratoureux de Pierre Petroni. J’ai surtout sous-estimé sa force entre les deux oreilles, sa dureté du mental. Car je croyais vraiment que les Longueuillois avaient développé un complexe face aux Inouk, du moins qu’ils étaient désavantagés psychologiquement, après avoir perdu cinq de leurs six matchs en saison régulière contre eux.

Il a suffi d’un match aux joueurs de Petroni, le premier de la série remporté au Colisée Jean-Béliveau, pour éliminer tout doute dans leur esprit.

Est-ce que les joueurs des Inouk, ne serait-ce qu’un tant soit peu, ont pêché par excès de confiance dans leur préparation ? Je pense que oui. Et je ne remets pas ici en question le travail de Patrice Bosch et de ses adjoints. Mais on parle ici de jeunes de 17 à 20 ans, avec peu d’expérience de la vie, qui ont probablement simplement réagi en êtres humains normaux.

Ce possible excès de confiance n’était déjà plus là lors du deuxième match, mais les dommages avaient déjà était faits. Les joueurs du Collège Français, eux, savaient maintenant qu’ils étaient capables de venir à bout de ceux des Inouk.

Mais bon, il n’y a pas que ça qui explique la déconfiture de vos favoris. On peut parler encore de l’absence de Maxime Borduas, qui a raté les trois quarts de la série, même de celle d’Hubert Cyrenne-Blanchard — dont l’absence aussi pendant les trois quarts de la série a fait en sorte qu’un bonhomme comme Gabriel Chicoine en a probablement pris trop sur ses épaules —, des difficultés de l’avantage comme du désavantage numérique, du fait que plusieurs étaient diminués par des blessures, du fait que certains vétérans auraient pu être meilleurs, etc, etc. Aussi, d’un autre point de vue, l’ajout d’excellents éléments en provenance du hockey collégial a permis au Collège Français de prendre une coche par rapport à la saison régulière.

Certains ont également avancé que Petroni avait eu le meilleur sur Bosch derrière le banc. À voir le résultat de la série, ça semble évident. Mais c’est plus compliqué que ça et je ne crois pas que c’est là que la série s’est jouée.

Reste que, en bout de ligne, et comme le résumait Petroni à la suite du quatrième match, il y a une équipe qui a joué du bien meilleur hockey que l’autre et c’est le Collège Français. La dure réalité, la plate réalité, c’est ça.

Est-ce que les Inouk ont déçu ? Oui. Est-ce qu’ils ont répondu aux attentes en séries ? Non. Bosch et ses joueurs le savent et c’est encore la dure et plate réalité.

En septembre dernier, ceci dit, j’aurais été le dernier (mais vraiment le dernier) à prédire que cette équipe allait battre d’importants records de concession en saison régulière, qu’elle allait finir troisième au classement général et qu’elle allait atteindre les demi-finales. Les Inouk de 2017-2018, c’est aussi une équipe qui a étonné grandement et qui nous aura fait passer beaucoup plus de bons que de mauvais moments, malgré une élimination dont on risque de se rappeler longtemps.

Et la saison prochaine ? L’équipe a de gros trous à boucher en attaque, mais surtout à la ligne bleue. Faudra voir. Il en sera assurément question en début de semaine lorsque Patrice Bosch fera son bilan.

Pour l’heure, il a encore la tête aux quatre derniers matchs.