C’est au Centre des congrès de Québec, bien protégé autant par d’immenses clôtures que par des policiers, que la quasi-totalité des journalistes vont travailler, à partir des informations qui leur seront transmises par les représentants des leaders qui participent au G7 à La Malbaie.

Une salle de prière au G7

CHRONIQUE / Je ne sais pas s’il y aura beaucoup de contenu dans les conclusions à venir du G7, mais les infrastructures sont en place pour en informer la planète entière. J’ai passé une heure mercredi matin dans l’immense salle de presse au Centre des congrès de Québec. Question d’y réserver nos places… premier arrivé, premier servi… et surtout de voir si les installations sont à la hauteur.

Un rappel s’impose : c’est à Québec que la quasi-totalité des journalistes vont travailler, à partir des informations qui leur seront transmises par les représentants des leaders qui participent au G7 à La Malbaie.

Premier constat, la salle de presse propose 500 places assises aux médias, sans compter les Américains… Parce qu’ils débarquent en troupeau nos voisins du sud lorsqu’ils s’intéressent à un évènement international. La «White House Press» s’est fait bâtir une salle fermée pour 200 personnes en sus des 500 places pour les autres! J’imagine qu’on y tiendra des séances de breffage, mais pas pour tout le monde. J’ai vu des situations, dans le passé, où certaines délégations réservaient leurs commentaires aux seuls médias de leur pays. Et comme tout le monde voudra savoir cette année ce qu’on dira du comportement de Donald Trump, il y aura beaucoup d’intérêt pour les séances d’information de la Maison-Blanche. Je ne serais pas surpris de voir les Américains nous fermer la porte au nez de leurs locaux.

Toute grande salle de presse internationale offre également des studios aux médias électroniques comme CBC-Radio-Canada, mais également à ceux de l’étranger. Les gens de la BBC, d’Eurovision et de Radio-France étaient déjà sur place mercredi matin.

Comme au Sommet sur les changements climatiques, on a prévu un espace avec des fauteuils confortables où les journalistes pourront se reposer et même s’étendre. Ça fait convivial comme accueil, sauf que l’espace en question est un îlot central qu’on aurait dû placer dans un coin plus tranquille comme on l’a fait à Paris. Vous allez me demander pourquoi prévoir de telles installations? La réponse tient au fait qu’à l’exception des Canadiens et des Américains, tous les autres journalistes vivront des décalages horaires difficiles. Les Japonais et les Européens devront parfois diffuser en plein milieu de la nuit. Alors vous comprenez qu’une petite sieste, ça s’impose de temps à autre…

Bien sûr, on a prévu de la bouffe pour tout ce monde. Je suis passé par la salle à manger pour voir et sentir… mais le service ne débutera que jeudi matin. En général, Québec nourrit bien les journalistes à ce genre d’évènement. Donc on ne devrait pas avoir honte cette année. De toute manière, on ne sera jamais aussi mauvais qu’au Sommet du G7 à Versailles en 1982. On nous avait servi du pain, des fromages et des pâtés pendant trois jours. La première journée, tout le monde était content parce que le vin et la bière coulaient à flots, mais c’est vite devenu indigeste. 

Le Sommet du G7 qui nous a le mieux nourris est celui de Munich en 1992 : un buffet incroyable servi sous des tentes gigantesques à l’extérieur. Mon ancien collègue Michel C. Auger, qui a la dent sucrée, me pardonnera de rappeler ses propos lorsqu’il a vu l’immense tente de crème glacée : «Le pire c’est qu’on ne pourra pas goûter à tout!»

Revenons donc aux choses sérieuses : il y a même une salle de prière pour l’occasion au Centre des congrès de Québec. Il y en avait une aussi au Sommet de Paris sur le climat, mais c’était pour les musulmans. J’imagine que la nôtre a été prévue pour la délégation de Justin Trudeau qui fera des neuvaines pour que ça se passe bien avec Donald Trump. Rien de moins qu’un miracle! On aurait dû faire ça à Sainte-Anne-de-Beaupré…