Vanessa Roy (Québec Solidaire), Gertrude Bourdon (Parti libéral), Diane Lamarre (Parti québécois) et Danielle McCann (Coalition avenir Québec) ont croisé le fer dans le cadre d’un débat sur la santé organisé à Montréal.

«Un débat sympathique»

CHRONIQUE / Le ministre Gaétan Barrette a dû se «tortiller» sur sa chaise à plusieurs reprises, mercredi, s’il a écouté le débat sur la santé organisé par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ). Parce que c’est lui qui devait représenter le Parti libéral du Québec à ce débat. Et Gertrude Bourdon, qui a dit en blague qu’elle avait «tassé» le ministre pour y présenter les politiques libérales, n’a pas remporté le match.

Il faut dire que c’est difficile de parler de santé en 2 minutes 30 secondes, le temps alloué aux participantes pour répondre aux quatre sujets proposés par la FIQ. Mais Mme Bourdon, qui connaît bien le réseau, a répondu trop souvent dans le jargon administratif du milieu, alors que c’est avec des exemples concrets et des termes simples qu’on passe ses messages en politique.

La découverte dans ce débat a été la candidate de la Coalition avenir Québec, Danielle McCann, qui est arrivée bien préparée, avec des notes et des lignes de presse. Mme McCann est peut-être moins flamboyante que Mme Bourdon, mais elle a démontré une combativité surprenante :  à chacune de ses réponses sur trois des enjeux soulevés, elle a terminé avec une question à l’endroit de Gertrude Bourdon. Exemple : comment pouvez-vous tolérer que les médecins du Québec gagnent plus que ceux de l’Ontario, alors que nos infirmières sont moins bien rémunérées que leurs consœurs de cette province? Autre exemple : pourquoi les libéraux se sont-ils «traîné les pieds» dans le dossier des personnes âgées, alors que leur ministre du temps, Marguerite Blais, proposait plein de solutions? Mme Bourdon n’a pas riposté à ce genre d’intervention. Gaétan Barrette aurait sorti ses statistiques et ses exemples concrets pour défendre son bilan. Remarquez bien qu’il était peut-être préférable que M. Barrette ne soit pas là parce que le débat aurait été probablement été moins sympathique…

Si Danielle McCann a été une découverte par sa combativité, c’est à Diane Lamarre que je donnerais la première place sur le podium à cause du sprint final. «On est dans un débat sympathique, mais quand même, ce que j’entends de Mme Bourdon, c’est que tout va bien dans le meilleur des mondes, alors qu’on a encore 35 % des gens sur l’île de Mont­réal qui n’ont pas de médecin de famille. J’entends Mme McCann qui dit vouloir 36 heures pour voir un médecin, mais je n’ai pas entendu de solution pratique». Diane Lamarre en a profité pour faire état des propositions du Parti québécois.

Si j’avais une autre étoile à offrir à l’issue de ce débat, c’est à Vanessa Roy, une physiothérapeute qui se présente pour Québec solidaire (QS) dans Verdun. Elle connaissait ses dossiers et elle a su offrir des avenues intéressantes sur les enjeux soulevés. Bref, elle serait un bel ajout à l’équipe de QS à l’Assemblée nationale.

Le mérite de ce débat a été de lever le voile sur la situation difficile des infirmières, sur le fardeau des heures supplémentaires obligatoires, le manque de personnel, et les congés de maladie qui sont à la hausse. La plupart des interventions ont montré aussi un désir quasi unanime de changer les règles de la profession afin de laisser plus d’autonomie aux infirmières. On veut briser «le goulot d’étranglement» causé par le recours continuel aux médecins pour des actes qui pourraient être laissés à d’autres professionnels de la santé.

Dommage que les réseaux de télévision n’aient pas jugé utile de diffuser ce débat. Après tout, la santé, c’est la moitié du budget du Québec. Heureusement qu’il y a Internet…