Je vous quitte pour goûter à autre chose, dont voici un aperçu. Et beaucoup plus encore…

Trente fois merci

CHRONIQUE / Nous avions l’habitude de terminer nos textes par un - 30 - lorsque je suis devenu journaliste, en 1971. Peu importe l’origine de cette pratique, le moment est venu de signer mon - 30 - et de vous remercier, amis lecteurs et lectrices, qui m’avez suivi, encouragé ou critiqué pendant toutes ces années.

C’est votre lecture d’un journal quotidien qui m’a permis d’écrire et de laisser une petite empreinte personnelle dans notre histoire collective. Vos nombreux courriels ont nourri ma réflexion et m’ont souvent fait chaud au cœur, même lorsqu’ils se limitaient à un simple «merci».

J’ai encore en souvenir ces 49 messages en réaction à ma chronique du 7 septembre, intitulée : «Changements climatiques, pourrait-on se parler au lieu de débattre?» J’aurais aimé pouvoir vous publier intégralement tellement c’était réconfortant de voir un tel souci pour l’environnement. 

Ce jour-là, j’étais vraiment fier de vous. J’ai transcrit vos noms à la main, sur une feuille, et je les ai montrés à François Legault lorsque je l’ai rencontré en entrevue, espérant le convaincre de l’importance de cet enjeu planétaire. 

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Ça fait toujours un pincement au cœur de quitter un travail qu’on adore et des collègues appréciés dont plusieurs sont devenus des amis. Je leur serai toujours reconnaissant de m’avoir «enduré» comme rédacteur en chef pendant sept ans et de m’avoir si bien accueilli ensuite dans leur unité syndicale. Merci à tous les employés du Soleil qui contribuent à ce véritable miracle quotidien que sont la préparation, la production, la vente et la livraison d’un journal.

Merci de m’avoir confié ce privilège inouï de signer une chronique politique trois fois la semaine, avec pleine liberté d’opinion et parfois même d’émotion. Merci aussi aux quotidiens de Groupe Capitales Médias, Le Droit, Le Quotidien, Le Nouvelliste, La Tribune et La Voix de l’Est, qui m’ont ouvert leurs pages.

La politique m’a toujours passionné. Quand j’étais adolescent sur la ferme de mon père, à Rimouski, on en débattait régulièrement en faisant «le train», surtout après l’éditorial du regretté Sandy Burgess sur les ondes de CJBR. Devenu journaliste, j’appelais mon père à chaque campagne électorale pour avoir son opinion. Roland ne se trompait pas souvent… Libéral sous Jean Lesage, péquiste sous René Lévesque, conservateur sous Mulroney, il a toujours été dans les grands courants de pensée de son peuple. Notre seul différend portait sur la dette du gouvernement. «Comment va-t-on faire pour rembourser ça» disait-il? Je croyais qu’il avait tort. Les faits lui ont donné raison.

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Je pars pour goûter à autre chose, mais pas tout de suite. Je vous reviens samedi pour parler de journalisme et de politique, parce qu’on n’a pas le droit de laisser les forces du marché tuer à petit feu une profession aussi essentielle pour la survie de nos institutions et de nos libertés collectives. Et on n’a pas le droit d’accepter passivement ce glissement vers la droite populiste auquel les Donald Trump de ce monde tentent de nous habituer.

Et puis comme j’aime les voyages, je vous prépare le récit de mes deux dernières escapades : les Îles Galapagos et l’Argentine.

Je termine quand même par un «trente» parce que c’est une belle tradition, mais il y aura un ou deux 31 au cours des prochaines semaines.

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