Patrick Brown est maintenant candidat à sa propre succession dans la course à la direction du parti conservateur en Ontario.

Rattrapage

CHRONIQUE / Je m’étais dit qu’une petite pause avant le dernier droit menant au sprint électoral de l’automne serait salutaire et j’avais raison. Normalement, le prix à payer est le rattrapage qui accompagne le retour au boulot, mais ce n’est pas le cas cette fois-ci : la politique québécoise a ronronné comme en été depuis le début de l’année.

La seule nouvelle qui m’a vraiment fait tomber en bas de ma chaise longue, c’est d’Ontario qu’elle est venue : le chef conservateur Patrick Brown, que les sondages destinaient à la victoire, a démissionné de son poste à cinq mois des élections provinciales en raison d’allégations d’inconduite sexuelle. Ça, mesdames et messieurs, c’est de la nouvelle, et j’en suis jaloux! 

Dommage que ça ne se soit pas produit aux États-Unis dans la foulée des vantardises sexuelles de Donald Trump en pleine campagne présidentielle. Mais non, ses partisans l’ont suivi! Alors qu’en Ontario, on a pris ça au sérieux et le monsieur Brown a démissionné même s’il a réfuté les allégations à son endroit. On aurait pu croire que ça s’arrêterait là, mais non, le voilà de retour! Il est maintenant candidat à sa propre succession dans la course à la direction du parti. 

Ce n’est pas au Québec qu’on nous offre des spectacles politiques aussi imprévisibles. À tout le moins depuis que Pierre Karl Péladeau est retourné sur ses terres.

Le plus fascinant, dans la saga ontarienne, c’est que Brown devra affronter Caroline Mulroney. Quand on connaît le père Mulroney comme je le connais, on comprend tout de suite qu’il fera quelques appels… pour aider sa Caroline. Voilà qui promet.

Pour revenir au Québec, ma seule véritable surprise a été d’apprendre que Jean-François Lisée avait partagé son leadership avec Véronique Hivon. Je comprends qu’il a jadis convaincu Jacques Parizeau de partager la direction de la campagne du Oui avec Lucien Bouchard, en 1995, mais le contexte était différent. Les souverainistes avaient une chance réelle de remporter ce référendum. Alors qu’en 2018, le PQ n’a aucune chance de gagner les élections et donne plutôt l’impression de vouloir sauver les meubles.

L’autre nouvelle, c’est la pétition de Québec solidaire demandant le départ de Gaétan Barrette. Mais est-ce vraiment une «nouvelle»? Pas pour moi. Tout le monde ou presque demande la tête de Barrette, et ce n’est pas prêt d’arrêter. En fait, s’il y a un enjeu connu à l’approche de la campagne électorale, c’est bien le débat sur le ministre de la Santé. Bienvenue dans le club.

Retour au présent : le chef du NPD, Jagmeet Singh, est ouvert à une réouverture du débat constitutionnel et serait d’accord avec une déclaration d’impôt unique gérée par le gouvernement québécois. Rien de moins pour tenter de nous séduire… 

S’cusez-moi, mais je ne le crois pas. Aucun gouvernement canadien, qu’il soit libéral, conservateur, néo-démocrate ou vert, n’acceptera de rouvrir le débat constitutionnel, à moins d’y être forcé par la Cour suprême ou une urgence quelconque. Quant au rapport d’impôt unique géré par le Québec, ce serait agréable, mais c’est tout. Société distincte ou pas, ça n’arrivera pas. Sauf dans un Québec souverain évidemment, mais ça, c’est une autre affaire.

Et puisqu’on traite de politique fédérale, je termine avec le Bloc québécois qui a finalement accepté de verser un salaire de 95 000 $ par année à Martine Ouellet à la fin de son mandat en cours à l’Assemblée nationale. Bizarre qu’il y ait eu controverse sur le sujet. Au nombre d’heures qu’elle y met, ça doit bien donner l’équivalent du salaire minimum. Et la sécurité d’emploi à la tête du Bloc, il vaut mieux ne pas en parler.