Ce qu’aurait le président du Bloc québécois Mario Beaulieu, c’est de crever l'abcès le plus tôt possible, au lieu de prolonger la crise jusqu’en juin. Martine Ouellet a donc gagné du temps et une bataille, mais pas la guerre.

Ouellet gagne une bataille, mais pas la guerre

CHRONIQUE / «Plus ça s’étire, plus ça va être difficile», a lancé Mario Beaulieu, le président du Bloc québécois, à sa sortie du conseil général du parti qui a donné raison à Martine Ouellet. Les délégués ont retenu la proposition de leur chef et du bureau national pour un vote de confiance au début de juin, assorti d’un référendum sur la mission indépendantiste du parti.

Ce qu’aurait souhaité Mario Beaulieu, c’est de crever cet abcès le plus tôt possible, au lieu de prolonger la crise jusqu’en juin. Martine Ouellet a donc gagné du temps et une bataille, mais pas la guerre. Parce que s’il est une chose qui ressort de cette assemblée, c’est que les bloquistes demeurent profondément divisés sur le leadership et la stratégie de leur chef. Le simple fait que 42 associations de circonscription aient tenté en vain de devancer la tenue du vote de confiance montre à quel point les militants sont fatigués de cette querelle interne qui n’en finit plus.

LIRE AUSSI: Martine Ouellet gagne son pari, mais le Bloc reste divisé

Mme Ouellet a également obtenu gain de cause sur le niveau de confiance requis pour conserver son poste : ce sera 50 % plus un. S’il est vrai que techniquement une majorité simple est une victoire, la réalité n’est pas aussi simple. Un leader qui s’acharnerait à diriger sa formation politique avec 50 % plus un des voix n’aurait aucune autorité sur ses troupes. L’autre moitié du parti et de ses membres ne serait pas motivée. Le financement en souffrirait, tout comme le travail des bénévoles pendant les campagnes électorales.

Compte tenu de l’ampleur de la crise au Bloc québécois, il serait fantaisiste de fixer à 75 % le niveau de confiance requis pour Martine Ouellet à la direction de ce parti. 

Mais il est tout aussi fantaisiste d’affirmer qu’elle pourra continuer à diriger le Bloc québécois si elle obtient 50 % plus un des voix. Elle a beau faire valoir que Justin Trudeau a été élu premier ministre du Canada avec le tiers des votes enregistrés, on ne parle pas de la même chose. Les campagnes électorales opposent plusieurs partis et divisent les voix. Tandis qu’un vote de confiance ne donne que deux options aux militants : oui, ou non.

Ce qui s’est passé à Drummondville n’est pas de nature à ramener les députés démissionnaires au bercail, d’autant plus que Mme Ouellet les a critiqués à nouveau devant les membres… avant de leur tendre la main. Comme diplomatie, ce n’est pas très éloquent. 

Amende honorable…

L’erreur est humaine, mais c’est toujours un peu humiliant d’avoir à l’admettre. Dans mes «clins d’œil de la semaine», publiés dimanche, j’ai fait état de la présence de six universitaires québécois à un colloque sur les questions constitutionnelles à Bruxelles, aux côtés du ministre Jean-Marc Fournier. 

J’étais dans l’erreur: le ministre était bien là, mais pas les professeurs mentionnés, sauf François Rocher de l’Université d’Ottawa.

Ma recherche sur Internet à l’origine de ce texte m’a dirigé vers un autre colloque… en 2008, et je suis tombé dans le panneau comme un débutant. 

Mes excuses aux universitaires concernés, soit Réjean Pelletier, José Woehrling, Nelson Michaud, Stéphane Paquin et Éric Montpetit. 

Mais d’autres professeurs ont bel et bien participé au colloque de 2018. Il s’agit plutôt de Patrick Taillon, Dave Guénette et Amélie Binette de l’Université Laval, de Johanne Poirier de McGill, François Rocher de l’Université d’Ottawa, Valérie Lapointe-Gagnon de l’Université de l’Alberta, Kate Glover de Western University, et Félix Mathieu de l’Université du Québec à Montréal.

M’appuyant sur la transparence requise pour les élus, j’avais demandé des détails sur le financement de ces colloques. La réponse a été tout, sauf transparente.