Le chef de la CAQ, François Legault, a récemment été pris au dépourvu lorsque la journaliste Geneviève Lajoie lui a demandé d'expliquer pourquoi il était fédéraliste...

Mes clins d’œil de la semaine

Fier d’être Canadien

On peut faire bien des reproches à Philippe Couillard, mais pas celui de taire ses convictions fédéralistes.

Quand Jean-François Lisée lui a demandé s’il était fier d’être Canadien malgré l’acquisition du pipeline de Kinder Morgan par le gouvernement Trudeau, le chef libéral s’est exécuté sans jouer sur les mots: «Oui, je suis fier d’être citoyen canadien et d’être un Québécois qui exprime son identité québécoise par son appartenance canadienne, monsieur le président. Et je vais le répéter haut et fort. C’est un des grands, grands cadeaux de notre histoire, monsieur le président, c’est un des grands cadeaux de notre histoire que d’avoir les deux héritages, l’héritage fier des francophones qui ont peuplé l’Amérique du Nord, qui se sont rendus jusqu’aux Rocheuses, et d’avoir aujourd’hui, en plus, cette citoyenneté canadienne. Je le réclame, je réclame tout mon héritage».

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Fier aussi, mais sans passion

D’accord ou pas avec Philippe Couillard, il faut reconnaître qu’il a été plus clair sur le sujet que François Legault. Le chef de la CAQ a déjà clamé sa fierté en 2016, mais jamais avec des accents aussi convaincants:  «Je suis fier de ce qu’on a construit et le Canada, ça a commencé ici au Québec» avait-il déclaré à l’époque. 

Plus récemment, il a été pris au dépourvu pendant une entrevue avec la journaliste Geneviève Lajoie, qui lui a demandé d’expliquer pourquoi il était fédéraliste. Il a finalement déclaré qu’il appréciait le «filet social» que le pays offre aux citoyens moins nantis. Un filet social, soit dit en passant, qui relève des provinces…

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La fierté de Lisée

Jean-François Lisée aussi a sa fierté, mais pas à l’endroit de l’actuel Bloc québécois. Quand Philippe Couillard lui a demandé pour qui il avait voté aux dernières élections, Lisée a répondu ainsi: «J’ai voté, avec grand plaisir, pour le parti de Gilles Duceppe».

Ah bon, a rétorqué le premier ministre. «Doit-on donc conclure qu’il y a un désaveu de sa part pour la députée de Vachon? Ça me semble un peu étrange. Je pense qu’il aurait avantage, pour maintenir l’unité dans ses troupes, monsieur le président, à clarifier cette question-là».

Lisée n’a pas eu besoin de clarifier la chose. On sait tous qu’il n’a jamais eu de bonnes relations avec Martine Ouellet.

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Frustrant, la politique

Philippe Couillard n’a pas l’habitude d’exhiber ses frustrations, mais on a bien senti son humeur mardi, quand François Legault lui a reproché d’avoir diminué les budgets pour les écoles primaires et secondaires. «Monsieur le président, la raison pour laquelle il est capable de dire ça aujourd’hui, c’est parce qu’il sait qu’on a rétabli l’équilibre budgétaire puis qu’il y a des marges de manœuvre. C’est facile à dire, c’est tellement facile à dire».

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Poëti

On a tous compris pourquoi Robert Poëti a décidé de quitter la politique à la fin de son mandat. C’est dur ce métier et c’est ingrat. À 62 ans, bientôt 63, le ministre pourra toucher sa pension de la SQ et celle du gouvernement, en plus d’encaisser son indemnité de départ d’environ 150 000 $. Qu’auriez-vous fait, à sa place?

Mais peu importe ses raisons, tout le monde a trouvé que M. Poëti avait manqué de classe en ne prévenant pas son chef avant d’en faire l’annonce au caucus. La réaction de M. Couillard à son départ a été beaucoup plus généreuse.