L’accueil des médias a donné les manchettes souhaitées aux libéraux malgré les quelques critiques soulevées à l’endroit de leur budget.

L’argent ou le changement?

CHRONIQUE / Les Québécois vont-ils opter pour l’argent ou le changement aux prochaines élections? Tiennent-ils aux milliards de dollars du budget de mardi au point d’oublier leur désir de changements exprimé depuis plusieurs mois dans les sondages d’opinion? Voilà la question.

Les libéraux jubilaient à la période de questions de mercredi matin. Malgré les quelques critiques soulevées à l’endroit de leur budget, l’accueil des médias leur a donné les manchettes souhaitées. Et du haut des galeries à l’Assemblée nationale, on a pu constater la frustration des partis d’opposition. Comment répondre à ce budget qui a saupoudré de l’argent un peu partout? J’ignore si c’est la raison pour laquelle Éric Caire a donné un de coup de poing sur son pupitre en écoutant une réponse de Philippe Couillard, mais ce n’était pas la joie sur les banquettes de l’opposition.

Comment réagir à une stratégie libérale aussi électoraliste? En raison de sa position de tête dans les sondages, c’est vers François Legault que les regards se tournent. En point de presse, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis de maintenir le financement à la santé et à l’éducation promis par les libéraux. Mais une fois au pouvoir, il verrait à une meilleure utilisation de ces fonds : «moins de bureaucratie et plus de services». M. Legault se dit également confiant de récupérer le milliard de dollars «de trop» consenti aux médecins spécialistes. Ça n’a pas fait les manchettes…

Au fond, la meilleure réponse de la CAQ, à ce budget, a été l’annonce de la candidature de l’animatrice Caroline Proulx contre le péquiste André Villeneuve dans Berthier. Tout comme pour la victoire de Geneviève Guilbault dans Louis-Hébert à Québec, la stratégie de François Legault est de démontrer que son parti a le vent dans les voiles et qu’il continue d’attirer de bons candidats. La CAQ a eu 31 % des voix dans Berthier aux dernières élections, contre 39 % pour le péquiste André Villeneuve. C’est une circonscription prenable.

Les stratèges de la CAQ font valoir qu’ils continueront d’annoncer de bons candidats. Mais le dévoilement des candidatures vedettes ne se fera qu’à la toute veille du déclenchement de la campagne, à la fin août. L’idée est donc d’incarner et d’offrir le changement, en opposition aux 15 années de régime libéral.

Quant à la plateforme électorale, le parti de François Legault estime que le clientélisme du budget libéral, qui distribue de l’argent à tout le monde, n’est pas un atout pour Philippe Couillard. Il n’est donc pas question de «faire de la surenchère». Les caquistes estiment qu’ils seront plus persuasifs en prenant des engagements qui intéressent tout le monde et qui frapperont l’imaginaire, au lieu de faire concurrence aux engagements multiples des libéraux.

Vincent chez Manon

Grosse surprise dans le milieu de la presse : Vincent Marissal rejoindrait Gabriel Nadeau-Dubois chez Manon Massé à Québec solidaire. Ça prend du courage, surtout qu’il affronterait Jean-François Lisée dans Rosemont. Il faudra attendre pour la confirmation. Mais le 22 mars, il a invité les gens sur Twitter à participer à la marche de Polysesouvient contre les armes à feu. Et samedi, il a répondu au message d’appui de la mairesse Valérie Plante en ces termes : «Nous étions aussi, quelques centaines de vos concitoyens à marcher à Montréal. Pas un seul élu en vue. Et très peu de francophones.»

Pas un seul élu en vue…sauf Vincent? Peut-être un jour… Lorsqu’il a quitté La Presse, parce qu’on lui enlevait sa chronique, il a écrit qu’il se sentait «comme Mick Jagger à qui on aurait demandé de jouer de la musique de chambre». Affronter Lisée ne sera pas de la musique de chambre, mais du gros rock and roll.