Eugenie Bouchard a remporté le Challenger Banque Nationale de Granby en 2012. Après avoir grimpé jusqu’au cinquième­ rang mondial, la Montréalaise est actuellement classée 116e.

Eugenie et Vasek de retour à Granby?

CHRONIQUE / Les creux de vague font partie de la carrière des joueurs des tennis. Même les plus grands n’y échappent pas.

En 2012, Eugenie Bouchard et Vasek Pospisil ont remporté le Challenger Banque Nationale de Granby, ce qui a constitué un point tournant dans leur carrière. Granby leur a donné confiance et ils ont ensuite accumulé les belles performances partout dans le monde.

En 2014, Bouchard s’est hissée au cinquième rang mondial et Pospisil, au 25e. Il semblait clair, à ce moment-là, qu’on ne les reverrait plus jamais à Granby.

Pospisil est venu très souvent chez nous. La première fois, il avait 16 ans. On l’a vu grandir, on l’a vu progresser. Et j’ai toujours eu une très bonne relation avec lui. Dans la victoire comme dans la défaite, il ne m’a jamais refusé une entrevue. Même si, après certains revers cruels, il n’était probablement pas toujours heureux de me voir arriver avec mon calepin et mon crayon.

Mais toujours est-il que lors d’un échange de courriels que j’avais eu avec lui en 2014, soit peu de temps après qu’il ait atteint le 25e rang mondial, je lui avais dit que j’avais toujours apprécié le respect qu’il avait démontré en regard du travail des journalistes à Granby, que j’avais toujours aimé faire affaire avec lui. Il m’avait répondu : « Merci, mais une carrière, c’est long ! Qui sait si on ne se reverra pas chez vous un de ces quatre ! »

Après des années 2016 et 2017 en dents de scie (il a chuté jusqu’au 137e rang), Pospisil a décidé de reprendre la route des challengers pour « refaire » son classement. Et si le tournoi de Granby avait lieu cette semaine, il y serait. Car voyez-vous, il participe actuellement à celui de Drummondville, un tournoi considéré moins fort que celui de Granby.

Reprendre la route des challengers s’avère une stratégie payante pour l’athlète de la Colombie-Britannique. Ainsi, après avoir terminé 2017 au 108e rang, il est actuellement 75e après avoir remporté les tournois de Rennes, en France, et de Budapest, en Hongrie. À Drummondville, cette semaine, il constitue toute une attraction.

Il reste encore un gros quatre mois avant la présentation du Challenger de Granby. Mais si, au moment des inscriptions, Pospisil n’est pas encore tout à fait satisfait de son classement, qu’il a encore besoin de points afin d’accéder directement au tableau principal des grands tournois, il n’hésitera pas une seconde à se planifier un voyage dans le coin, soyez-en assurés.

Des gros noms, des joueurs qui sont passés par Granby pour « refaire » leur classement, on en a vu plusieurs. Le premier exemple qui me vient toujours est tête est celui du Belge Xavier Malisse, qui s’est retrouvé ici en 2009 après avoir fait les demi-finales à Wimbledon. Miné par les blessures, il était descendu jusqu’au 217e rang mondial. Mais il a triomphé à Granby et, peu de temps après, il a retrouvé sa place parmi l’élite.

Fin des années 90, on avait failli voir… Andre Agassi chez nous. L’Américain revenait d’une longue absence en raison d’une blessure à un poignet et, en faisant son horaire, il avait hésité entre Granby et Lexington, au Kentucky. Il avait finalement préféré jouer dans son pays.

L’égo d’Eugenie 
On ne s’attardera pas au comment et au pourquoi des déboires d’Eugenie Bouchard sur le court. Il n’en demeure pas moins que la Montréalaise, actuellement classée 116e au monde, n’aura pas le choix de reprendre la route des challengers afin de retrouver sa confiance et ainsi espérer reprendre sa place parmi les meilleures de son sport. Si c’est bien ce qu’elle veut, évidemment.

Car malgré ses contre-performances et même si son agent et ses commanditaires l’abandonnent, Eugenie est une star mondiale. Refaire des challengers sera un très dur coup à son égo. Et elle risque de trouver ça encore plus difficile de le faire chez elle, au Québec, alors que les médias ne voudront rien manquer de son retour en arrière.

Eugenie Bouchard à Granby au mois de juillet ? Oui, c’est possible. Mais il y a un pas qu’elle devra accepter de faire.