Ciryl Gane a été sans pitié pour Adam Dyczka.

Et qu’est-ce qui attend Adam Dyczka maintenant?

«Pis M. Tassé, il va faire quoi, Adam, maintenant ? »

Cette question, elle m’a été posée plusieurs fois depuis samedi. À l’épicerie, à la station-service, à la garderie et même par mon voisin, qui me parlait de sport pour la toute première fois en 10 ans !

La question est totalement pertinente et elle mérite qu’on s’y attarde. Mais je peux vous garantir une chose : la dernière personne à pouvoir y répondre, présentement, c’est Adam Dyczka lui-même.

Dyczka avait la mine très basse à la suite de sa défaite par arrêt de l’arbitre au deuxième round devant Ciryl Gane vendredi soir. J’oserais même dire qu’il était gêné. Clairement, sa fierté en avait pris un coup… peut-être même encore plus que son visage. Ce qui n’est pas peu dire, croyez-moi.

Pourtant, il n’avait pas à être gêné ou à avoir honte. Il venait de perdre contre un combattant de très grande qualité. Et il s’agissait de sa toute première défaite en carrière en neuf combats, si on se permet d’inclure la victoire qu’il avait remportée (et qui lui a été retirée) face à Bakary Sakho.

Michel Bergeron a déjà dit : « C’est dans la défaite qu’on reconnait et qu’on forme les champions ». J’ai toujours aimé cette citation et j’ai toujours cru qu’il avait absolument raison.

À l’heure où on se parle, Dyczka est à terre. Probablement plus encore qu’après avoir perdu son titre des lourds de TKO MMA pour cause de dopage en janvier dernier. Mais s’il a rebondi une fois, il est capable de rebondir deux fois.

Mais évidemment, il doit tirer des leçons de ce qu’il a vécu vendredi dans l’octogone du Centre Vidéotron. Honnêtement, même si Gane semblait dans une autre ligue, j’ai peine à croire que la seule conclusion qui s’impose soit : « Il était trop fort, point ».

Parlant de Gane, il a quitté l’hôpital lundi après-midi après avoir été opéré. C’est finalement avec un poumon perforé, et non juste avec une blessure aux côtes, qu’il s’est battu l’autre soir. Dans les circonstances, la performance qu’il a offerte est d’autant plus impressionnante.

La suite
Mais revenons à la question qui sert de prétexte à cette chronique. Qu’est-ce qui attend Adam Dyczka maintenant ?

Le Granbyen, on le sait, a encore un combat à disputer à l’intérieur du contrat qui le lie à TKO MMA. Reste à savoir si ce sera en décembre, au Centre Bell, ou plus tard. Mais il devra le livrer.

À la suite de la soirée de vendredi, le promoteur Stéphane Patry a affirmé qu’il allait travailler à lui trouver un « défi intéressant » pour son dernier combat. En fin de semaine, certains ont suggéré le nom de Bobby Sullivan, probablement le combattant le plus coriace que Dyczka a affronté avant Gane, comme adversaire potentiel. Les deux hommes sont toutefois devenus de bons copains et il n’est pas certain qu’ils voudront en découdre à nouveau dans l’octogone.

Mais après ? Après ce dernier combat prévu à son contrat avec TKO MMA ?

Dyczka et Patry ne sont pas les deux meilleurs amis du monde, mais le premier n’aura peut-être pas le choix de s’entendre avec le second s’il veut poursuivre en arts martiaux mixtes. TKO MMA demeure l’organisation la plus importante en AMM au pays et l’appel de l’UFC, celui que Dyczka attendait avec impatience, ne viendra assurément pas tout de suite pour des raisons assez évidentes.

Dyczka pourrait-il être tenté à nouveau par la boxe ? Groupe GYM, on le sait, voulait l’inclure à son gala de l’été à la Place Bell, mais Patry n’avait pas voulu le libérer de son contrat. Les bons poids lourds ne sont pas plus nombreux en boxe qu’en arts martiaux mixtes et, à court terme, Dyzcka ferait peut-être plus d’argent en boxe. Peut-être.

Dyczka panse actuellement ses plaies. Physiques et… mentales, surtout. Mais les prochains mois amèneront leur lot de décisions très importantes à prendre. En espérant qu’il soit bien conseillé.

Le cœur d’une mère
Comme à chaque fois, Sandra Adam, la mère de Dyczka, a assisté au combat de vendredi. Elle n’avait jamais vu son fils perdre, elle n’avait surtout jamais vu son fils manger une telle raclée.

Pendant que Ciryl Gane attaquait son garçon sans pitié, j’ai regardé un moment dans les gradins. Et j’ai vu Mme Adam. L’image était forte et, pour tout vous dire, elle était triste à mourir.

Mme Adam avait les larmes aux yeux, une main devant sa bouche. Elle était impuissante devant ce qui se passait devant elle. Et ses yeux semblaient dire : « Mon Dieu, faites que ça arrête, faites que ça arrête ! »

Ça reste l’image qui me revient le plus souvent quand je repense à vendredi.