Esprit libre

CHRONIQUE / Je sais. La question à savoir OÙ je suis allée pendant mes vacances vous brûle les lèvres.

Pourquoi je sais ça?

Parce que tout le monde à qui j’ai dit que j’étais en vacances, pendant mes vacances, me demandait inévitablement où je prévoyais aller pour mes vacances ET que tout le monde, après mes vacances, m’interrogeait pour connaître le lieu où j’étais allée pendant mes vacances.

Visiblement, ce mot rime dans la bouche de plusieurs avec «sacrer son camp».

Pas dans mon livre à moi. Du moins, pas cette année.

C’est clair que nous avons fait de petites sorties en famille ici et là, mais bien franchement, la grosse partie de mes vacances, je l’ai passée chez nous, dans ma piscine.

La canicule explique bien sûr cette sédentarité, mais dans le fond, mes filles et moi (mon chum, le père de mes enfants, n’avait qu’une semaine de congé avec nous) aimons être à la maison.

Car c’est ça aussi les vacances. C’est relaxer. Faire ce qu’on veut, quand on veut. Dans le domaine, en trois semaines, notre trio est devenu expert!

Un de mes grands plaisirs pendant les vacances est de me lever à pas d’heure. À ce titre, je me suis gâtée. L’été, j’aime bien aller bruncher au resto et faire réchauffer mon café plus souvent qu’à l’habitude. Manger une molle en plein après-midi. Lire avant le souper. Écouter des films même s’il fait beau. Me baigner même s’il pleut.

J’aime faire des choses toutes simples, mais qui font du bien.

Ralentir le rythme m’a d’ailleurs permis de découvrir des choses qui, en temps normal, n’auraient sans doute jamais attiré mon attention.

Cet été, j’ai ainsi appris à dire, une fois pour toutes, le mot EDAMAME.

Le nom de cette fève de soya ne me rentrait pas dans la tête.

Endémane? Édamane? Jamais je n’arrivais à le prononcer correctement. C’est Sébastien Benoit, animateur de l’émission Coups de food, sur canal Évasion, qui me l’a appris alors qu’il se bourrait la face à la Taverne Saint-Sacrement en compagnie de l’humoriste Jean-Thomas Jobin.

On doit donc dire é-da-ma-mé.

Sur le coup, j’ai douté de sa prononciation. J’ai donc cherché et j’ai dû lui donner raison. On dit vraiment é-da-ma-mé. Une affaire de réglée.

Une autre chose que j’ai découverte pendant que j’avais la switch à off, encore dans le domaine de la linguistique, mais cette fois plus du côté de la sémantique, c’est le vrai titre d’un cantique de Noël que tous chantent depuis près de 200 ans. Je ne cherchais pourtant pas dans le rayon des chansons du temps des Fêtes. D’ailleurs, je refuse d’entendre ce type de musique l’été.

Bref, en cherchant les paroles d’une chanson sur Internet, la virgule entre les mots minuit et chrétiens dans le titre Minuit, chrétiens m’a sauté aux yeux, effaçant du coup une croyance ancrée en moi depuis toujours.

J’ai toujours pensé que chrétiens, dans cette phrase, qualifiait le mot minuit.

Un minuit chrétien. Mais non! Chrétiens, pris entre deux virgules et avec un S à la fin, ce que j’ignorais aussi, est ici un nom. C’est comme si on disait, Midi, gang, c’est l’heure du lunch! Dans ce cantique, on s’adresse aux chrétiens. Et c’est comme ça depuis 1843! Il était temps que j’allume!

Pour ceux et celles que ça inquiète, j’ai quand même réussi à me reposer l’esprit pendant mes trois semaines.

J’y pense.

Aux gens qui se demandent si j’ai profité de mes vacances pour aller quelque part, je leur répondrai ceci: je suis allée... trrrrrrrrès loin!