Enthousiasme

J’ai déjà été réfractaire à utiliser les textos, mais j’avoue qu’ils sont sacrément pratiques. On peut communiquer et poser de rapides questions sans trop déranger quelqu’un.

Désirée me texte d’ailleurs fréquemment pour me rappeler d’acheter du lait, du pain, une caisse de vin après une mauvaise semaine, etc. Ses messages ne sont pas toujours pertinents, mais bon, je ne peux lui reprocher de vouloir me joindre à tout moment puisque je suis d’un naturel divertissant.

Mais c’est une mode qui a son lot d’inconvénients. Un texto, d’abord, c’est froid. Et on l’utilise parfois pour éviter d’avoir à parler avec une personne qu’on aimerait normalement éviter.

Aussi, on me dit que chez les ados le texto a remplacé le coup de téléphone classique et le face-à-face encore plus classique comme mode de communication principal. À la sortie des classes, on peut apercevoir des hordes de jeunes avec les yeux rivés sur leur téléphone en tout temps.

Je serais prompt à déplorer cette frénésie qui m’énerve autant que vous, comme le vieux con que je suis presque, si je ne me souvenais pas qu’aux premiers jours des cellulaires (alors que j’étais l’université), TOUT le monde avait TOUJOURS son maudit téléphone à l’oreille. Certains même pendant les cours. C’était gossant au possible.

Autres temps, autres mœurs. Maintenant, c’est les textos. Demain, ce sera autre chose. Peut-être que la télépathie électronique fera son entrée dans les produits de consommation courante. Tu penses à quelque chose et hop ! , ton interlocuteur le sait. Dans mon cas, ça poserait certains problèmes de censure, mais bon.

D’ici là, je remarque qu’entre hommes il y a, comme avec les poignées de main, toute une série de subtils codes avec les textos. Tenez, avec mon patron, même les textos les plus simples sont chargés de sens.

Avec le temps, j’ai découvert, quand je lui écris, que la gradation de son enthousiasme est perceptible seulement par la façon dont il utilise l’acronyme « ok ».

Si c’est « Ok ! », je sais qu’il est content parce qu’il y a au moins une majuscule et un point d’exclamation. Si c’est seulement « ok » (remarquez la tristesse), sans majuscule ni ponctuation, je sais que ma proposition ne l’enchante guère, mais pas assez pour susciter une opposition en bonne et due forme.

Tenez, hier matin, il m’a répondu « Ok » à une proposition. Voilà qui est ambigu. Pas de ponctuation, mais il y a au moins une majuscule qui sauve la mise. Autrement dit, il est mitigé.

Qui a dit que les hommes ne communiquaient pas ?

Avec honneur
Les chroniqueurs de tout acabit s’en sont donnés à coeur joie, cette semaine, au sujet de la mort annoncée du Bloc québécois.

Le ton est à l’oraison funèbre, mais si on regarde la chose froidement, on se rend compte que la fin du Bloc est tout à fait honorable.

Au-delà de l’hémorragie actuelle et de l’incompréhensible volonté de la chef Martine Ouellet de faire du Bloc le véhicule de l’indépendance du Québec à… Ottawa, il faut se rappeler que les déboires de ce parti durent depuis longtemps.

En fait, il a été victime de son succès, comme l’a déjà démontré la chroniqueuse Chantal Hébert dans L’actualité.

L’idée de départ, lors sa fondation en 1991, était pour le Bloc de représenter les intérêts du Québec à Ottawa, d’avoir une contrepartie du Parti québécois dans la capitale.

Avec le temps, de nombreux analystes ont fait le constat qu’il a si bien fait son travail qu’il en a perdu sa nécessité. La majorité des Québécois se sentent aujourd’hui très bien représentés à Ottawa par d’autres partis, comme en témoignent les résultats électoraux.

Bref, c’était une bonne idée, mais toute bonne chose a une fin. Amen.

Cette chronique fera relâche la semaine prochaine pour cause de, hum, semaine de relâche.