Il fut un temps où je faisais du ski de fond presque chaque semaine que l’hiver durait. C’était l’époque, grandement révolue­, où j’étais célibataire, sans enfants et avec cheveux.

Du fond, du cœur

Il fut un temps où je faisais du ski de fond presque chaque semaine que l’hiver durait. C’était l’époque, grandement révolue, où j’étais célibataire, sans enfants et avec cheveux.

(Y’a pas de lien entre ces trois éléments, c’est juste une coïncidence, je crois.)

Aujourd’hui, je suis heureux quand je peux m’extirper de mes responsabilités familiales — environ une fois par mois — pour aller en faire à Rougemont.

(J’allais à Granby avant, où le Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin offre de belles pistes, mais maintenant que j’habite la MRC de Rouville je ne veux pas trop m’épivarder.)

On ne trouve jamais personne pour aller en ski de fond avec soi (voir neuf paragraphes plus bas pour l’explication), alors j’y vais seul. Mais c’est pas grave parce qu’il y a le Club de ski de fond et de raquette de Rougemont.

C’est pas un club avec un portier à l’entrée, des effets de lumières et des cocktails, mais c’est tout comme.

Pour 10 $, vous avez accès à plusieurs sentiers et à un chalet tout équipé : location d’équipement, établi pour farter (oui, c’est un vrai verbe) vos skis avec cire fournie, salles de bain, tables, poêle et Jacqueline, Florent et Claude qui veillent bénévolement au grain.

On peut aussi acheter du café et des friandises sur place. Parce qu’exercice physique et galette de chocolat vont de pair, non ?

L’endroit est un peu dur à trouver, j’avoue. Il faut longer lentement le rang de la Montagne, ou route 229, pour apercevoir la pancarte du club plantée au milieu d’un champ. On emprunte ensuite un chemin de terre qui nous mène entre deux granges ; tournez à droite, stationnez-vous devant les bœufs et vous êtes rendus.

C’est un peu en retrait, mais ça en vaut la peine.

Les sentiers sont tracés et la plupart sont à flanc de montagne, ce qui les rend un peu difficiles, mais personnellement je n’aime rien de mieux que de suer un bon coup en grimpant çà et là pour ensuite redescendre à toute vitesse.

Comme il s’agit de terrains privés, il faut faire attention aux tubulures de cabane à sucre qui traversent certains sentiers et menacent de vous décapiter à tout moment. Ok, c’est pas si dangereux que ça, elles sont molles et plutôt hautes… Je recommande quand même de regarder en face en descendant.

Dans le bois, le calme est total, si ce n’est l’occasionnel cri d’interrogation du skieur ou raquetteur devant les cartes indicatrices pas toujours claires.

Le ski alpin et le ski de fond sont comme Tom Cruise et son cousin. Connaissez-vous le cousin de Tom Cruise ? Il s’appelle William Mapother. Acteur lui aussi, il est moins attirant et populaire que Tom, bien sûr, mais il gagne à être connu.

Le ski de fond, c’est pareil. Moins cher que son cousin, il est plus accessible et permet un entraînement plus complet. T’as pas juste mal aux jambes après, aux bras aussi !

Et à ceux qui trouvent ça plate, je dis : amenez-vous une carabine et arrêtez-vous sporadiquement de skier pour faire semblant de tirer sur des cibles, comme aux Olympiques. Ça change le mal de place.

Non, le ski de fond n’est pas plate, mais ça prend du cœur !

Les murs
La fin du film Black Panther (présentement à l’affiche) m’a surpris par sa position éditoriale.

En parlant de sa nouvelle philosophie d’ouverture, le personnage principal/roi du pays africain fictif de Wakanda déclare qu’« en période de conflit, les sages construisent des ponts alors que les sots construisent des murs ».

Ce n’est qu’une question de temps avant que Donald Trump ne tweete : « Black Panther est un mauvais film. Triste », mais ne l’écoutez pas.