Donnez donc!

Au cours des deux dernières semaines, on s’est donné la main, des bisous, des câlins, donc nos microbes. On s’est donné des cadeaux, des nouvelles et nos recettes de petits pains fourrés. Pendant deux semaines, on s’est donné du trouble, de l’ouvrage. On s’est donné rendez-vous.

En gros, ça fait deux semaines qu’on se donne!

Devinez ce que je voulais vous inviter à faire plus en 2018?

Donner!

Donner, dans le sens altruiste du terme, fait du bien. 

Même les plus petits gestes de bonté ont un effet positif, autant sur la personne qui le pose que pour celle qui le reçoit. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est un super docteur psychologue clinicien du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse! 

Donner de son temps, des compliments, de l’attention fait chaud aux cœurs.

Assis autour d’un xième repas dans le temps des Fêtes, la conversation a soudainement virée sur Midas. 

Hormidas, c’est mon grand-père du côté de mon père. Hormidas Gaboriault. 

Malheureusement, je n’ai pas eu la chance de le connaître. Midas est parti en janvier 1973 et moi, je suis arrivée en décembre 1975.

J’en ai toutefois beaucoup entendu parler. 

Midas avait le cœur sur la main. Chauffeur d’autobus par plaisir (il travaillait à temps plein comme opérateur à la centrale d’Hydro-Québec à Saint-Césaire ), il semble avoir marqué toute une génération d’enfants par sa bonté. Ma tante racontait ce soir-là qu’il offrait souvent (en cachette) un lift à des dames qui se rendaient ordinairement au travail à pied. 

Il voulait leur épargner des pas. 

Des fois, après l’école (toujours en secret), il faisait un arrêt à la crèmerie du coin pour acheter un cornet-de-crème-à-glace à tous les enfants qu’il transportait dans son autobus. 

Faire plaisir aux autres et rendre service faisaient partie de ses activités préférées. 

Un jour, Midas a embarqué des pouceux à Saint-Césaire. Le couple, qui venait de Boston, cherchait à se rendre à Expo 67. En deux temps, trois mouvements, ils se sont retrouvés à l’entrée du site sur l’Île Notre-Dame! C’est tout juste si Midas ne leur a pas acheté leur passeport «adulte» et une barbe à papa.

Mon père est pareil. Toujours le premier à ouvrir la porte aux autres. Toujours celui qui intervient si quelqu’un tombe dans la cour du centre d’achats. Avec sa souffleuse, s’il pouvait ouvrir la rue Yamaska au grand complet et toutes les cours qui s’y jettent, il le ferait. À la maison, mon père est toujours prêt à nous aider, mon chum et moi. En dedans comme en dehors de la maison. Il conduit les filles à l’école ou la danse. Il lave l’auto, booste le camion, passe la tondeuse, peint la galerie, etc.

«C’est juste normal de rendre service!, qu’il m’a dit quand je l’ai appelé pour lui demander d’où ça vient cet élan de générosité. Pour moi, pis c’était pareil pour popa, c’est automatique. Quand t’’as le temps, quand t’es pas trop occupé, c’est normal d’aider les autres.»

C’est une façon de se rendre utile, qu’il a ajouté.

«C’est valorisant. Pis une autre affaire que me disait tout le temps popa, c’est de toujours aller chercher la personne seule dans le coin.»

À ces paroles, je me suis revue en cinquième secondaire, toute croche de voir une petite nouvelle de première seule dans son coin lors d’une sortie scolaire. L’image était tellement triste, que je suis allée la chercher pour qu’elle vienne s’amuser avec nous, les grandes. 

Ce jour-là, Midas, comme mon père, venait d’agir à travers moi. 

Et c’est comme ça depuis. C’est inscrit dans mon ADN. Ils m’ont donné l’exemple. 

J’aime donner de mon temps. Faire plaisir aux autres. Les aider. Être la pour eux. Les écouter. Les faire rire. Avec plus de temps devant moi, je le ferais encore plus. Mais sachez qu’on n’a pas besoin d’offrir la lune. Un petit geste tout simple peut, à lui seul, faire une grosse différence.

Et même si l’hérédité s’en occupe en partie, je tente de donner le goût à mes filles d’en faire autant.

Une année dans ce billet, je vous invitais à oser. Au début de 2017, je vous souhaitais du temps.

Cette fois, je vous invite à oser donner du temps. C’est bon pour la santé.

Tout est dans tout!

Bonne Année 2018!