J’ai toujours aimé les saunas et je trouve peu de gens avec qui partager cette passion de suer sans avoir à bouger (n’est-ce pas le meilleur des deux mondes ?).

Dépendance affective

CHRONIQUE / J’ai toujours aimé les saunas et je trouve peu de gens avec qui partager cette passion de suer sans avoir à bouger (n’est-ce pas le meilleur des deux mondes ?). Ça remonte au temps où j’étais toujours très nerveux. Les saunas me faisaient alors un bien fou. Avec le temps, l’effet s’est amoindri, mais il n’en est pas moins agréable.

La semaine dernière, Désirée et moi avons poussé l’audace jusqu’à se rendre dans un spa nordique alors qu’il faisait 40 degrés à l’ombre. Mon cœur a palpité un peu plus que d’habitude entre les saunas et les bains froids, mais c’était une belle journée. Sauf pour le tiers des clients (je dirais une vingtaine) qui n’ont pas lâché leur téléphone cellulaire de la journée. Leur cellulaire, crisse ! Au spa !

C’est peut-être parce qu’on était à Montréal. C’est connu, à Montréal, les gens sont importants. Ils brassent de grosses affaires. Surtout en maillot de bain ou en peignoir en train de manger de la luzerne.

Il y avait des pancartes partout qui interdisaient les cellulaires au même titre que la drogue, les animaux de compagnie et les masses d’armes (pour ceux qui n’ont pas passé leur jeunesse à lire des « livres dont vous êtes le héros » comme moi, une masse d’arme est un bâton surmonté d’une chaîne elle-même surmontée d’une grosse boule de métal avec des pics. Comme arme médiévale, ça torchait).

Ce n’était visiblement pas suffisant pour extraire ces malheureux esclaves de leur dépendance affective envers cette technologie que l’on aime à croire que l’on contrôle, alors qu’en fait c’est l’inverse.

Il y avait même un gars qui se promenait entre les bronzeurs sur leurs chaises longues, cellulaire à l’oreille, en train de régler assurément des dossiers très importants comme la couleur de son prochain char.

Bref, cet aspect-là était déprimant. Je me console — et me donne foi en l’avenir — en me disant que je n’ai jamais constaté de comportements aussi débiles dans les spas des Cantons-de-l’Est. On sait vivre, nous autres !

Bye bye !
Le moment est venu de vous dire au revoir. Je ne quitte pas La Voix de l’Est, bien sûr (qui voudrait quitter La Voix de l’Est ? On a des collègues cools et un suricate géant à l’entrée), mais après 10 ans comme chroniqueur à temps partiel, le temps est venu pour moi de passer à autre chose et de me consacrer uniquement aux reportages.

D’aucuns argumenteraient que le titre de ma chronique est encore plus d’actualité puisque j’ai encore plus de front tout le tour de la tête qu’avant (rapport à la calvitie), mais bon…

La réalité est que je me sens moins inspiré. Je dois aussi gérer un horaire de journaliste, de chroniqueur et de papa et j’ai envie de simplifier les choses.

Je remercie mes patrons (ils ont changé au fil du temps, mais ils m’ont toujours soutenu, l’un en tapant du pied, l’autre en faisant des blagues) et les lecteurs qui m’ont laissé leur livrer mes états d’âme, mes réflexions saugrenues, mes blagues parfois douteuses et mes aventures rocambolesques, comme la fois où j’ai gravi l’Himalaya à mains nues avec le rhume et entouré de sherpas cannibales. Ah non, c’était plutôt le mont Rougemont un lendemain de brosse. Désolé.

Je salue aussi tous les gens qui m’ont écrit depuis 10 ans — surtout les femmes parce que, on va se le dire, c’est surtout vous qui me lisiez si je me fie au ratio homme/femme dans les courriels que je recevais, qui était du 1 pour 50 — même ceux qui m’ont fait des reproches. De toute façon, ils étaient (presque) tous mérités.