La deuxième plus belle invention depuis l’écriture : les bouchons pour les oreilles !

Coupée du monde

CHRONIQUE / Une bonne dormeuse. Voilà ce que je suis.

Un test rapide sur Internet m’a confirmé que je faisais partie de cette joyeuse catégorie. Je suis de ceux qui se glissent sous les draps sans trop se soucier de l’heure — avant 22 h quand même. Je prends normalement moins de 30 minutes pour m’endormir et, après une nuit de huit heures et plus de sommeil, je me réveille fraîche comme une rose !

J’adore dormir. Et ce que j’aime par-dessus tout, c’est me lever à midi le samedi « matin ».

Comment j’arrive (parfois) à faire ça ?

Grâce à la deuxième plus belle invention depuis l’écriture : les bouchons pour les oreilles !

J’ai longtemps boudé ces objets qui, curieusement, ont été inventés durant l’Antiquité pour protéger les oreilles contre l’environnement. Surtout de l’eau. Dans le temps, ils étaient faits maison à partir de coton, d’argile ou de cire.

Je trouvais ça vraiment inconfortable.

Un médecin m’a déjà dit de ne rien mettre de plus petit que le coude dans une oreille, alors...

Aussi, cette impression d’avoir toujours comme un fil transparent liant mes-oreilles-de-maman-à-la-chambre-à coucher-de-mes-enfants explique, peut-être, le fait que je n’utilisais jamais de bouchons pour dormir. « Tout à coup ! », que je me disais. Je devais être aux aguets. C’était plus fort que moi. Une folie que je soupçonne typiquement féminine. Tant qu’à y être, histoire d’intervenir toujours plus vite, j’aurais donc dû dormir debout, comme les chevaux et les éléphants. « Au cas où ! » Du vomi dans des draps contour de Dora est parfois si vite arrivé...

Heureusement qu’à mesure que les enfants grandissent, nous, les parents, choisissons davantage nos combats. Moi, j’ai décidé de dormir. Et sur mes deux oreilles par-dessus le marché !

Je pense d’ailleurs que l’avènement des bouchons a donné naissance à cette expression impossible à réaliser dans la vraie vie. Pensez-y. Quand on dort sur une oreille, l’autre perçoit toujours les bruits extérieurs. Bien malgré nous, on reste à l’affût. On est sur nos gardes, prêts à bondir. Un monstre vert dans une chambre d’enfant rose bonbon est si vite arrivé...

Grâce aux bouchons, les deux oreilles sont bouchées. De cette façon, on n’entend plus rien, comme si on dormait sur nos deux oreilles ! Et ça, ce sentiment de se retrouver dans sa bulle, d’être coupée du monde, c’est mer-veil-leux !

J’avoue, je suis devenue accro à mes bouchons. Pour défier ma dépendance, je saute parfois des soirs. Mes lectures m’ont toutefois apaisée : dormir avec des bouchons ne mène ni aux acouphènes ni à la surdité. Suffit de bien les insérer, pour éviter les douleurs, et d’avoir une bonne hygiène, pour se préserver des infections. Je ne pense donc pas arrêter de sitôt !

On dort en moyenne 25 ans dans une vie. Peut-on se donner les moyens pour que ce temps soit de qualité ?

Vous dormirez là-dessus.

Une autre statistique ? Dans une vie, on passerait sept ans à attendre de trouver le sommeil.

Je vous donne donc un scoop : l’outil pour y remédier est orange ou rose fluo — allez-y selon votre palette — et est vendu en paquet de 12 dans votre pharmacie préférée.

Encore une fois, vous vous coucherez tous moins niaiseux ce soir grâce à moi.

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J’ai eu de la visite surprise la semaine dernière. Le proprio du café-bistro le St-Raphaël de Cowansville est arrivé au bureau comme un cheveu sur la soupe. Contrairement à ce que j’ai écrit dans ma chronique portant sur THE gâteau aux carottes il y a deux semaines, le sien ne contient pas de noix de Grenoble. Lui, il utilise des amandes. Et si les gens n’aiment pas les amandes, il n’en met juste pas. Désolée pour cette erreur. Je souhaitais garder ce grand secret pour moi, mais ma bourde m’oblige à admettre que le jour de l’examen final d’identification de noix, eh bien, j’ai échoué.