Ça pleure aussi un homme

J’ai une confidence à faire (hé oui, une autre) : malgré mon statut de père de famille viril et bienveillant, je pleure comme une Madeleine durant les comédies romantiques. Pas toutes, là. Mais souvent.

La dernière fois, c’était durant 50 First Dates avec Adam Sandler et Drew Barrymore (traduit par Les 50 premiers rendez-vous au Québec et Amour et amnésie — ouache — en France).

Comme c’est un film qui date de 2004, je l’avais déjà vu, bien sûr, et Désirée aussi, et je me souvenais vaguement de la fin. Ça n’a pas aidé.

J’ai commencé à larmoyer quand l’éternelle amnésique montre à l’homme qui l’aime, mais dont elle ne peut se souvenir, tous les portraits de lui qu’elle a réalisés à partir de son subconscient.

Puis j’ai craqué à la fin quand elle se réveille sur le bateau qu’elle occupe depuis plusieurs semaines avec son amoureux et leur petite fille de deux ans, qu’elle rencontre pour la première fois chaque matin… Il a fallu que je me cache sous une couverture tellement j’étais ému. C’est probablement dû au fait que j’ai aujourd’hui deux filles. Ou à la jolie chanson à sonorité hawaïenne qui jouait à ce moment-là. Ou parce que j’aime les bateaux. C’est selon.

Quoi qu’il en soit, il a fallu que je regarde deux films de super-héros par la suite pour me refaire une contenance.

Innocence
L’ex-président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et ancien dirigeant du Centre jeunesse de la Montérégie, Camil Picard, plaide son innocence de bien étrange façon.

L’enquête de La Presse+ révèle qu’il a été soupçonné d’agression sexuelle sur un mineur. M. Picard a aussi fait l’objet d’un recours civil en lien avec cette infraction présumée qui s’est soldée par le versement d’une somme de 50 000 $ au plaignant.

Ces informations ont échappé au gouvernement qui ne l’a jamais délogé, puis nommé à la présidence intérimaire de la Commission, poste qu’il a quitté jeudi.

Dans un communiqué, il rappelle qu’il n’a pas été accusé et que cela est « une démonstration qu’aucun acte répréhensible n’a été commis ».

En fait, non. Qu’une personne ne soit pas accusée ou ait été acquittée ne signifie pas qu’aucune infraction n’a été commise. La présumée victime peut avoir retiré sa plainte, ou la preuve a semblé insuffisante aux yeux du procureur, ou encore l’accusé peut être acquitté au terme d’un procès où la défense a soulevé suffisamment de doutes et d’imprécisions.

Je l’ai constaté en plusieurs occasions. Un juge qui déclare à peu de choses près : je crois la victime, ou je pense que l’accusé est coupable, mais en vertu des règles de droit, je dois l’acquitter puisque je ne suis pas convaincu de sa culpabilité hors de tout doute raisonnable.

Camil Picard est aussi revenu sur la cause civile qui avait été intentée contre lui en écrivant que « rien dans cette procédure ne permet de conclure que j’ai pu agir de façon inappropriée avec qui que ce soit ».

Légalement, c’est vrai. Mais dans les faits, qui donne 50 000 $ à quelqu’un qui le poursuit en cour s’il n’a pas de raison valable ? Pour éviter que cela s’ébruite ? Possible. Mais cela ne vous blanchit pas.

Finalement, il qualifie le premier article ayant fait état de cette situation de « sensationnaliste ». En voilà une expression à la mode et moins péjorative qu’on le pense.

Selon le Larousse, « sensationnel » signifie « tout ce qui peut produire une forte impression de surprise, d’intérêt ou d’émotion ». Qu’y a-t-il de mal dans la surprise, l’intérêt ou l’émotion ? Si les journaux n’en contenaient pas, ils seraient encore moins lus, ce qui n’est pas peu dire.