Il faut plus que 50 000 $ (somme que Québec prévoit par projet) pour donner du pimpant à une cour d’école et s’assurer qu’elle répond aux différents besoins des enfants.

Une belle cour d’école pour 2020

CHRONIQUE / En plus du traditionnel vœu «du succès dans tes études», les «mononcles», les «matantes» et les grand-parents pourraient également souhaiter aux enfants d’âge scolaire d’avoir une belle cour d’école en 2020.

Un vœu qui plairait sûrement aussi à leurs parents et au personnel des écoles.

Comme deux et deux font quatre, il y des choses qui ne changent pas. Amasser des fonds piastre par piastre pour que les écoliers disposent d’un terrain de jeux extérieur digne de ce nom fait partie de celles-ci.

C’est une activité qui se perpétue de cohorte en cohorte. 

Les enfants passent, mais le besoin d’aménager ou de rafraîchir la cour d’école demeure et le milieu immédiat doit se mobiliser pour y parvenir.

Le ministère de l’Éducation paie l’école, mais non entièrement la cour d’école qui fait pourtant partie de la vie quotidienne des enfants du primaire.

J’en ai fait l’expérience. J’ai déjà passé quelques heures dans une succursale de la Société des alcools à vendre des sacs-cadeaux que mes enfants et leurs camarades avaient fabriqués et décorés pour financer de nouveaux modules de jeux dans la cour de leur école primaire. 

D’autres parents, des enseignants, des éducatrices du service de garde avaient consacré le samedi précédent à la confection de tout le précieux matériel. 

Avec d’autres activités de financement et la contribution de tous, des modules colorés avaient pu enfin remplacer les vieux.

C’est loin tout ça. Mes enfants ont leur diplôme universitaire en poche, mais les écoliers qui ont pris leur place à l’école du quartier du Vieux-Lévis sont eux aussi animés par le projet d’embellir leur cour d’école, de la rendre plus invitante, plus complète, plus sécuritaire.

Leurs parents et le personnel vivent donc encore au rythme d’une campagne de financement.

L’an dernier, au marché de Noël de la rue Bégin, l’école Notre-Dame avait son kiosque et proposait sapins et menus articles faits main par les enfants.

Cet automne, je lisais dans l’hebdo que l’école avait organisé un cross-country pour une deuxième année consécutive, pour oui, développer de saines habitudes de vie chez les jeunes, mais aussi, pour financer l’embellissement et la rénovation de la cour d’école. 

Ceux qui ont assisté récemment au spectacle de Noël de Notre-Dame pouvaient aussi faire des dons et acheter divers articles pour gonfler la caisse.

L’objectif, un grand panneau installé devant l’école depuis des mois le rappelle, est de récolter 30 000 $ pour ajouter des jardins communautaires, aménager une agora et une classe à l’extérieur, planter des arbres, ajouter du mobilier et réparer des aires de jeux.

Une telle mobilisation se déploie dans d’autres écoles à travers le Québec. Année après année.

Ne soyez donc pas étonnés si la petite Juliette et le mignon Samuel vous sollicitent au jour de l’An, pour acheter du chocolat, des oranges, un livre regroupant les meilleures recettes de macaronis au fromage et de muffins, ou une de leurs magnifiques créations afin d’atteindre l’objectif de leur campagne de financement. 

Ne faites pas les chiches en prétextant que le ministre de l’Éducation, l’ancien enseignant Jean-François Roberge, a annoncé que Québec serait deux fois plus généreux qu’avant pour l’aménagement des cours extérieures des établissements scolaires.

Il faut plus que 50 000 $ — somme que Québec prévoit par projet — pour donner du pimpant à une cour d’école et s’assurer qu’elle répond aux différents besoins des enfants.

Le ministère a beau réduire de 60 à 40 % la part de financement attendue de la communauté, l’implication personnelle et financière des écoliers, des parents, du personnel scolaire et des commerçants du quartier sera toujours requise. 

Tout ce beau monde devra continuer de faire preuve de créativité, d’ingéniosité et de talents en vente pour qu’un environnement verdoyant et ludique remplace le carré d’asphalte et les modules de jeux rouillés. 

Le Soleil indiquait en novembre que le Lab-école des Pierre Lavoie, Ricardo Larivée et Pierre Thibault devrait présenter au printemps une publication dédiée exclusivement aux cours extérieures. 

Tout ça donnera de l’inspiration, mais pas nécessairement plus de moyens pour rendre le projet réalisable.

Le ministre Roberge a rendu les récréations obligatoires sans pour autant que les écoles disposent d’espaces adéquats et agréables pour accueillir les enfants.