Nathalie Lavallée, directrice de l’école primaire Saint-Dominique, à Lévis, s’attendait à une file devant son service de garde scolaire.

Bras droit des anges gardiens

CHRONIQUE / Des «bras droits» de nos anges gardiens étaient au poste lundi matin au service de garde d’urgence de l’école primaire Saint-Dominique, à Lévis. L’école étant située tout près de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, la directrice Nathalie Lavallée s’attendait à une file devant son service de garde scolaire. À son grand étonnement, seulement cinq enfants y sont inscrits.

Le service de garde de l’école Saint-Dominique fait partie des 400 services de garde que le ministère de la Famille et celui de l’Éducation maintiennent à travers le Québec afin que les employés des établissements de santé et ceux des services essentiels (pompiers, policiers) puissent continuer de travailler en sachant leurs enfants en sécurité et bien entourés.

En allant sur Québec.ca/coronavirus, les salariés peuvent trouver la liste, ainsi que le formulaire d’inscription, aux services de garde d’urgence — CPE, garderies, services de garde en milieu scolaire ou en milieu familial — qui ouvrent exceptionnellement leurs portes même si tous les autres sont fermés jusqu’au 27 mars. 

Sur le territoire de la commission scolaire des Navigateurs, les services de garde de neuf écoles sont disponibles.

Nathalie Lavallée avoue que les enfants qui sont arrivés lundi matin à 7h et 7h30 ont été un peu déçus de réaliser qu’il y avait si peu d’amis. Le service de garde de Saint-Dominique pourrait recevoir chaque jour 200 enfants de 4 à 13 ans. 

Peu de petits amis peut-être, mais suffisamment d’adultes pour les animer et prendre soin d’eux. Mme Lavallée et ses collègues ont travaillé toute la fin de semaine et jusqu’à 18h dimanche soir pour que tout soit en place afin de répondre à la demande de Québec. 

Elle n’a eu aucune difficulté à recruter du personnel. «Les gens sont solidaires et disponibles». Et ce, avant même de savoir comment ils seront rémunérés. Rester à la maison et être payé, ou travailler au service de garde et être payé de la même façon? La directrice ignore comme le gouvernement répondra à cette question. 

Pour suivre la consigne de la santé publique, la directrice a exclu du service d’urgence les deux employés de plus de 70 ans. Mme Lavallée a par ailleurs jugé bon qu’une éducatrice spécialisée se joigne aux éducatrices en service de garde au cas où des enfants vivraient de l’anxiété.

Si certains jeunes ont retrouvé lundi matin leur service de garde ou leur CPE, d’autres enfants arrivent en effet dans un milieu inconnu.

La directrice d’école est-elle inquiète par ailleurs que tous les écoliers manquent deux semaines de classe? 

Étant donné que l’école Saint-Dominique offre l’anglais intensif, elle admet que les choses pourront se corser si les cours sont annulés plus longtemps.

Comme elle le fait au moment du départ pour les vacances estivales, la directrice conseille aux parents de garder leurs enfants alertes en privilégiant la lecture et en intégrant les mathématiques aux activités quotidiennes. «On peut jouer ou cuisiner en faisant des maths». 

Mme Lavallée souligne également qu’Alloprof fonctionne toujours et que des ressources numériques gratuites pour le français et les mathématiques sont bien utiles aussi en cette période scolaire perturbée par la COVID-19. «Mais pas cinq heures par jour». 

Si des parents qui font du télétravail pensaient combler ainsi une partie de la journée de leur progéniture, ça semble irréaliste.