Il y a plusieurs catégories d’électeurs.

Avec quoi tu votes?

CHRONIQUE / « Pour qui vas-tu voter ? »

Avouez-le donc. On vous a posé la question des dizaines de fois au cours des dernières semaines. Vous l’avez sûrement posé à quelqu’un, vous aussi.

Moi, j’ai plutôt envie de vous demander « avec quoi allez-vous voter? »

La réponse à cette question peut en dire long sur une personne.

Je ne parle pas ici d’un vote à distance, par correspondance, ou du fait que vous allez faire un « X » dans une case avec un crayon de plomb ou un stylo.

Je suis curieuse de savoir ce qui influence le choix des gens, car il y a plusieurs catégories d’électeurs.

Il y a ceux qui votent avec leur tête. Qui prennent le temps d’examiner les propositions de chaque candidat, de chaque parti, et qui pondéreront le tout pour se faire une idée. Ils choisiront de façon méthodique celui dont la plateforme, selon eux, répondra le mieux à leurs besoins et leurs attentes, le tout en fonction de leur vision d’une société idéale.

Certains votent plutôt avec leur cœur. Ils ont eu un coup de foudre pour un candidat ou pour une proposition, ils sont convaincus par la cause et optent pour celui ou celle qui leur semble le mieux placé pour porter celle-ci à de plus hautes instances. Parfois conscients que l’élu(e) de leur coeur n’a pas de chances d’être élu, ils se consolent en se disant qu’au moins, leur vote enverra une maigre somme à son parti.

Dans la même veine, il y a ceux qui votent avec leurs tripes. Les purs et durs. On prête souvent ce trait aux militants péquistes, solidaires et indépendantistes, mais cela s’attribue aussi à d’autres partisans, comme les verts ou les fédéralistes. Sans oublier l’expression « libéral jusqu’à l’os ». Ces électeurs sont des fidèles de longue date du candidat ou du parti, et travaillent activement à les porter au pouvoir. Leur appui est quasiment indéfectible; il faudrait une incommensurable déception de la part de leur parti ou de leur poulain pour les faire changer d’allégeance.

D’autres vont voter avec leur orgueil. Ils opteront pour le parti qui a le plus de chances de se retrouver au pouvoir. Voter du bon bord, qu’on disait dans le temps. Une façon de se dire qu’on gagne ses élections, comme si le fait d’avoir « raison » sur l’issue du vote primait sur le sentiment d’avoir voté selon ses convictions.

Il y a aussi des gens qui votent avec leurs yeux. Devant leur incertitude, ils votent pour la personne qui leur apparaît la plus honnête, la plus compétente. Certains électeurs vont choisir d’offrir leur appui au candidat dont la binette leur semble la plus joviale, dont le regard semble le plus franc, bref celui dont la photo de pancarte leur inspire le plus confiance.

À l’inverse, certains n’encourageront pas un autre candidat « parce que leur face ne leur revient pas ». Il y en a aussi qui votent, pourquoi pas, pour le candidat le plus attirant. Je me souviens d’un vox pop à la télévision dans la région de Québec, il y a quelques années, où des électeurs interrogés répondaient candidement qu’ils avaient voté pour la députée sortante « parce qu’elle était belle ».

De plus, certains votent avec leur amertume. Déçus par un parti ou le député sortant, ils s’emploieront non pas à appuyer un candidat, mais à le faire perdre. En votant « contre » lui.

Et il y a enfin ceux qui votent par cynisme. Qui annulent leur vote, qui votent pour le Parti nul, par exemple. Ou qui ne votent pas du tout, ce qui est une manière de s’exprimer en soi.

Alors, avec quoi votez-vous ? Vous êtes-vous reconnu dans l’une de ces catégories d’électeurs ? Aviez-vous déjà pris la peine d’y penser ?

Peut-être que votre choix n’est pas encore fait. Il vous reste un peu de temps. Peut-être que de savoir avec quoi vous avez tendance à voter pourra vous éclairer sur la case à cocher dans l’isoloir.

Peu importe votre choix, l’important, le 1er octobre prochain, c’est d’aller voter… mais pas avec vos pieds, de grâce!