Patrick Duquette
Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a répondu aux questions des tout petits vendredi lors d’une conférence de presse réservée aux enfants.
Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a répondu aux questions des tout petits vendredi lors d’une conférence de presse réservée aux enfants.

Apprécions la présence de ceux qu’on aime

CHRONIQUE / À l’instar de bien des Québécois, la vie du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a changé du tout au tout avec la COVID-19.

Lui qui est habitué à la vie trépidante de ministre doit maintenant, comme tout le monde, s’astreindre aux règles de confinement et d’éloignement social.

Il travaille le plus souvent de son cabinet de Québec, qui est pratiquement désert en raison des directives ministérielles.

La conciliation travail-famille n’est pas évidente dans les circonstances, concède le père de deux enfants de 3 et 6 ans.

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« La première semaine, j’ai essayé de faire du télétravail (de sa maison de Terrebonne). Mais avec deux enfants en bas âge, c’était plus ou moins évident », concède-t-il.

« En famille, avec ma conjointe, on a fait le choix que je passe plus de temps à Québec pour que je puisse me concentrer sur mon travail. Mais j’essaie de passer au moins une journée par semaine avec la famille. Pour que mes enfants me reconnaissent quand ce sera terminé ! », blague-t-il.

Il profite de ces moments privilégiés pour répondre à leurs questions sur la COVID-19. Thomas, 3 ans, est trop jeune pour saisir ce qui se passe. Mais Justin, 6 ans, pose des questions.

« Au début de la crise, il a demandé à ma conjointe : maman, est-ce que je peux mourir à cause du coronavirus ? Quand ma conjointe m’a raconté ça, ça m’a brisé le cœur. Je me suis dit : les enfants ont ce genre de questions là, ils vivent ce genre de stress là. Et souvent, nous, les adultes, on ne s’en aperçoit pas. On pense qu’ils ne comprennent pas en raison de leur âge. Alors c’est important de leur parler. De répondre à leurs questions. Même si c’est toujours un peu délicat. Il faut bien doser pour ne pas les stresser encore plus. Leur dire que c’est temporaire, que ça va bien aller… »

Et la vie de ministre à Québec ?

« Ça a changé du tout au tout, concède M. Lacombe. Habituellement, pour moi, une journée à Québec, c’est une journée où je suis toujours en train de courir entre le cabinet, l’Assemblée nationale et des annonces dans la grande région de Québec ou ailleurs. Là, c’est comme si tout cela avait été mis sur pause. Je fais le travail de mon bureau. Je passe plus de la moitié de la journée au téléphone. Que ce soit avec le conseil des ministres, en comité ministériel ou autre… »

Oui, il s’ennuie des contacts d’humain à humain. Le politicien est, par définition, un animal social. Qui court les assemblées, les rassemblements. Autant de choses proscrites à l’ère de la COVID-19. « Même nous, les ministres, on doit suivre les consignes. C’est d’autant plus important parce que si nous, à Québec, on se mettait à se contaminer les uns les autres, on aurait un sérieux problème. Les gens qui prennent les décisions doivent rester en santé. Donc on prend toutes les précautions nécessaires. »

Est-ce que le Québec, et l’Outaouais, sont équipés pour passer à travers la crise de la COVID-19 ? Est-ce que nos hôpitaux sont prêts à accueillir des milliers de malades ? « Dans le monde, il n’y a pas une société qui est 100 % prête à recevoir des milliers de malades tout d’un coup. On peut avoir le meilleur système de santé au monde, il va toujours y avoir des défis. »

Êtes-vous inquiet, M. le ministre ?

« Je suis un peu inquiet, comme tout le monde. Parce qu’on souhaite que ça ne se transforme pas en désastre au Québec. Mais je suis rassuré parce qu’on a posé rapidement les bons gestes. Parce que les gens collaborent. Je suis tellement fier de voir les gens respecter les consignes. De les voir faire preuve de solidarité. Ne serait-ce qu’avec le mouvement où les enfants ont dessiné des arcs-en-ciel pour les installer dans les fenêtres. En disant : ça va bien aller. Je suis impressionné par ce mouvement-là. Ça me rend fier d’être Québécois. »

Et dans le monde d’après ? Que retiendra-t-on de la COVID-19 ?

« Et bien, je pense que les gens vont beaucoup plus se laver les mains », lance-t-il en riant. « Blague à part, on aura peut-être tous compris qu’il ne faut jamais rien tenir pour acquis. Que notre confort habituel peut être bousculé n’importe quand. Qu’il faut vraiment apprécier ce qu’on a. La présence de ceux qu’on aime. Ça peut basculer à tout moment. S’il y a une réflexion que je me fais en ce moment, c’est probablement celle-là. »