Entre les lignes

Souvenirs de «su’Sire»

CHRONIQUE / Dans le lot de cartes que je traîne dans mon portefeuille il y en a une, toute bleue, qui se retrouvera finalement au recyclage sans même avoir servi: ma carte Sears.

Ça m’apprendra à procrastiner sur l’activation de cartes de crédit de petites boutiques et de grandes surfaces. Avec l’expérience des dernières années, j’aurais pourtant pu voir venir le coup, non?

Depuis 2014, j’ai dû mettre les ciseaux dans mes cartes Jacob, Mexx et Smart Set tellement ça va mal dans le monde de la guenille.

Même si je m’ennuie des chandails signés Jacob et des jeans-longues-jambes de Smart Set, c’est de voir le Sears des Galeries de Granby fermer ses portes qui m’attriste le plus.

Veut, veut pas, j’ai développé un sentiment d’appartenance pour ce magasin à rayons dont les portes tournantes à l’origine, dans le temps où Sears se trouvait là où est actuellement le Wal-Mart, ont servi de manège à plusieurs enfants de ma génération. 

Mon attachement au Sears de Granby, ouvert en 1980, ne s’explique pas juste par le fait que j’y trouvais de grandes marques de souliers à prix d’ami. Non. 

Sachez que j’ai travaillé «su’Sire» moi, madame! 

Oui. Trois ans. Dans «l’homme».

En 1997, alors que j’entamais une année sabbatique le temps de me réorienter, j’ai été embauchée chez Sears. En plus d’y vendre des sous-vêtements Jockey, j’y mesurais des bords de pantalons Arnold Palmer après les avoir agencés avec une chemise Protocol ou un chandail Private Member. Une fois à la caisse, j’offrais à mon client, bien sûr, une jolie ceinture 100% cuir ou une paire de bas coton/jersey comme article complémentaire pour aller avec ses culottes. Ou une cravate. J’y allais au feeling. 

À la fin, je l’invitais, bien sûr encore, à porter ses achats sur sa carte de crédit Sears. Cela lui permettait, déjà en 1997 (la SAQ n’a rien inventé avec la carte Inspire) d’accumuler des points échangeables contre de l’argent réapplicable sur un prochain achat. De beaux souvenirs.

Parlant de points, les employés en ont reçu tout un coup mercredi dernier. Ok. Ils devaient avoir une petite idée que les affaires n’allaient pas rondement. Quand ton employeur se met à l’abri de ses créanciers, ce n’est jamais bon signe. Mais la succursale granbyenne avait été épargnée, elle, donnant j’imagine, espoir à plusieurs.

Ce que je trouve triste, c’est de savoir que des Francine, des Jocelyne, des Gisèle, des Christiane, des Jacques et des Claude, des gens qui ont donné 37 ans de leur vie pour cette grande compagnie, se retrouvent là, BANG!, sans emploi à quelques années seulement de la retraite. 

Un scénario qu’on ne souhaite à personne.

Le maudit commerce en ligne!

Internet est carrément en train de tout foutre en l’air, et pas juste la vente au détail. La musique, la vie privée, les livres, la parole, les vidéoclubs, les relations interpersonnelles, les journaux, l’écriture, voire le temps, tout écope.

Mais qui navigue sur Internet déjà? Hein, qui? 

Je ne vous apprends rien en vous disant que c’est vous et moi. Car après avoir pleuré le matin sur le triste sort d’employés d’institutions établies dans leur milieu depuis plus ou moins un quart de siècle et qui font travailler du monde d’ici, le soir on magasine, s’informe et on se divertit sur Internet.

Faudrait y penser avant, parce qu’une fois la clé mise dans une porte, il est difficile de faire marche arrière. 

Mais je sais, Internet tue aussi, malheureusement, le gros bon sens.

Entre les lignes

Zone grise

CHRONIQUE / Gris perle. Ardoise. Acier. Argenté voilé.

Boudé pendant des années, le gris est actuellement une couleur super chic, moderne et contemporaine. Et pas juste pour nos planchers de cuisine. La tendance s’étend jusqu’à la pointe de nos cheveux.
Oui madame, afficher une tête grise est on-ne-peut-plus-in !
Malgré le fait que l’argenté capillaire soit désormais sur le radar de fashionistas, on dirait qu’à l’aube de mes 42 ans, je ne suis pas prête à l’assumer. Pas prête à faire le saut, même si cela était pour moi une LI-BÉ-RA-TI-ON.
Selon un coloriste new-yorkais (les spécialistes du domaine capillaire viennent toujours de New York), les femmes devraient définitivement passer au gris quand 80 % de leur chevelure est dépigmentée ou carrément blanche.
Je suis de celles-là.
J’ai commencé par camoufler mes quelques cheveux gris épars par des mèches pâles vers 28 ans. Avec le temps, et les mèches ayant leurs limites, la teinture est toutefois devenue une nécessité.
Tout se passait bien jusqu’au jour où je me suis mise à réagir aux teintures de salon. Trop fortes. Trop chimiques. Même si je changeais de marque, les démangeaisons revenaient. C’est là que j’ai trouvé une couleur satisfaisante dans les produits « bien élevés » du supermarché santé Avril. Mais récemment, la sensation de brûlure est réapparue. Chaque application, j’ai le feu au cuir chevelu. Chaque fois, je rêve de me gratter avec ma binette à jardin.
Paraît qu’il faut souffrir pour être belle ? Quand même. Me retrouver à l’urgence la face bouffie et les oreilles fondues à cause d’une réaction allergique, non merci !
D’un autre côté, avoir la tête grise à mon âge demeure une décision difficile à prendre. Pas que je trouve moches les femmes de moins de 50 ans à la tête grise. Nuance. Au contraire, je les admire. Je n’arrive juste pas à me décider.
Curieusement, lire les neuf astuces pour grisonner en beauté et éplucher les 56 raisons de passer aux cheveux gris ne m’a pas aidé à me faire une tête. Oui, faire le saut « au naturel » serait une délivrance et me ferait (peut-être) épargner, mais les inconvénients à ce grand changement semblent... volumineux (restons dans le thème).
D’abord, ça demande de la patience, ce que je n’ai pas en quantité industrielle. Aussi, bien qu’on nous fasse miroiter des économies, souvent la tête grise demande de changer de garde-robe et le contenu de notre trousse de maquillage. Même si la mienne ne contient qu’un tube de mascara, je trouvais ça simple de l’acheter en fonction de mes yeux pers. Là, va falloir que je me casse la tête pour qu’il s’agence à mes cheveux. C’est compliqué. En plein le genre de truc qui va me faire violer loi de la complémentarité.
Et si le gris étirait mes traits ? S’il me rendait terne et me donnait l’air fatiguée ou malade ? Je n’aurais d’autre choix, pour me donner un petit oumf, que de me tourner vers les rallonges de cils ( $), le maquillage permanent ( $ $), les antirides et les implants faciaux ( $ $ $).
Ce qui est frustrant aussi, c’est que de s’affranchir des teintures qui nous abîment la tignasse ne garantit pas une crinière grise pétante de santé. Plusieurs disent que les cheveux argentés sont plus rugueux, plus fragiles et plus propices aux frisottis. La belle affaire. Vive l’époque où le shampoing bleu avait réponse à tout. Non. Il faut un traitement repigmentant et nourrissant, des produits à l’extrait de centaurée, des sprays sublimateurs, des masques hydratants et des élixirs rajeunissants.
Comment faire un choix avec toutes ces zones grises ?
C’est à s’arracher les cheveux.

Sports, etc.

Acton Vale, ville de champions

CHRONIQUE / La scène était belle à voir : les joueurs des Castors qui célébraient avec leurs partisans après avoir remporté le championnat de la Ligue de baseball majeur du Québec. Des gens heureux, c’est toujours beau à regarder.

Vendredi, après qu’on eut appris que les Castors l’avaient emporté à Coaticook, on se doutait qu’un gros party se préparait à Acton Vale. Sérieusement, pouvait-on vraiment croire que les Castors allaient perdre le septième match de la série finale chez eux avec Steve Green au monticule en plus ?

Mercredi, lors du cinquième match de la série, Green l’avait échappé en accordant un circuit de deux points à Maxime Lavoie en septième manche, circuit qui permettait au Big Bill de créer l’égalité 4-4 avant de plus tard l’emporter. Non, l’ancien des Angels n’allait pas se planter deux fois dans la même semaine face à la même équipe. Aucune chance !

Les Castors sont champions, vive les Castors ! S’il y a une organisation qui mérite ses succès, c’est bien celle d’Acton. Et s’il y a des partisans qui méritent de célébrer, c’est encore ceux d’Acton.

Je l’ai écrit et réécrit : Acton Vale est la meilleure ville de baseball en région et clairement une des meilleures au Québec. C’est un véritable bonheur d’assister à un match des Castors à l’intérieur de cette ambiance 100 % baseball. Comme je l’ai encore une fois déjà écrit, les gens d’Acton ne vont pas s’asseoir au (magnifique) stade Léo-Asselin pour parler des malheurs du Canadien...

Plus de 1000 spectateurs ont assisté au match de dimanche. Plus de 1200, ont même dit certains. C’est merveilleux. Le Québec baseball au complet avait les yeux rivés sur Acton. C’était beau ça aussi.

Le triomphe des Castors met aussi fin à une très belle saison de baseball dans la région. Avant l’équipe de Steve Green, les Indians de Granby au niveau senior BB avaient aussi gagné. Et les Guerriers junior élite avaient connu une campagne intéressante, se permettant même de remporter leurs trois premiers matchs en séries à vie.

On a déjà hâte à la prochaine saison.

Des gagnants

Acton Vale est une grande ville de baseball, mais aussi une très bonne ville de sport en général. Et c’est également une ville de champions.

Début avril, on s’en souviendra, le Trackvale a été couronné champion de la Ligue de hockey senior du Richelieu. À sa toute première saison, rappelons-le.

La population d’Acton Vale est de 7683 habitants. Ça fait beaucoup de champions au prorata.

Le Grand Parleur

Candidatures coup de tête

On est entré cette semaine dans une période fertile en politique municipale, celle du dépôt des bulletins de candidature pour les postes de maire et de conseiller. Il faut féliciter ceux et celles qui ont courageusement décidé de se présenter devant l'électorat pour lui faire part de leurs idées, de leurs engagements et de la philosophie soutenant leur action politique. Ils ont pris le temps de réfléchir pour proposer leur vision de leur municipalité.

L'inverse, cela dit, est également vrai : certains candidats font de l'improvisation leur outil politique. Ils n'ont rien à proposer. Hélas, ça existe !

Quand on les questionne un peu sur les dossiers, sujets ou enjeux en cours dans leur municipalité, ils nous servent des banalités. Les « idées » classiques : ils veulent que la municipalité se développe, que l'environnement soit protégé, que les taxes demeurent basses. Ce sont de bons objectifs. Sauf qu'ils ne proposent rien pour les atteindre. Avoir le goût ou le temps d'être maire ou conseiller n'est pas suffisant.

Certains se lancent en campagne avec un programme électoral composé d'une page blanche à remplir au fur et à mesure. Dans La Voix de l'Est jeudi, une candidate à un poste de conseiller à Granby expliquait qu'elle allait s'informer des enjeux et des préoccupations des gens du quartier qu'elle souhaite représenter en faisant un porte-à-porte. Elle n'est pas seule à se lancer ainsi les mains vides.

Ça manque de sérieux. C'est même insultant pour les électeurs. Surtout qu'une des premières questions que les citoyens posent aux candidats qui cognent à leur porte est de savoir ce qu'ils ont l'intention de faire pour le secteur...

Un bon politicien est un politicien qui sait écouter. Le faire en campagne électorale démontre un manque de préparation. On peut même penser que ça illustre un manque d'intérêt pour les affaires publiques.

Cela explique peut-être pourquoi autant de nos élus, à tous les niveaux, sont dépourvus de sens critique ; ils ne posent pas de questions, ni ne cherchent à se renseigner sur les sujets, dossiers, projets en cours. Leur participation aux discussions et délibérations est anémique. Tous les conseils municipaux comptent quelques individus de cette trempe.

Notre démocratie permet les candidatures coup de tête. Et c'est parfait ainsi. Aux électeurs de faire le ménage.

Entendu une drôle de remarque cette semaine de ma fille de 12 ans. Alors qu'on effectuait en famille notre marche quotidienne avant l'arrivée de la brunante, elle nous dit en voyant la pancarte électorale de Julie Bourdon que la conseillère décide où passent les pistes cyclables dans les rues de la ville de Granby.

Interloqué, je lui demande d'où elle tenait cette information. Des camarades en avaient parlé dans l'autobus scolaire en matinée. Ah bon !

J'ai analysé le parcours de l'autobus de ma fille. Il transite par le secteur de la rue Vittie. Il appert que des citoyens du coin digèrent encore mal l'aménagement d'une piste cyclable sur cette artère. Ils en font même de la propagande en identifiant Mme Bourdon comme étant la grande prêtresse des pistes cyclables ! Peut-être s'inspirent-ils de l'Halloween qui est à nos portes !

Le cafouillage du plan d'aménagement des pistes cyclables à Granby continue d'alimenter la colère chez bon nombre de gens. Ce n'est pas tant ce dossier que la carence en communication du conseil en place qui est devenu un enjeu électoral.

Mme Bourdon a donné son aval aux tracés des pistes proposés par les services techniques. Tout comme ses collègues (enfin, ceux qui ont eu le courage d'être présents aux assemblées lors desdits votes...). Il est injuste que des résidants du quartier 3, celui de la jeune conseillère, lui attribuent la maternité de ces choix.

Sports, etc.

Les amateurs de baseball d’Acton Vale sont chanceux

CHRONIQUE / Les amateurs de baseball d’Acton Vale sont chanceux: leurs Castors sont compétitifs à chaque année, leur stade Léo-Asselin est extraordinaire… et ils voient lancer régulièrement Steve Green.

Le baseball, on prend ça très au sérieux à Acton. Vendredi dernier, ils étaient plus de 700 à assister au troisième match de la série finale de la Ligue de baseball majeur du Québec opposant les Castors au Big Bill de Coaticook. Mercredi soir, même en pleine semaine, ils seront encore plusieurs centaines. Et si jamais il y a une septième rencontre, dimanche après-midi, on va carrément refuser du monde!

Acton Vale est clairement la meilleure ville de baseball de la région et une des meilleures au Québec. Les foules sont importantes et les gens connaissent et aiment leur sport. On ne va pas au stade Léo-Asselin pour parler des malheurs du Canadien, on parle de balle et des Castors… avec passion. On se lève quand il y a un beau coup et on demande même des autographes aux héros locaux après les matchs.

Steve Green est débarqué à Acton Vale en 2010 après avoir roulé sa bosse au baseball professionnel pendant une douzaine d’années. En 2001, on le sait, il a lancé six manches dans l’uniforme des Angels d’Anaheim, devenus de Los Angeles depuis. Personne ne pourra lui enlever le fait qu’il a joué dans le baseball majeur, même si ce n’est qu’un petit match.

Avec un tel CV, on peut trouver étonnant qu’il soit à Acton Vale depuis si longtemps. Mais voilà, s’il est encore là, c’est en raison de la passion des gens d’Acton pour le baseball. Green aime passionnément son sport et il est heureux dans un environnement comme celui-là.

«On a les meilleurs partisans au Québec, a dit Green après que les Castors aient atteint la finale de la LBMQ, il y a deux semaines. C’est un privilège de jouer ici, devant ces gens-là. Un véritable privilège.»

Et à 39 ans, il est encore dominant, c’est le moins qu’on puisse dire. Saison régulière et séries éliminatoires combinées, il a une fiche de 11 victoires et aucune défaite en 2017. Malgré l’âge, malgré un corps magané, malgré toutes les opérations qu’il a subies.

Assister à un de ses départs représente la garantie d’un bon spectacle. Devant nous, un gars qui a lancé dans le show, qui connaît toutes les subtilités de l’art du pitching et qui mélange avec succès puissance et finesse. Pour les jeunes, c’est une véritable clinique de baseball. Vraiment, c’est beau à regarder.

Mais Green n’est pas parfait. Il a mauvais caractère et ça lui a causé des problèmes par le passé, notamment avec les Capitales de Québec. Certains diront que c’est la raison pour laquelle il n’est pas instructeur à quelque part chez les pros. Possible. Mais j’ai davantage l’impression qu’il est encore à Acton Vale parce qu’il a toujours un plaisir fou à monter sur la butte et que le baseball senior lui permet encore de le faire.

Non, il ne jouera pas éternellement. Mais on va profiter de sa présence jusqu’à la fin. Parce que ça reste un véritable privilège de le voir lancer.

Pascal Faucher

Perdre patience

CHRONIQUE / Faire la queue n'est pas mon activité préférée. Je parle d'attendre en ligne, bien sûr.
J'appréhende particulièrement les fois où je dois attendre en ligne pour inscrire Jojoba à un loisir municipal, en l'occurrence, cette semaine, un cours de natation.

Sports, etc.

NASCAR: on remet nos gants de boxe!

CHRONIQUE / Le petit monde de la série canadienne de NASCAR a rendez-vous dans l’Ouest canadien cette semaine. Au programme, deux courses à Saskatoon mercredi et une autre à Edmonton samedi.

Vous êtes prêts pour les rounds no. 6, 7 et 8 du championnat?

Car n’ayons pas peur des mots, ça brasse comme jamais en série Pinty’s. Chaque course est devenue un véritable combat de boxe. Mais contrairement à la boxe, à peu près tous les coups sont permis.

À Mirabel, il y a trois semaines, un peu tout le monde a dénoncé le comportement en piste de Kevin Lacroix. Puis, à Toronto, Andrew Ranger fulminait contre Alex Tagliani, qui a mis fin à sa course au cinquième tour lorsqu’il a heurté sa voiture en tentant un dépassement.

À la suite de l’épreuve présentée dans les rues de la Ville-Reine, le propriétaire d’une voiture a mentionné: «C’est pas compliqué, cette série est devenue un vrai derby de démolition!»

L’homme en question a exagéré un brin, on s’entend, mais il n’en reste pas moins que la série canadienne de NASCAR commence à mal paraître avec tous ces indidents à chacune des courses. Elle paraît mal et il est à se demander si ce n’est pas la raison première pourquoi le nombre de voitures est en chute libre.

On a beau dire, en effet, que l’économie n’est pas bonne et que le calendrier de la série Pinty’s est exigeant, il n’en demeure pas moins, comme l’expliquait Andrew Ranger à Toronto, que ça brasse pour la peine en NASCAR et que ça en effraie probablement plus d’un.

«Ta voiture est rarement aussi belle à l’arrivée qu’au départ. Déjà que ça coûte cher, s’il faut que tu te mettes à dépenser des milliers de dollars en réparation à toutes les semaines…», a-t-il dit.

Mais voilà, pourquoi ça brasse autant? Parce que NASCAR le permet. Les pistes où se déroulent les épreuves sont devenues des cours de récréation. Ou des rings de boxe.

Ça se rentre dedans et les officiels sévissent rarement. NASCAR, on le sait, n’a rien contre les accrochages et les accidents parce ce que  les gens aiment ça, parce que ça donne un bon show. Mais les accrochages et les accidents coûtent cher aux propriétaires de voitures. Et comme le disait Ranger, ça en décourage probablement certain. Peut-être qu’aux États-Unis, ça passe mieux, mais au Canada, où il y a moins d’argent disponible pour le sport automobile, c’est autre chose.

La série canadienne de NASCAR est une belle série. Elle est particulièrement compétitive, le niveau de pilotage est élevé et les médias s’intéressent de plus en plus à ses activités. Mais s’il n’y a plus de voitures, il n’y aura plus de série. Et ce serait vraiment dommage.

Gens de NASCAR, le temps est venu de mettre vos pantalons. Il y a une série à sauver.

Sports, etc.

Le Challenger de Granby à la croisée des chemins?

CHRONIQUE / À sa 22e édition, le Challenger Banque Nationale de tennis de Granby en est-il arrivé à la croisée des chemins ?

Il semble que oui.

Attention, ce commentaire n’a pas pour but d’inquiéter les amateurs de tennis de chez nous. Car le Challenger est un événement en santé, lui qui attise les passions le temps d’une semaine en été dans la région et qui est l’un des plus beaux tournois de sa catégorie présentés dans le monde.

Alors, quoi ?, me demandez-vous.

Le président et directeur général Alain Faucher ne cache pas ses ambitions : il veut que son tournoi offre les meilleures bourses parmi tous les challengers sur la planète !

Rien de moins !

C’est le nouveau défi que vient de se lancer Me Faucher, qui en a relevé plus d’un – et pas des moindres – depuis qu’il est à la tête de l’événement.

Les meilleures bourses au monde (et donc le maximum de points de classement) feraient normalement en sorte que le tournoi attirerait de meilleurs joueurs encore. Faucher rêve du jour où les membres du top 75, et peut-être même du top 50, se bousculeront à Granby.

Mais voilà, deux écoles de pensée vont s’affronter dans le débat qui devra avoir lieu avant que l’on mette plus de sous encore dans le tournoi.

La première est celle qui affirme que le Challenger est et doit rester un outil de développement pour les joueurs canadiens. Depuis longtemps, Eugène Lapierre clame qu’un tableau trop relevé désavantagera nos joueurs, qui passent par Granby pour acquérir de l’expérience et à qui on doit donner une chance de gagner.

La deuxième est celle qui dit que le tennis canadien est rendu à un autre niveau, qu’on peut maintenant se permettre de proposer à nos meilleurs joueurs des défis plus importants. L’époque où la majorité des joueurs canadiens débarquaient à Granby pour faire de la figuration est loin derrière.

Cette année, par exemple, Denis Shapovalov et Bianca Andreescu s’amènent à Granby sans complexe. S’il était là, ce serait la même chose pour Félix Auger-Aliassime. Lorsque le Challenger débute, maintenant, on sait que des Canadiens peuvent très légitimement aspirer au titre.

J’ajouterai que, pendant longtemps, Granby a été un des seuls tournois de type challenger au pays. Dans ce contexte, il était normal qu’on fasse en sorte d’encadrer les joueurs canadiens le mieux possible et qu’on ne fasse pas exprès pour leur offrir des adversaires trop coriaces. Aujourd’hui, les challengers sont nombreux et ce n’est plus Granby ou rien du tout.

Personnellement, je suis en faveur qu’on tente encore d’augmenter les bourses et qu’on tente d’offrir la meilleure qualité de jeu possible aux amateurs de tennis d’ici. Après 22 ans – et 22 ans de succès, il faut le préciser -, Granby a mérité son statut particulier à travers le pays. Qu’on donne au tournoi le statut de « challenger or » et qu’on le laisse s’épanouir totalement.

Et j’insiste : Granby a mérité son statut particulier.

Sports, etc.

Le bad boy de NASCAR au Canada

CHRONIQUE/ Alex Labbé va être couronné champion de la série canadienne de NASCAR dans une dizaine de jours à Hagersville, près d’Hamilton. Pourtant, c’est d’un autre pilote, Kevin Lacroix, dont on a le plus entendu parler cette saison.

Lacroix a connu une excellente campagne, lui qui a remporté quatre courses – les quatre sur circuit routier – et qui est deuxième au championnat. Mais voilà, la controverse lui court après. Quand il ne brasse pas en piste, on se demande s’il ne triche pas pour être aussi rapide. Et quand ce n’est pas ça, il se met tout le monde à dos en démolissant la voiture d’un adversaire (celle de Labbé, on le sait) parce qu’il n’est pas content.

Lacroix est devenu le vilain garçon, le bad boy de la série Pinty’s. Et après avoir jasé une bonne demi-heure avec lui samedi à l’Autodrome Saint-Eustache, je ne sais pas s’il est à l’aise ou non avec l’étiquette qu’on lui a accolée.

« Les gens qui me connaissent savent qui je suis vraiment et ils savent que je suis une bonne personne, a-t-il commencé par dire, bien installé à la table de cuisine de son motorisé, entre les pratiques et les qualifications. Mais avec tout ce qui a été dit et tout ce qui a été écrit à mon sujet, c’est devenu lourd pour mes proches. En même temps, ça fait parler de la série. Regardez les estrades ici aujourd’hui : c’est plein ! »

Lacroix ne s’excusera pas pour tout ce qui est arrivé cette saison. Il est prêt à prendre sa part de responsabilités, mais il ne présentera pas l’autre joue non plus.

« Il est arrivé ce qui est arrivé en Nouvelle-Écosse et je ne peux pas le nier. Si c’est arrivé, par contre, c’est parce que j’étais à bout. Si vous regardez les films de toutes les épreuves cette saison, vous verrez que je me suis fait bousculer pas mal plus souvent que j’ai pu en bousculer d’autres. Après le Grand Prix de Trois-Rivières, j’avais averti les gens de NASCAR : si vous ne faites rien, je vais m’occuper du problème moi-même. Et c’est Labbé qui en a payé le prix à Antigonish. »

Il affirme n’avoir rien contre Labbé, ni contre Andrew Ranger, ni contre personne en particulier. Il en a contre le laxisme de NASCAR.

« Il y a eu des coupes de personnel cette saison et ça paraît. Y’a beaucoup moins d’officiels pour voir ce qui se passe en piste. Ça donne ce que ça donne. »

Pour le plaisir

Kevin Lacroix a 28 ans, il est marié et il est père d’un petit bonhomme de quatre ans. Aussi, il brasse de bonnes affaires dans le monde de la vente de pièces d’auto. Sa vie, dira-t-il, ne tourne pas uniquement autour des courses.

« Moi, je fais ça pour m’amuser. Je ne rêve pas d’aller plus haut et je ne gagne pas ma vie avec ça non plus. J’aime ça, j’adore ça, mais tout mon univers ne tourne plus autour des courses comme ça a déjà été le cas. Je n’ai pas couru entre 2009 et 2014 et je vais arrêter à nouveau si je n’ai plus de fun… »

Mais il reviendra la saison prochaine. Après tout, il a un contrat à honorer avec Bumper to Bumper, son principal commanditaire.

« Vous savez pourquoi je suis revenu en 2015? À cause d’Andrew Ranger et d’Alex Tagliani. Ce sont de bons pilotes, d’excellents pilotes, et je me disais que ce serait trippant de courir avec eux. La série canadienne de NASCAR est une série très compétitive et je ne regrette pas d’être revenu. Mais ça a été une saison difficile et les vacances vont faire du bien au maudit ! »

« J’ai eu mes chances »

Kevin Lacroix a déjà été considéré comme un très bel espoir de la course automobile au Canada. Il est venu au NASCAR après avoir longtemps couru en monoplace et avoir obtenu sa part de succès en Formule Atlantique, en Formule BMW USA et en Star Mazda.

« J’ai eu mes chances de monter, mais il est arrivé certaines choses. Je ne parlais pas anglais à l’époque, je n’ai pas été aussi bon que j’aurais dû l’être dans des moments clés, etc. Et il y avait aussi des questions de budget. Mais je ne regrette rien. J’ai eu du plaisir et j’en ai encore, quoique j’en ai moins cette année… »

Il rit quand on le compare à Kyle Busch, un pilote talentueux, mais bad boy.

« Y’a pire que de se faire comparer à Kyle Busch. Mais je vais me garder une p’tite gêne… »

Entre les lignes

Ça suffit l'hémorragie!

Un combat presque sanglant a eu lieu devant mon écran lundi après-midi. Là, sur les touches noires de mon clavier, mon désir de faire rire en abordant un sujet léger, une tranche de vie rigolote, a rivalisé fort avec le thème qui m'habitait réellement depuis le matin.
- C'est que ce n'est pas jojo mon affaire, que j'ai avoué à Anne qui entrait alors faire son quart de travail vers 16 h. J'ai le goût de dire aux gens de se retenir de mourir pour un petit temps.