Entre les lignes

Mon ami... Mary Poppins

CHRONIQUE / « Maman, il serait temps que tu reviennes. Papa est vraiment gossant. En plus, il a passé la journée avec une de tes robes sur le dos et a insisté pour que je l’appelle Claudine. Il a dit que ça allait être notre petit secret. Reviens pis ça presse. »

Cet « appel à l’aide », je l’ai lu sur Facebook au retour des Fêtes. Il était accompagné d’une photo, celle d’un beau bébé joufflu de sept mois, l’air tristounet, tenant une pancarte sur laquelle on pouvait lire le mot HELP. Le E inversé.

Isabelle Légaré

Sandra, 39 ans, et la vie avec l’Alzheimer

CHRONIQUE / Une note est apposée sur le mur, juste à côté de l’interrupteur, à droite de la porte. Impossible de ne pas la voir au moment d’éteindre les lumières et de quitter la maison.

«Bain. Lecture des nouvelles. Verres de contact. Brossage de dents. Étirements. Je m’habille et je choisis mes bijoux. Je rassemble mon lunch. Je prends mes médicaments.»

Vu d'même

Ma promesse

CHRONIQUE / De toute ma vie, je crois n’avoir fait qu’une seule promesse à mon père.

Celle de respecter sa décision, le moment venu.

Actualités

Taxe d’adieu

Comment améliorer l’accès des jeunes familles à la propriété ? Voilà une vaste question à laquelle s’attardent depuis nombre d’années les municipalités et le gouvernement du Québec. Sans grand résultat.

Une piste intéressante existe : éliminer la fameuse taxe de bienvenue. Il s’agit d’une taxe inéquitable et pernicieuse. Inéquitable parce qu’elle est exigée par les municipalités alors qu’elles ne donnent aucun service en retour, même pas un panier de fruits pour accueillir les nouveaux propriétaires ! Et pernicieuse parce que sa seule existence décourage financièrement les ménages de passer de locataires à propriétaires.

Sports

C’est le bordel chez les Maroons!

Le congédiement d’Olivier Laliberté ne passe pas dans le vestiaire des Maroons.

En guise de protestation, le défenseur Jason Larochelle a décidé de rendre son chandail à l’équipe. Les Maroons, pour lui, c’est fini.

Chroniques

Les lendemains de dette

CHRONIQUE/ « On ne meurt pas de dettes. On meurt de ne plus pouvoir en faire. » - Louis-Ferdinand Céline

Vous avez bien mangé, bien bu? Vous avez dansé jusqu’au bout de la nuit? Jusqu’au bout du crédit, vous avez bien dépensé? Si ça peut vous consoler, vous n’êtes pas seuls. Vous pouvez même vous considérer à la mode, en pleine tendance. Les célébrations des Fêtes demeurent le moment fort de l’année pour le commerce, et l’endettement. 

Mince consolation, un récent sondage Léger réalisé pour le compte du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) nous apprend que le Québec est encore cette année la province où on dépense le moins durant cette période, plus ou moins 500$ chez les Québécois contre 700$ pour les festifs Canadiens. Une autre exception bien de chez nous!

Plus fédératrice, la dette des ménages relie tous les Canadiens dans une propension marquée au surendettement. Statistique Canada nous apprenait récemment que le fardeau de la dette de ces ménages s’établissait à 173,8% de leur revenu annuel disponible. En moyenne, on vit au-dessus de nos moyens.

Hier encore, j’avais 20 ans et la bohème ne m’intéressait pas du tout. Je déambulais dans le centre commercial à la recherche du grand amour et d’une nouvelle casquette. Deux sympathiques brunettes m’ont alors harponné vers leur kiosque pour m’offrir un cadran. Oui, un cadran gratuit, et un formulaire pour l’obtention d’une carte de crédit. Pourquoi pas? C’est toujours pratique un cadran. Je ne m’attendais pas à me qualifier pour la carte de crédit, car j’avais allégrement arnaqué la compagnie Columbia en commandant des dizaines de cassettes. Oui, comme un jeune moderne qui ne paie rien pour ses heures de Youtube et de streaming, j’ai consommé du Public Enemy et du Samantha Fox sans débourser un sou.

Surprise! Columbia n’avait pas démoli la cote de crédit du ti-cul de quinze ans qui avait omis de rembourser ses découvertes musicales. Même que la banque m’offrait ma première carte de crédit, un petit millier de dollars, une fortune. Les différences entre le pouvoir d’achat, l’endettement et les actifs m’étaient étrangères. Belle prise pour la banque, le jeune poisson que j’étais a gobé l’hameçon. Aussitôt endetté, j’ai payé des intérêts à cette banque des années durant. Ils se sont amplement remboursé les cadrans et les salaires des démarcheuses du centre commercial en une seule signature.

À se faire répéter Carpe Diem, Vivez l’instant présent, Vous le méritez bien et autres appels à l’insouciance consumériste, on finit par succomber. Achetez maintenant et payez plus tard, et plus tard, et plus tard encore, et encore un peu d’intérêt. Finalement, payez deux à trois fois le prix de la bébelle et engraissez des banques qui croulent déjà sous les profits.

Ce n’est pas le cas des citoyens, ces consommateurs-clients qui se laissent séduire par les « produits financiers » de leurs banques voraces. On a battu un triste record au Québec en 2016, avec plus de 46 000 consommateurs et entreprises contraints à déclarer faillite ou à se soumettre à des ententes de paiements avec leurs créanciers. Malgré une légère amélioration les années suivantes, le taux d’insolvabilité est en hausse constante. Alors, qui est irresponsable? L’individu qui s’étrangle dans l’espoir de voir sa situation financière s’améliorer ou les institutions qui permettent ces endettements risqués? La réponse se trouve peut-être à mi-parcours, mais elle n’apparaît sûrement pas dans l’exemple donné par nos dirigeants.

À l’échelle internationale, les dettes des pays sont ridicules. Oui, celles des anciennes colonies exploitées puis asservies, mais celles des grandes puissances mondiales aussi. Des exemples de dettes extérieures? Plus ou moins 19 188 102 400 000$ US pour les États-Unis, soit 60 000$ par habitant(2016), 4 713 000 000 000 pour l’Allemagne avec sensiblement la même charge par citoyen(2010), le Canada paraît presque sage avec ses mille milliards de dollars, coupant de moitié ce que la dette fait peser sur les épaules de chaque citoyen. Évidemment, le citoyen en question en a peu conscience, tout occupé qu’il est à gérer ses propres dettes, marges de crédit et autres hypothèques en souffrance.

L’inconscience est aussi de mise pour la dette environnementale. Quand on voit l’écart entre les prévisions catastrophiques de milliers de scientifiques et les engagements insignifiants de nos dirigeants à la fumeuse COP 24, on est loin de notre profit. Endettez-vous maintenant et suffoquez plus tard!  Nous avons déjà 79 millions de tonnes de GES, oui, 79 mégatonnes de gaz à effets de serre de retard sur les engagements canadiens précédents. Et même si on chiffre maintenant les coûts occasionnés par le réchauffement climatique à plusieurs milliers de milliards de dollars, nos habitudes de pollueurs impénitents changent peu, ou pas. Ajoutez ça sur le bill!

J’ai perdu le cadran offert pour mon premier hameçonnage au crédit. Et pourtant, parfois, quand je m’attarde à mes dettes, à celles de mes contemporains, de mon pays et de ma planète, je crois entendre son alarme résonner au loin.

Chroniques

Trouver sa voie au milieu du désordre

CHRONIQUE / Une maman doit se sentir un peu moins seule à chercher son enfant au milieu du désert et dans l’immensité du continent africain quand un quotidien comme Le Monde publie un texte traitant de sa disparition.

Le volume de la caisse de résonnance médiatique augmente en marge de l’inquiétante disparition de la Sherbrookoise Édith Blais, attirée à 34 ans par l’entraide humanitaire dans le pays instable qu’est le Burkina Faso avec un copain italien, Luca Tacchetto, dont la famille est aussi sans nouvelles depuis le 15 décembre.

Imaginons sa mère Jocelyne Bergeron parcourant la revue de presse internationale sur internet à partir du logement de Sherbrooke qu’elle et ses proches ont transformé en bureau d’enquête d’Interpol, d’où elle aurait sans doute voulu réagir en propageant un message d’optimisme dans l’univers :

« Où que vous soyez sur la planète, si vous croisez une jeune femme toujours souriante aux yeux bleus, aux cheveux tressés, c’est immanquablement ma belle Édith! Rappelez-lui à quel point nous l’aimons et incitez-la à nous envoyer un petit coucou dès qu’elle en aura l’occasion ».

Mais voilà que les autorités canadiennes recommandent plutôt aux proches de Mme Blais de cesser les appels à l’aide. De réprimer leurs craintes en s’enfermant dans le mutisme, dans un silence ajoutant au poids de l’incertitude causée par des djihadistes se livrant encore dans ce pays à des purges religieuses et ethniques.

Bien que ce soit difficile à admettre, il ne faut surtout pas nourrir les ambitions de brigands assoiffés de rançons.

« Je me suis déjà retrouvé à l’étranger à devoir discuter et argumenter avec des milices armées qui nous bloquaient le passage. Sans connaître ce qui s’est vraiment passé dans le cas de Mme Blais, j’encourage sa famille à garder espoir. Il y a de très bonnes chances qu’elle et son ami soient toujours vivants. Ces situations sont stressantes et délicates, mais finissent généralement par se régler sans perte de vie », témoigne Patrice Raymond, un infirmier sherbrookois ayant le bagage d’une vingtaine de missions humanitaires.

M. Raymond est d’ailleurs en attente de confirmation d’un autre départ pour retourner combattre la maladie de l’Ebola au cours des prochaines semaines dans une région isolée du Congo où 150 groupes rebelles s’affrontent. Conjoncture locale pour le moins tendue, ne représentant toutefois pas un risque indu aux yeux du coopérant.          

« Ce n’est pas être entêté que de vouloir aider. Il y a toujours du danger, peu importe où l’on nous envoie. Nous sommes adéquatement formés pour composer avec le risque. Le personnel de la Croix-Rouge nous encadre et veille au respect de pratiques sécuritaires. Les besoins des populations locales sont trop urgents et trop importants pour suspendre les opérations de secours », estime-t-il.

Souci de solidarité et d’entraide que l’infirmier du CHUS-Fleurimont perçoit de plus en plus comme une valeur collective dans la ville étudiante qu’est Sherbrooke.

« Avec tous les projets lancés au secondaire, au collégial de même que dans nos deux universités, aucune autre communauté n’engage autant sa jeunesse dans l’entraide internationale que la nôtre. C’est devenu un choix de carrière, un mode de vie, une passion. Les hésitations ne surviennent pas au moment de partir, mais lorsqu’il faut revenir en sachant que ça nous replongera dans le train-train quotidien », affirme l’infirmier missionnaire, dont les fréquents voyages à l’étranger sont cautionnés par son épouse africaine qu’il a d’ailleurs rencontrée dans un contexte humanitaire. Le couple est parent de jumeaux mixtes âgés de neuf ans.

« J’arrive à conjuguer mes responsabilités parentales et mon désir de contribuer au mieux-être des populations durement éprouvées. Les inégalités humanitaires et monétaires nous imposeront dans le futur un devoir encore plus grand à cet égard, en particulier pour secourir des enfants et cela, en étant exposés à de plus en plus de citoyens violents et radicalisés.

« Dans les circonstances par contre, la solidarité commence ici, à Sherbrooke, en saluant l’engagement d’Édith et en épaulant sa famille. Souhaitons-leur un dénouement heureux », plaide Patrick Raymond en appuyant sans réserve le parcours de vie de sa jeune concitoyenne qui, à ses yeux, n’avait rien de trop téméraire.

Actualités

Le train est en marche

Les temps sont durs pour les écologistes. Ainsi que pour les environnementalistes. Pour toute l’humanité en fait. Malgré un fort consensus des scientifiques, appuyé par d’innombrables et incontestables données, des politiciens continuent de nier que le climat change. Et que l’Homme, par sa consommation effrénée d’énergies fossiles qui libère du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, en est responsable.

On n’aurait pas à s’en soucier si ces politiciens n’étaient que des tire-pois. Le problème, et il semble s’être amplifié ces deux ou trois dernières années, c’est que bien des climato-sceptiques gouvernent des États influents ou aspirent à le faire. On pense d’emblée au président des États-Unis. Il a fait de la réanimation de l’industrie d’extraction de charbon une de ses promesses clés en campagne électorale en 2016. Il soutient par ailleurs qu’il retirera son pays en 2020 de l’Accord de Paris, une entente signée par 174 pays sur des cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES).

Actualités

La sainte paix

Dans trois jours commencera une nouvelle année.

Un nouveau tour de calendrier avec ses anniversaires, ses fêtes, ses jours fériés et ses saisons. Une autre année où les jours deviendront des semaines, puis des mois. Où les minutes nous fileront entre les doigts.

Actualités

Autrement dit 2018: le meilleur du pire

Les chiffres et les pourcentages et tendances

Combien d’années devraient travailler la majorité des employés américains de Walmart pour égaler le salaire annuel de 22,2 millions $ du pdg de l’entreprise, Doug McMillon, en 2017? 

a) 1157 ans; 

b) 123 ans; 

c) 54 ans; 

d) 5423 ans; 

e) 251 ans. 

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Réponse : a) 

Source : The New York Times (Mai)

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