Patrick Viens est propriétaire du Vidéo Super Plus depuis l’an 2000.

Vidéo Super Plus: 30 ans et toujours présent

À l’ère de Netflix et de la télévision sur demande, un petit commerce de la rue Principale de Saint-Césaire leur tient encore tête. Cette année, le club Vidéo Super Plus célèbre ses 30 ans.

Établi en 1987 par Victor Robidoux, le commerce est passé aux mains de son actuel propriétaire, Patrick Viens, en 2000. «Il me semble encore que c’était hier! Je n’ai pas vu les années passer», dit-il.
Au fil des ans, l’entreprise a réussi à tirer son épingle du jeu, malgré les bouleversements provoqués par l’arrivée d’Internet, du téléchargement illégal et du géant Netflix. «Mais notre plus gros ennemi, ce sont encore les enregistreurs numériques», relève M. Viens, également propriétaire de la Cantine Ô P’tit creux.
La location de nouveautés, à 4,50$ le film ou 6$ pour deux titres, demeure aussi plus abordable que les films disponibles via un câblodistributeur.
Et, contrairement à ce qu’on pourrait croire, les affaires vont mieux pour le club vidéo durant la saison chaude. «En hiver, s’il ne fait pas beau, les gens ne voudront pas sortir pour louer un film, explique M. Viens. Ils vont enregistrer des films et des émissions et les regarder plus tard.»
Le fait de se trouver en région, là où Internet haute vitesse n’est pas accessible depuis longtemps, a beaucoup aidé à limiter les dommages. «On dit à la blague que la meilleure place pour vivre la fin du monde est à Saint-Césaire, car les répercussions vont arriver trois ans plus tard!» rigole l’entrepreneur.
Fermeture hivernale
Malgré tout, la réalité finit par rattraper le club vidéo qui, pour la première fois cette année, fermera ses portes pour la saison hivernale. Ainsi, impossible de louer des films ou de savourer une «twist» entre le 1er décembre prochain et le 1er mars 2018. «L’hiver passé a été celui de trop», constate le propriétaire.
Plus ou moins 2500 titres sont disponibles en inventaire actuellement. Au plus fort des affaires du commerce, on en comptait plus du triple.
La diversité de son commerce est ce qui a permis au club vidéo de perdurer aussi longtemps, affirme M. Viens. «On regarde d’autres (clubs vidéo), ceux qui n’avaient que ça: ils (ndlr: les propriétaires) ont tout perdu quand ça a fermé.»
Le bar laitier «sauve la donne», reconnaît d’emblée l’homme d’affaires et ancien conseiller municipal. «Depuis trois ans, c’est ça qui faisait travailler les employés», dit-il. De trois employés en tout temps sur le plancher il y a quelques années, on n’en compte plus qu’un en journée et deux en soirée.
Un commerce qui procure du bonheur
À travers ses commerces, M. Viens fait sa part pour la communauté. En collaboration avec l’école secondaire Paul-Germain-Ostiguy, il a fourni des emplois à des élèves en difficulté. Dans certains cas, il a fait une différence. «Ça leur a donné une chance.»
Chaque année depuis une décennie, il offre toutes les recettes d’une journée à sa boutique à l’école primaire Saint-Vincent, afin de fournir des repas aux enfants les plus défavorisés.
«Des fois, on s’asseoit et on pense à ce qu’on aurait pu faire différemment. Moi, ma business disparaîtrait que je ne changerais rien, dit-il. C’est une belle entreprise. J’ai du fun avec les employés.»