Le vice-président Louis-Philippe Granger, le président Philippe Dufresne, et le vice-président ingénierie, Stéphane Côté, devant un leveur de poutrelle fabriqué par l’entreprise.

Mécan-Hydro: savoir se démarquer

Dans le marché compétitif de l’équipement de mécanique lourde pour centrales hydroélectriques telles que vannes, treuils et grilles, Mécan-Hydro se démarque par sa capacité d’adaptation.

«Plus c’est compliqué, meilleur on est!», lance le président Philippe Dufresne, rencontré dans les locaux de l’entreprise située rue du Luxembourg, à Granby.

Mécan-Hydro s’intéresse à la recherche et au développement de nouveaux produits, une expertise profitable lorsqu’on lui propose des contrats qui sortent de l’ordinaire.

Et comme la plupart des barrages du Canada ont près de 50 ans d’âge, ces demandes — comme pour des systèmes de nettoyage automatisé — sont nombreuses.

«Le développement de certains équipements, c’est là qu’on va être fort, dit M. Dufresne. L’ingénierie, c’est un défi chaque fois. Mais on a une bonne équipe et on augmente notre gamme de produits. Ça nous a aidés dans les périodes plus creuses.»

Ce qui n’est pas le cas présentement.

Mécan-Hydro, qui a fusionné en 2000 avec sa filiale d’ingénierie et de service Hydro-innovation, connaît une «belle croissance» grâce à l’âge des ouvrages hydroélectriques actuels, et aussi «grâce» aux changements climatiques.

Les crues sont de plus en plus extrêmes, mentionne le président, et font la vie dure aux installations. «Celles qu’on voyait aux 1000 ans, ça revient aux 20 ans, explique-t-il. Les ouvrages existants n’ont pas la capacité d’évacuation nécessaire.»

Les pièces fabriquées par Mécan-Hydro pèsent jusqu’à 45 tonnes, un record que la future usine permettra de dépasser.

C’est là que l’expertise de Mécan-Hydro est appelée en renfort pour augmenter le nombre de vannes nécessaires, par exemple, ou pour en installer de plus grandes. Elle fait surtout des affaires au Canada, mais aussi aux États-Unis.

Mais dans ce pays, ses ardeurs sont freinées par Donald Trump qui «a fermé toutes les subventions aux énergies renouvelables», indique Philippe Dufresne. Un projet d’atelier que l’entreprise granbyenne caressait chez nos voisins du Sud est d’ailleurs en suspens pour cette même raison.

Nouvelle usine

Qu’à cela ne tienne. Les contrats et les initiatives ne manquent pas pour le fabricant de pièces gigantesques en acier, qui a notamment contribué à la réfection du barrage du lac Boivin, à Granby.

Mécan-Hydro, qui vient de fêter ses 25 ans, planche sur un projet de nouvelle usine qui lui permettra de tripler sa production et son chiffre d’affaires et d’augmenter sa capacité de levage, soit de produire des pièces plus imposantes.

La plus grosse construite jusqu’à maintenant faisait 45 tonnes. Elle a dû être fabriquée en trois morceaux.

La future installation, qui sera voisine de l’usine actuelle, permettra de déplacer des articles pouvant aller jusqu’à 60 tonnes au lieu du maximum actuel, qui est de 30 tonnes.

Elle permettra également d’accueillir plus confortablement les quelque 50 employés actuels — plutôt à l’étroit ces jours-ci — et d’en embaucher une trentaine d’autres.

Pour l’heure, l’entreprise attend l’aval de la Ville et les autorisations environnementales nécessaires. Si tout va bien, l’usine Mécan-Hydro 2.0 pourrait voir le jour dans un an.

D’ici là, elle ne chôme pas et continue de diversifier ses activités. En plus du «marché de réhabilitation», qui consiste à réparer des pièces existantes de barrage et pour lequel sa division M2i a notamment été créée, elle a depuis peu intégré le secteur des écluses et eaux usées des municipalités.