Éric Tessier, directeur du développement industriel chez Granby Industriel, et Patrick St-Laurent, directeur général de l’organisme

Granby Industriel au cœur de l’action

Parce que les difficultés de recrutement sont loin de s’amenuiser, Granby Industriel continuera à multiplier les initiatives en 2020 pour supporter les entreprises dans leurs démarches d’embauches.

«La main-d’œuvre continue à être un enjeu extrêmement important et majeur pour notre organisation et les entreprises que nous supportons. Il y a quelques temps, cet enjeu était surtout relié à des emplois spécialisés. Maintenant, ça touche l’ensemble du personnel, peu importe les secteurs d’activité», fait valoir le directeur général de Granby Industriel, Patrick St-Laurent.

Selon lui, la combinaison du facteur démographique, du faible taux de chômage et de la vigueur économique sont à l’origine de cette situation difficile.

L’économie roule, dit-il. Le parc industriel de Granby en est notamment la preuve avec les nombreux projets et investissements en cours, tels la construction de nouvelles usines pour L.B. Maple Treat et Atlas Aéronautik, ainsi que l’agrandissement d’Innova. Les entreprises sont en croissance. Et cela entraîne des besoins de main-d’œuvre.

Dans les circonstances, Granby Industriel entend entre autres récidiver l’an prochain avec l’organisation d’une ou deux éditions de l’événement Destination Granby, organisé avec SERY. Cela permet notamment à des personnes immigrantes de la région montréalaise de venir à la rencontre d’entreprises locales à la recherche de personnel.

Des modifications à la formule sont néanmoins envisagées. «On aimerait le faire de façon différente pour rendre ça plus attrayant pour les entreprises, mais aussi pour ceux qui cherchent des emplois», laisse savoir Patrick St-Laurent.

Projets et BUZZ

Granby Industriel pourrait aussi évaluer la pertinence d’organiser d’autres missions à l’occasion des Journées Québec. En novembre dernier, deux représentantes de l’organisme de développement industriel ont accompagné trois entreprises à Paris afin d’y recruter des employés semi-spécialisés et spécialisés.

De telles journées sont aussi prévues pour les entreprises québécoises l’an prochain à Bogota, en Colombie, et à Bogosta, au Maroc. Des employés de toutes les catégories (des journaliers, des opérateurs, des gens en restauration rapide, etc.) pourront y être rencontrés, voire recrutés.

«Les machinistes et autres travailleurs spécialisés s’en viennent aussi un peu plus rares en France. De là, l’opportunité d’aller recruter dans d’autres pays, comme au Maroc. On verra s’il y a de l’intérêt de la part des entreprises d’ici», fait pour sa part valoir le directeur du développement industriel de Granby Industriel, Éric Tessier.

Le site Internet Granby-profitez.com, un autre outil mis à la disposition des employeurs afin de promouvoir la région et recruter du personnel, de même que le site Internet de Granby Industriel, seront par ailleurs bonifiés l’an prochain. «On veut rajouter des outils pour aider les entreprises et promouvoir Granby. On travaille déjà sur deux projets importants, pour chacun des sites, pour les rendre encore plus pertinents, utiles et utilisés», glisse Patrick St-Laurent. Les détails seront précisés au moment opportun, dit-il.

Surnommé «Buzz Granby», un nouveau projet, issu d’un partenariat entre Granby Industriel et TVA, permet à certaines entreprises granbyennes de se démarquer. Six capsules, diffusées notamment sur les ondes de TVA, ont été produites sur autant de PME, soit Prinoth, Northrich, Cascades, Millet Plastique, Hershey et Durabac. Les postes ouverts au sein de ces entreprises, ainsi que les avantages de l’environnement de travail, sont soulignés au passage.

Six autres entreprises sont actuellement recherchées pour la phase deux de ce projet qui sera lancée en janvier. «Ça s’inscrit dans le cadre de Granby- profitez.com. C’est un effort de plus pour pallier l’enjeu de la main-d’œuvre», dit le DG de Granby Industriel. «C’est le cumul des actions qui donne des résultats», est convaincu Éric Tessier.

Un enjeu pour les entreprises, selon Granby Industriel: Objectif 4.0

Parce qu’il en va de leur compétitivité et de leur productivité, Granby Industriel a l’intention de continuer à sensibiliser les entreprises afin qu’elles amorcent le fameux virage 4.0.

« Il faut continuer à appuyer les entreprises en leur présentant différentes solutions liées à la transition numérique ou 4.0. Il y a encore beaucoup de chemin à faire pour aider nos entreprises à implanter des processus digitalisés, numérisés, pour capter et traiter des données », affirme le directeur du développement industriel chez Granby Industriel, Éric Tessier. 

Une première cohorte d’accompagnement 4.0, qui vise l’implantation d’usines ou de processus « intelligents », a été lancée cet automne par l’organisme de développement industriel. L’objectif visé par les six entreprises participantes : évaluer la faisabilité d’entreprendre ce virage. 

« Tout débute par l’audit 4.0, développé par le ministère de l’Économie et de l’Innovation. À partir de l’audit, subventionné à 100 %, un plan d’action est dressé, en lien avec le plan stratégique de l’entreprise. Il faut que les outils implantés correspondent à la planification stratégique. Les entreprises bénéficient aussi d’un accompagnement de
30 heures avec un spécialiste, qui travaille avec elles pour débuter la mise en œuvre du plan d’action », relève Éric Tessier. 

Celui-ci fait valoir que les entreprises sont « bombardées » de toutes parts au sujet du 4.0. Mais l’audit leur permet de prendre un pas de recul afin de mieux évaluer la situation et de choisir les outils prioritaires à implanter. 

Selon le directeur général de Granby Industriel, Patrick St-Laurent, il est visé de démarrer une cohorte d’accompagnement 4.0 par année. Pour des entreprises, déjà engagées dans cette transition numérique, cela a permis de transformer certains emplois de type manutentionnaires en des emplois à valeur ajoutée, avec l’apport de la technologie, souligne M. St-Laurent. 


Missions

En 2020, Granby Industriel participera à un des plus importants salons de technologie industrielle au monde, la foire de Hanovre, en Allemagne. Le ministère de l’Économie et de l’Innovation, ainsi que le ministre Pierre Fitzgibbon, devraient être à la tête de la délégation québécoise. Autre mission parmi d’autres à l’agenda : une délégation d’entreprises granbyennes prendra la direction de la Communauté d’agglomération du Sicoval, près de Toulouse, en juin, question de s’inspirer des meilleures pratiques d’affaires mises en place dans cette région, afin de se mettre à l’heure du 4.0, affirme Éric Tessier.

« Depuis quatre ans, on fait beaucoup de choses à l’extérieur. Ça nous permet de mettre Granby et la région en évidence, mais c’est aussi pour aller chercher des idées. En matière de 4.0, l’Allemagne et l’Europe sont en avant de nous », indique Patrick St-Laurent. 

« Quand on crée des relations entre les entreprises de là-bas et celles d’ici, ça n’entraîne pas du jour au lendemain des investissements de 3 millions $ dans les entreprises. Mais ça assure leur pérennité parce qu’elles deviennent plus compétitives », ajoute-t-il.

Dans ses efforts de prospection à l’international, Granby Industriel dit par ailleurs être désormais à la recherche d’entreprises de plus petite taille, de 30 à 60 employés, à forte valeur technologique, qui peuvent appuyer les PME manufacturières en place. Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, « si on arrive avec une entreprise qui crée 200 à 300 emplois, on va avoir des problèmes, c’est sûr », lance Éric Tessier. 

Les bonnes pratiques d’affaires développées à Granby attirent aussi l’attention. Son parc industriel est le seul au Québec, selon M. St-Laurent, où 25 entreprises ont obtenu le niveau 1 de la certification Écoresponsable. La région du Sicoval serait aussi intéressée à mettre en branle cette démarche de développement durable.

UN NOUVEAU TOIT EN 2020 ?

Granby Industriel planche depuis plusieurs mois sur un projet qui permettrait d’implanter une structure d’accueil pour les entreprises, québécoises ou internationales, qui souhaitent avoir un pied-à-terre à Granby, notamment pour étudier le marché ou préparer leur implantation. Dans un monde idéal, ce projet verra le jour en 2020, affirme le directeur général de l’organisme de développement industriel, Patrick St-Laurent. Si l’agrandissement des locaux actuels de Granby Industriel a été envisagé, cette option est maintenant exclue. La construction d’un nouveau bâtiment industriel par un promoteur, où, en plus de l’organisme, une autre entreprise qui n’a pas été précisée y louerait des locaux, est plutôt dans l’air.

«Je pense que c’est important que Granby en arrive à avoir ce type de structure d’accueil pour les entreprises de services à l’industrie. Actuellement, on a plusieurs prospects. Mais ces gens-là n’ont pas besoin d’une usine, mais de bureaux. Il faut qu’ils cohabitent au cœur du parc industriel, dans un environnement stimulant, pour créer les bonnes synergies avec les entreprises»,  dit le directeur du développement industriel de Granby Industriel, Éric Tessier. Selon lui, Sherbrooke, Drummondville et Longueuil, entre autres, ont ce type d’installations. Marie-France Létourneau