Le directeur du développement chez Granby Industriel, Éric Tessier.

Granby en mode recrutement

Après avoir été moins active dans la prospection d’entreprises étrangères, l’équipe de Granby Industriel met beaucoup d’efforts dans ce créneau. L’organisation compte ainsi ajouter plusieurs nouvelles PME aux 27 compagnies déjà établies à Granby et venant de partout sur le globe.

Les efforts de relance de la prospection internationale chez Granby Industriel sont plus marqués depuis 2014. Les entreprises européennes sont la cible de prédilection, précise Éric Tessier, directeur du développement industriel pour l’organisation. Une étude de positionnement, réalisée par la firme Deloitte, a été la prémisse de la recrudescence des activités de recrutement dans ce domaine. « Ce qui est ressorti, c’est que Granby est très attractive, a indiqué le commissaire. Principalement dans le créneau de l’aéronautique et celui du transport et des véhicules spéciaux, car on a un tissu industriel étoffé ayant plusieurs sous-traitants disponibles. »

Plusieurs stratégies sont en place pour que l’offre de Granby sorte du lot, puis pour rester à l’affût de projets en évolution. À ce chapitre, Granby Industriel maintient des liens étroits avec Investissement Québec pour « faire valoir Granby comme lieu d’implantation possible pour des entreprises étrangères », mentionne M. Tessier.

Longue haleine

Comme le chercheur d’or, trouver la perle rare lorsqu’il est question de prospection d’entreprises étrangères demande une « bonne dose de persévérance ». Ceux qui s’attendent à des résultats instantanés ne donc sont pas au bon endroit. « Ce n’est pas parce que tu fais une seule sortie à l’international que tu vas attirer de nouvelles entreprises. Tu dois être présent constamment et reconnu dans les milieux industriels visés », fait valoir Éric Tessier. Parmi les astuces pour mousser l’opération séduction, notamment lors de salons internationaux, Granby Industriel montre ses terrains potentiels pour accueillir de futurs immeubles. L’organisation accueille également plusieurs délégations étrangères. « On leur présente des clients potentiels. On les met aussi en relation avec des entreprises déjà établies ici. C’est primordial d’établir rapidement une relation de confiance », souligne le directeur du développement industriel.

Diversification du risque

Bien que Granby Industriel ne soit pas fermée à accueillir de grandes entreprises, l’organisation mise plutôt sur les PME. « Si tu attires de gros joueurs et que ça tourne mal, tu te ramasses avec un éléphant blanc. Tandis qu’avec des PME, il y a une diversification du risque », explique
M. Tessier.

Cette vision semble porter ses fruits, car 27 entreprises étrangères sont établies, à ce jour, à Granby (voir tableau). Les États-Unis arrivent en tête de liste avec dix compagnies. La France est aussi bien représentée avec six entreprises. Suivent l’Allemagne (quatre), l’Angleterre (trois), puis le Japon, le Luxembourg, l’Italie et la Suède, avec chacun une PME originaire de leur pays. Par ailleurs, les perspectives de recrutement d’entreprises en France sont « très encourageantes ». La « morosité économique » là-bas, entre autres, fait en sorte que le Québec devient « très attrayant », fait valoir Éric Tessier. « On a beaucoup d’affinités avec les Français. Et sur le plan des affaires, on pense surtout comme les Américains. Le Québec est donc un excellent lien pour la mise en marché vers les États-Unis et le reste du Canada. »

Implantation de Groupe Millet plastics à Granby: la production lancée sous peu

Groupe Millet Plastics avait plusieurs municipalités dans sa mire pour venir s’établir au Québec. La société française a finalement choisi Granby pour lancer son projet d’expansion en Amérique du Nord. D’ailleurs, la production de bouteilles destinées au marché alimentaire devrait commencer au cours des semaines à venir dans les installations de la PME, rue Arthur-Danis. 

L’idée de s’enraciner au Québec a germé il y a deux ans chez Groupe Millet Plastics. «Le Québec est très intéressant. Ça nous permet de développer un vaste marché. On a travaillé avec une banque française, en partenariat avec les Caisses Desjardins. On nous a proposé de visiter trois zones. Longueuil, Saint-Hyacinthe et on a finalement misé sur Granby, qui est au cœur de la région agroalimentaire et près de nombreux clients», indique le président de la filiale canadienne de Groupe Millet, Dominique Millet. 

Notons que l’entreprise produira des contenants de plastique de 93 ml et 200 ml destinés à la consommation alimentaire. Un de ses clients est l’usine Liberté, établie à Saint-Hyacinthe. L’accès rapide à plusieurs axes de transport importants à Granby a donc pesé dans la balance.


Tissu industriel

Le tissu industriel est également un atout majeur pour la nouvelle entité, Millet plastique Canada. «Ce qui nous a plus à Granby, c’est le regroupement de fournisseurs dans plusieurs secteurs. Sans compter la main-d’œuvre de qualité. Bref, on était loin du désert en venant s’installer ici!, illustre M. Millet avec humour. D’ailleurs, on n’a pas mis qu’une phalange dans l’engrenage. On a déjà l’avant-bras tout entier, parce qu’on a pleinement confiance que Granby est l’endroit idéal pour continuer notre progression.»

L’implantation de l’entreprise, qui nécessitera des investissements de l’ordre de 17 millions de dollars, se fera en deux phases. La première requiert l’embauche de 24 personnes. Le lancement de la ligne de production est prévu en janvier prochain. La compagnie compte doubler ses effectifs pour amorcer la seconde phase, en décembre 2019.