À l’usine Lapierre-Waterloo-Small, quatre soudeurs de la Colombie ont été embauchés pour combler les besoins de main-d’œuvre.

Des soudeurs colombiens à la rescousse

WATERLOO — Depuis quelques semaines, la division waterloise de l’entreprise Équipements Lapierre accueille des soudeurs étrangers dans ses rangs. En raison du manque de main-d’œuvre québécoise, elle a choisi de se tourner vers la Colombie.

« On ne fait pas exception dans le marché, surtout en soudure, où c’est très en demande depuis quelques années. L’entreprise est en croissance et fait face à une pénurie de soudeurs. C’est donc un problème qu’il fallait gérer », explique la conseillère en ressources humaines, Marilyn Dion.

Spécialisée dans la fabrication d’évaporateurs pour l’industrie acéricole, Lapierre-Waterloo-Small emploie 55 personnes, dont une vingtaine de soudeurs. Ces équipements, fabriqués à partir d’acier inoxydable très mince, nécessitent une formation et une expérience précises, indique Mme Dion. « Ce n’est pas donné à tous de faire ce type de travail. La soudure TIG exige des qualités très particulières, car ça demande beaucoup de précision », note-t-elle, en ajoutant que de la soudure plus traditionnelle (MIG) y est aussi pratiquée.

Pour répondre à son besoin pressant de soudeurs TIG, la compagnie a d’abord opté pour la formation à l’interne, auprès d’employés qui avaient envie d’apprendre cette technique. « La moitié de nos soudeurs TIG a été formée de cette façon », indique la conseillère.

Malgré cela, il fallait en embaucher d’autres. D’où l’adhésion des Équipements Lapierre à un programme de recrutement international. Et d’où l’arrivée récente de quatre Colombiens aux installations de Waterloo, et de quatre autres à l’usine de Saint-Ludger, en Estrie.

Dans ce pays, dit-elle, de nombreux travailleurs sont spécialisés dans ce domaine, mais les emplois se font rares. Ce jumelage Québec-Colombie permet donc à tout le monde d’y trouver son compte.

Embauchés sur place

Une agence s’est d’abord rendue en Colombie pour réaliser une présélection des candidats. Par la suite, une représentante des Équipements Lapierre s’est rendue directement sur place pour l’étape des tests de compétence et des entrevues. À ce jour, l’intégration des quatre Sud-Américains à Waterloo se déroule rondement, affirme Marilyn Dion. L’entreprise leur loue une maison meublée qui lui appartient. Quant à la francisation — une clause incluse dans leur contrat de travail —, elle est assurée par l’employeur et doit débuter ces jours-ci. Depuis leur arrivée, ils ont cependant la chance de pouvoir compter sur un autre employé de Lapierre-Waterloo-Small, lui aussi originaire de la Colombie, qui leur sert notamment d’interprète. « La langue est un frein parfois, mais on trouve des solutions. Ça se passe super bien ; on est très content. »

La dame fait remarquer que pour les quatre hommes, cette occasion de travail est précieuse. Certains n’ont pas hésité à faire plusieurs heures d’autocar dans leur pays pour décrocher un emploi au Québec. « Pour eux, c’est sérieux. Ils viennent ici pour travailler, pas pour s’amuser. Souvent, leur salaire va être envoyé à leur famille. »

Car pour l’instant, les travailleurs sont seuls à Waterloo. Au bout de six mois, ils auront toutefois la possibilité de faire venir leur famille. Marilyn Dion laisse entendre que l’apport de cette nouvelle main-d’œuvre étrangère suffit présentement à la demande. Mais elle n’exclut pas l’éventualité de refaire l’expérience, si le besoin se fait sentir.

Un quart de plus

Signe que les affaires vont bien, l’usine de Waterloo a ajouté dernièrement un quart de soir à son horaire de fonctionnement. À l’heure actuelle, cinq soudeurs, un manœuvre et un opérateur y travaillent, mais l’équipe sera appelée à grandir, indique Mme Dion.

Encore là, l’entreprise peine à pourvoir tous les postes disponibles. Selon elle, l’embauche d’immigrants sans spécialisation pourrait être une option envisageable.