Patrick St-Laurent, directeur général de Granby Industriel.

Des atouts à développer

GRANBY — La construction d’un bâtiment multifonctionnel mis à la disposition des entreprises pourrait représenter un atout pour le parc industriel. Le projet est dans les cartons, selon le directeur général de Granby Industriel, Patrick St-Laurent.

« Une entreprise à l’international avec laquelle on travaille, aimerait venir s’établir à Granby et même faire un partenariat avec une entreprise qui existe déjà. Si on avait un bureau qui permettait une certaine transition, ça pourrait être intéressant pour elle. Mais aussi pour d’autres prospects potentiels qui voudraient débuter avec un petit bureau de vente », fait valoir M. St-Laurent.

Selon lui, cela permettrait aussi à Granby d’être plus compétitive face à d’autres villes qui ont déjà ce type d’installation. « Dans le milieu manufacturier, on nous interpelle parfois sur le sujet. Les gens veulent savoir si on a quelque chose pour les recevoir. On planche là-dessus pour être proactif pour le futur », affirme le directeur général de Granby Industriel.

Ce dernier affirme que différentes formules pourraient être envisagées pour permettre l’ajout de ce type de bâtiment. La Ville, par exemple, pourrait réaliser le projet. Mais un promoteur privé pourrait aussi s’y intéresser.

En mouvement

Chose certaine, le parc industriel de Granby est en mouvement. Les entreprises y ont réalisé des investissements records en 2017. Quelque 135 millions $ ont été investis, selon la dernière enquête industrielle réalisée sur le territoire de la Haute-Yamaska par Granby Industriel. Plus de 50 % des investissements ont été consacrés à l’achat de machinerie et d’équipement.

Si certaines entreprises ont annoncé leur implantation à Granby, comme le Groupe Millet Plastics, d’autres, déjà en activité, ont plutôt choisi de se relocaliser pour répondre à la croissance. C’est le cas de L.B. Maple Treat et de Gicleurs FF. Une autre annonce en ce sens est par ailleurs attendue prochainement, laisse savoir Patrick St-Laurent.

Le parc industriel de Granby mise sur deux créneaux d’excellence, soit l’aéronautique et les véhicules spéciaux.

Actuellement, la banque de terrains industriels disponibles, propriétés de la Ville, compte 4,8 millions de pieds carrés, tandis que des propriétaires privés en détiennent 2,1 millions. Le secteur industriel a pris de l’expansion ces dernières années dans le secteur de la rue Bousquet. Des travaux pour prolonger les services municipaux ont été réalisés au cours des derniers mois.

Cette année encore, Granby Industriel a, par ailleurs, multiplié les initiatives pour aider les entreprises à composer avec la pénurie de main-d’œuvre. Patrick St-Laurent affirme, en outre, être préoccupé par l’enjeu de l’automatisation-robotisation et la connectivité des équipements, bref le virage numérique ou le 4.0.. « La compétitivité et la pérennité de nos entreprises au Québec et à Granby y sont étroitement liées et bien que plusieurs entreprises aient amorcé le processus, d’autres sont très en retard », déplore-t-il.

Diversifié

De façon générale, le parc industriel mise sur deux créneaux d’excellence, soit l’aéronautique et les véhicules spéciaux, ainsi que deux forces régionales, la transformation alimentaire et l’ingénierie hydroélectrique.

Plusieurs démarches de prospection, notamment à l’international, ont été réalisées dans le passé dans les domaines de l’aéronautique et des véhicules spéciaux. Mais l’organisme a, pour la première fois, aussi participé cette année à un événement aux États-Unis portant sur le secteur hydroélectrique. « On a une force au niveau de l’ingénierie hydroélectrique à Granby. Il y a sept, huit entreprises dans ce domaine-là. On a accompagné nos joueurs du parc industriel », note M. St-Laurent.

Parmi les données en vrac : le parc industriel compte quelque 269 entreprises manufacturières, dont plus d’une centaine exportent, ainsi que plus de 9000 emplois, 26 filiales étrangères et 14 secteurs d’activité manufacturière, selon les données de la dernière enquête industrielle.

Les entreprises locales ont l’avantage d’être diversifiées, note Patrick St-Laurent. Autre point positif : le tissu industriel est composé de plusieurs PME, plutôt que d’une poignée de multinationales, dont les moindres soubresauts pourraient porter un coup dur à l’économie locale, dit-il.

Deux forces régionales se trouvent dans le parc industriel: la transformation alimentaire et l’ingénierie hydroélectrique.

Particularité : Granby est une ville industrielle orientée vers la sous-traitance. Si quelques entreprises, comme Prinoth, Artopex ou Durabac, fabriquent des produits finis, plusieurs œuvrent plutôt dans des chaînes d’approvisionnement de domaines spécifiques. Les démarches de prospection de Granby Industriel visent ainsi à bonifier les chaînes existantes, souligne Patrick St-Laurent.