Serge Audet, directeur général d'Atlas Aéronautik
Serge Audet, directeur général d'Atlas Aéronautik

Atlas Aéronautik: complexité et précision

En affaires depuis plusieurs décennies, Atlas Aéronautik a trouvé sa niche dans le milieu de l’aviation. Spécialisée dans certaines pièces mécaniques, l’entreprise granbyenne a un carnet de commandes bien rempli et les contrats continuent d’entrer.

L’entreprise, née de la fusion de deux compagnies qui auraient aujourd’hui plus de 50 ans d’histoire, se concentre sur les systèmes d’activation des volets d’avion et des trains d’atterrissage et dans certaines pièces de moteurs d’avion.

«C’est de la très haute précision. De la très haute dureté, souligne son directeur général, Serge Audet. Peu d’entreprises dans le monde sont capables de fabriquer ces produits-là. C’est pour ça qu’on s’est positionné dans cette niche-là. Le marché mondial est très, très, compétitif. Se différencier dans l’offre qu’on a nous permet de garder des produits ici et d’être moins menacé par les régions low cost comme la Chine, l’Asie, l’Afrique et le Mexique. Les équipementiers veulent s’assurer que les entreprises ont beaucoup d’expérience et de compétences.»

Il faut toutefois investir d’importantes sommes pour profiter d’équipements à la fine pointe la technologie permettant de construire des pièces parfaites. Une machine qui fabrique une pièce complexe munie d’engrenages à l’intérieur comme à l’extérieur, a notamment coûté environ un million de dollars à l’entreprise.

Les deux usines d’Atlas Aéronautik comptent plusieurs machines de ce genre donnant la possibilité de produire plusieurs composantes dans une précision de 0.007 mm
— un cheveu a un diamètre de 0.05 mm. Les pièces sont par ailleurs plus dures qu’une poêle de fonte.

Déménagement imminent

Les installations de la rue Édouard manquent cruellement d’espace. Pour être en mesure de poursuivre sa croissance, Atlas Aéronautik déménagera dans une toute nouvelle usine construite sur la rue Arthur-Danis dans la première moitié de l’année 2020. « On a un plan d’investissement sur plusieurs années. Le volume de production des clients augmente et on doit suivre la cadence.» Le carnet de commandes grossit et Atlas Aéronautik élargit son offre.

Serge Audet souhaite que l’entreprise se positionne comme fournisseur de rang deux en fabriquant des sous-assemblages. Par le passé, elle ne faisait que des pièces destinées à des assemblages.

« Déjà, on a gagné le contrat pour un premier sous-assemblage. C’est nouveau pour nous. C’est la stratégie qu’on a dans notre plan d’affaires et c’est pour ça qu’on déménage dans une nouvelle usine. On veut s’intégrer verticalement de façon plus importante. On veut se positionner comme un fournisseur de rang deux spécialisé dans les composantes mécaniques complexes. »

Un tel déménagement se planifie. Une équipe travaille actuellement sur le projet, car il faudra continuer de fournir les clients, mais aussi faire recertifier les pièces afin de s’assurer qu’il n’y a pas eu de bris de machinerie. Si les pièces ne sont pas parfaites, ces imperfections pourraient représenter un grand risque au niveau du fonctionnement d’un avion.

« Le besoin critique se fait sentir à la rue Édouard. On est cordé et on dit à la blague que les murs sont bombés vers l’extérieur!, rigole M. Audet. On n’a plus de place. La première phase va être de déménager l’usine de la rue Édouard et, deuxièmement, on va amener l’autre usine, celle de la rue Vadnais, pour tout avoir sous le même toit. C’est un processus extrêmement long. »

Recruter les talents

Pour la première fois dans l’histoire d’Atlas Aéronautik, l’an dernier, l’équipe n’a pas réussi à vider le carnet de commandes. Non seulement l’usine manque d’espace, mais elle vit également un manque au niveau des ressources humaines. Dernièrement, une dizaine de postes ont été pourvus, portant le nombre d’employés à environ 160. Les besoins sont encore grands, pourtant. « C’est un gros défi. C’est notre frein primaire pour continuer notre expansion, estime Serge Audet. On commence à avoir des délais de livraison. Nos fournisseurs ont aussi des problèmes de main-d’œuvre qui retardent leur livraison, alors c’est comme une cascade... »

Les besoins se font sentir principalement en production, surtout au niveau des machinistes. L’entreprise travaille avec les écoles pour mousser ce métier, qui a beaucoup évolué au fil du temps, assure-t-il.

« Malheureusement, c’est un métier méconnu. Ça ne se bouscule pas dans les écoles pour devenir machiniste. Ce sont de grosses machines avec un haut niveau technique. Il faut comprendre leur fonctionnement, il y a de la programmation et de la haute précision. C’est un métier beaucoup plus intéressant. »

M. Audet considère que beaucoup d’efforts sont mis par Granby Industriel pour attirer les talents, allant même jusqu’à recruter à l’étranger.

L’objectif est non seulement d’attirer la main-d’œuvre, qui se fait rare, mais aussi de la fidéliser. Atlas Aéronautik compte sur les défis techniques et le peu de routine entourant les tâches pour se faire attrayante. La direction réfléchit également à un programme pour offrir du travail-études.