«Les aires de biorétention sont notre nouveau cheval de bataille», dit Richard Morasse, à l’origine de cette initiative alors qu’il était président des Amis du bassin versant du lac Waterloo.

Un jardin intelligent pour le lac

Une nouvelle étape est franchie dans le projet d’assainir le lac Waterloo.

Le promoteur du quartier Chambourg-sur-le-lac, Patrick Lachance, met ces jours-ci la touche finale au premier « jardin intelligent » aménagé au coût de 15 000 $ près de la plage de ce secteur.

Aussi appelé « jardin de pluie » ou, plus savamment, « aire de biorétention », l’aménagement de 20 par 80 pieds servira à ralentir et à filtrer une partie de l’eau qui ruisselle dans le lac afin de diminuer l’afflux de phosphore.

Une trop grande quantité de phosphore cause l’eutrophisation de ce lac peu profond, soit un manque d’oxygène et, par conséquent, la présence de nombreux sédiments et d’algues bleues par temps chaud.

« Comme on n’a pas les moyens financiers pour draguer le lac, les aires de biorétention sont notre nouveau cheval de bataille », indique Richard Morasse, à l’origine de cette initiative, alors qu’il était président des Amis du bassin versant du lac Waterloo (ABVLW). Il est aujourd’hui « membre impliqué » uniquement.

« On donne des outils au lac pour qu’il s’autorégule, dit le touche-à-tout. C’est un grand pas, mais aussi une solution partielle. Ça prend plein de petits gestes pour faire de grands changements. »

L’ABVLM souhaite conscientiser les citoyens à la santé du lac afin que chacun fasse sa part, comme en reboisant ou en protégeant ses zones riveraines.

La force du nombre

« Le gros des apports en phosphore vient de l’urbanisation, du ruissellement urbain », dit Alice Boisvert-Chapdelaine, membre de l’équipe de bachelières en génie civil de l’Université de Sherbrooke, qui a participé à la création du jardin intelligent.

« Alors on s’est dit : il faut travailler dans ce sens-là. »

Dans l’aire, la couche de paillis qui surmonte une couche de gravier, qui elle-même est surmontée d’une couche de terre et de végétation, aide à retenir les sédiments.

Mais les aires de biorétention seront efficaces lorsqu’elles seront en très grand nombre dans la municipalité, dit Justine Sirois, aussi membre de l’équipe, dans une vidéo disponible sur Internet. « L’objectif, c’est de conscientiser les citoyens pour qu’ils installent des aires de biorétention sur leur terrain. »

« C’est un message d’espoir pour l’environnement et le lac Waterloo », dit Richard Morasse.

Avec cette aire de biorétention, Mmes Boisvert-Chapdelaine et Sirois, en compagnie de Virginie Simard, ont remporté la première place au dernier Concours national de projets finaux de conception organisé par la Société canadienne de génie civil.