Le directeur général et artistique de la Maison de la culture, Frédéric Messier.

Maison de la culture: une formule gagnante

Il s’en est passé des choses en 30 ans à la Maison de la culture de Waterloo. Depuis ses premiers pas, en 1989, la salle de diffusion a connu des travaux, des agrandissements, des écueils et des changements de garde. Elle a surtout accueilli entre ses murs une quantité impressionnante d’artistes, qui ont fait vivre au public toute la gamme des émotions.

« On est dans la continuité d’une formule gagnante », fait remarquer le directeur général et artistique de la MCW, Frédéric Messier. Et dans une ère de stabilité implantée par son prédécesseur, Érick-Louis Champagne, ajoute celui qui est en poste depuis février 2018.

« Après 30 ans, on a vraiment une réputation enviable auprès de la clientèle et de l’industrie. Les artistes aiment venir jouer ici. »

Un attachement qu’il attribue au pouvoir de la petite salle de « créer facilement des moments magiques ».

« On est dans un bâtiment qui date de 150 ans, un ancien temple maçonnique de surcroît, qui accueille une maison de la culture depuis 30 ans... En entrant, tu sais que tu n’es pas dans un lieu ordinaire ! »

Frédéric Messier relève également les qualités acoustiques de la salle — le vieux plancher de bois y est pour quelque chose, dit-il —, rehaussées par l’expertise de longue date du technicien de son de la Maison de la culture. La formule cabaret n’est pas non plus étrangère à la popularité de l’endroit, selon lui.

« On a une forte clientèle régulière, qui n’a pas peur de faire 20 ou 30 kilomètres pour venir nous voir, malgré la présence de salles de spectacles chez elle. Pour nous, c’est un bon indice. »

N’empêche, M. Messier ne cache pas que le monde du spectacle est un milieu difficile. « Réussir à remplir une salle de nos jours, c’est un défi pour tout le monde. On a généralement entre
15 et 20 spectacles qui affichent complet sur la quarantaine que compte notre programmation. »

Dans ce contexte, il se réjouit de constater que pour la saison 2019-2020, déjà huit spectacles sont à guichets fermés. « Ça va super bien. »

Sortir des murs

Pour celui qui rêvait « de sortir la Maison de la culture de ses murs », l’occasion s’est présentée cet été à travers les Mercredis shows, qui se tenaient gratuitement chaque semaine au centre-ville de Waterloo grâce à une subvention de la Ville.

« Ça nous permet de faire découvrir aux gens des artistes moins connus. C’est un gros coup de main pour eux, car ça leur permet une vraie première rencontre avec le public », constate le directeur. Ce volet découverte est aussi l’un de ses principaux objectifs quand vient le temps de monter sa programmation régulière. Il cite en exemple le spectacle du groupe Québec Redneck Bluegrass Project qui, bien que méconnu, a fait salle comble un petit jeudi soir de septembre.

« C’est très intuitif. Et il faut que tu aies les moyens d’être audacieux », dit-il.

Invité à suggérer quelques spectacles à ne pas manquer cette saison, Frédéric Messier mentionne notamment la soirée du 30e anniversaire de la MCW avec Vincent Vallières, le spectacle/retour de Diane Tell, et celui très attendu du groupe Les Trois Accords.

La Maison de la culture dispose d’un budget annuel d’environ 400 000 $. L’organisme est notamment logé au 441, rue de la Cour, aux frais de la municipalité, qui s’occupe également de l’entretien du bâtiment, en plus de lui donner un coup de pouce financier. D’autres partenaires lui permettent également de fonctionner, sans compter ses revenus autonomes.

Travaux

Depuis quelques mois, des travaux de réfection sont dans l’air à la Maison de la culture. Réalisés en collaboration avec la municipalité de Waterloo, ceux-ci toucheront principalement la mezzanine et le clocher de l’ancienne église, dont le poids posait des problèmes structurels.

« Ç’a été long d’évaluer les diverses possibilités qui s’offraient à nous, comme agrandir la mezzanine, par exemple. On s’est toutefois rendu compte que ce n’était pas une bonne option. Au final, on aura doncn, pour Noël, un nouveau clocher de bois et une mezzanine réaménagée pour recevoir 24 places au lieu de 12 », assure M. Messier.

Malgré l’optimisation de cette section, Frédéric Messier indique que le nombre total de places passera de près de 280 à 220 à l’issue des travaux. Même s’il sera ainsi plus aisé de remplir la salle, l’exercice comporte aussi certaines contraintes d’espace.

« C’est sûr que ça nous force à revoir nos façons de fonctionner », admet le gestionnaire.

Selon lui, une fois cette mise à niveau complétée, il ne restera qu’à renouveler les équipements de son et d’éclairage qui, même s’ils sont fonctionnels, comptent déjà 18 années d’utilisation.

« Il ne manque que ça pour être bon pour un autre 20 ans ! »


La Maison de la culture, c’est...

- Une quarantaine de spectacles par année

- Environ 6000 spectateurs par saison

- Six employés permanents, dont un à temps plein