Le laser-run est l’une des dernières étapes du pentathlon moderne qui regroupe l’escrime, la natation, la course et le saut équestre.

Les jeunes découvrent le laser-run

Depuis mai dernier, une nouvelle discipline sportive a fait son entrée dans le programme du Corps de cadets de la marine de Waterloo : le laser-run.

Le laser-run combine le tir au laser avec la course, rappelant le biathlon. Il s’agit de l’une des dernières étapes du pentathlon moderne qui regroupe l’escrime, la natation, la course et le saut équestre. Ce sport fait appel à l’endurance, la concentration et la régulation de l’effort.

Cette activité a été apportée par Carl Bourget, qui fait partie du programme des cadets, à Windsor. Il sert, en quelque sorte, de guide alors que les coachs locaux, Normand Hauver et Jérémy St-Onge, entraînent les cadets de Waterloo.

Évidemment, l’objectif derrière le laser-run n’est pas de faire des jeunes cadets des Olympiens, souligne Manon Godard, conseillère du programme secteur Estrie.

« On voulait stimuler la participation et leur faire découvrir quelque chose de nouveau, insiste-t-elle. Dans notre programme, on a toujours fait la promotion des saines habitudes de vie et de l’activité physique. Par le sport, on est capable d’aller chercher ces valeurs-là», confirme-t-elle, en affirmant que des activités dans d’autres sphères sont aussi proposées.

Concentration et compétition

De nombreux cadets de 12 à 18 ans ont répondu présents à la première compétition qui avait lieu à Sherbrooke. « Nos cadets ont participé à une clinique sur l’escrime, ainsi que sur le tir au pistolet, suivi d’une compétition amicale. Une demi-douzaine d’équipes, soit une trentaine de cadets, cadettes (équipes mixtes) et coachs de la région se sont affrontés et ils ont récolté des médailles en bonus », relève Manon Godard.

«Ils avaient tous hâte de savoir quand allait avoir lieu la prochaine activité, poursuit-elle. On travaille pour trouver les budgets pour en refaire une à l’automne et au printemps.»

Même si certains ont remporté des médailles. Manon Godard, souligne le fait que les responsables du programme travaillent fort pour enlever le mot compétition du vocabulaire.

« On cherche plus la participation. Il n’y a pas de gagnants, tout le monde l’est au bout de la ligne», indique-t-elle.

Le laser-run est une discipline profondément sociale et fait surgir la solidarité de chacun. Elle travaille l’entraide, la collaboration et, avant tout, l’estime de soi. « La seule personne avec qui tu compétitionnes, c’est toi-même dans le but d’améliorer ton résultat », rapporte Manon Godard.

À travers le dépassement de soi, cette dernière relève que les jeux vidéos représentent le pire ennemi pour les jeunes et les responsables des cadets.

Leurs cerveaux sont de plus en plus sollicités par leur cellulaire, la télévision et les jeux vidéos. Avec le laser-run, Manon Godard explique que le cadet doit se concentrer sur le moment présent.

«Une fois qu’il a couru et qu’il s’arrête pour tirer, il doit laisser la place à rien d’autre pour se concentrer, prendre son souffle et s’autoréguler. Ce n’est pas évident pour tous nos jeunes qui fonctionnent au rythme des mégabits seconde dans leur cerveau.»

Le programme du Corps de cadets de la marine de Waterloo est offert gratuitement. Il comprend une quarantaine de jeunes. Grâce au programme de reconnaissance des acquis extrascolaires, la commission scolaire du Val-des-Cerfs, reconnaît le programme local des cadets en accréditant deux unités lorsque le cadet complète son année.

En juin 2019, une vingtaine de jeunes ont eu deux unités ajoutées à leur bulletin, car ils répondaient à la liste de critères, notamment d’être présents 90% du temps au programme des cadets.

« En Ontario, ça fait des années que ça existe. Au Québec, c’est long à instaurer. La commission scolaire était ouverte d’esprit, donc on a été innovateurs, en quelque sorte », relève Manon Godard.