Le grand patron de la station de montagne Au Diable Vert, Jeremy Fontana, est en pourparlers pour exporter le concept d’ObservÉtoiles à travers le globe, notamment au Canada, aux États-Unis, en Europe puis en Australie.

ObserÉtoiles, en voie d’exportation

En lançant, en juin, son planétarium à ciel ouvert avec réalité augmentée, une première mondiale, le patron de la station de montagne Au Diable Vert de Sutton, Jeremy Fontana, voulait frapper un grand coup. Et ce fut le cas. Non seulement le spectacle a affiché complet toute la saison, mais il est en voie d’être présenté ailleurs sur le globe.

«ObservÉtoiles a été un franc succès dès le jour un. L’achalandage a été une belle surprise. C’était au-delà de nos attentes. On a même dû refuser quelques milliers de personnes», a confié Jeremy Fontana.

Selon ce dernier, près de 5000 personnes ont participé à ce spectacle nocturne à grand déploiement au cours de la première saison, durant laquelle ont eu lieu une trentaine de représentations. D’ailleurs, M. Fontana compte augmenter la cadence. «L’an prochain, on va faire plus de spectacles. On aura une équipe juste pour le planétarium, notamment des astronomes. On devrait ouvrir à la fin avril pour les week-ends, et l’été on devrait possiblement avoir quatre présentations par semaine», a-t-il précisé.

Outre la qualité de l’expérience du planétarium, le fait qu’Observ-Étoiles soit associé à National Geographic, une organisation de réputation internationale spécialisée principalement dans la diffusion de documentaires sur la nature et la science, a permis au projet d’avoir une «énorme visibilité» à travers le globe, a fait valoir Jeremy Fontana. Plusieurs organisations souhaitent adopter le concept que leur a présenté l’homme d’affaires. «Il y a de l’intérêt ici. On a commencé avec les parcs nationaux au Canada. Mais les négociations sont plus avancées aux États-Unis. Il y a aussi l’Europe et l’Australie. Il devrait y avoir des présentations de Night Sky Odyssey ailleurs sur la planète dès l’été 2019. Mais on va garder l’exclusivité au Québec», a-t-il indiqué.

Distinctions

Début novembre, ObservÉtoiles s’est démarqué en remportant le Prix initiative en innovation et développement de l’offre remis dans le cadre des Prix excellence tourisme 2018.

Plus tôt dans l’année, Au Diable Vert avait été reconnu par la Royal Astronomical Society of Canada comme une « réserve de ciel étoilé», à cause de son environnement nocturne exceptionnel.

En fait, l’idée d’exploiter la voûte céleste pour en faire un attrait touristique ne datait pas d’hier à la station de montagne de Sutton. Les astres se sont alignés dès la fin de 2017, permettant à l’entreprise de construire un amphithéâtre de près de 180 sièges répartis sur cinq rangées aménagées à même la pente de la montagne, dévoilait La Voix de l’Est en mars. Question de bonifier l’expérience d’Observ-Étoiles, un sentier « multisensoriel» guide les participants au cœur du lieu de présentation. S’échelonnant sur 600 mètres, le tracé en pleine nature est ponctué d’animation virtuelle.

Côté technologique, Au Diable Vert n’a rien laissé au hasard. L’entreprise de Sutton s’est associée à Aryzon, une compagnie des Pays-Bas, pour mettre au point un casque 3D novateur, spécifique à ObservÉtoiles, dans lequel on insère un téléphone intelligent. Celui-ci présente alors une carte virtuelle du ciel étoilé en temps réel via l’application Star Chart, une des plus populaires à travers le monde. Les images sont ensuite réfléchies dans une lentille Fresnel haute-résolution, plongeant le porteur du casque en pleine réalité augmentée. Cet équipement à la fine pointe est la pierre angulaire de l’activité. Une fois que les gens prennent place dans le planétarium, un guide entre en scène. À l’aide d’un laser astronomique, il fait vivre aux participants un «voyage unique à travers la galaxie», a dit M. Fontana.

Hébergement

Au Diable Vert continue d’accroître sa capacité d’hébergement. La construction de quatre nouveaux refuges est en voie d’être complétée. Les visiteurs auront donc accès à 26 gîtes rustiques et trois appartements en montagne. On parle entre autres d’unités aux murs végétalisés dans le secteur du planétarium. Celles-ci sont abondamment vitrées afin de permettre à leurs occupants d’observer le ciel.

« On voulait que les unités [se fondent] dans l’environnement. On veut créer ce sentiment de liberté quand les gens sont à l’intérieur. La nature est au premier plan », a mentionné M. Fontana.

La station de montagne pourra donc héberger près de 130 personnes en hiver et 250 visiteurs durant la saison chaude. Le site de 148 hectares (365 acres) pourra accueillir 600 personnes. Les amateurs de sports de glisse pourront s’adonner au ski de fond. À ce chapitre, Au Diable Vert compte d’ailleurs agrandir son réseau. «On veut aussi proposer plus de glissades et on travaille sur un projet pour une autre activité hivernale», a fait valoir M. Fontana, préférant en taire la teneur pour le moment.