«Si les gens sont curieux, ça me fait plaisir, dit l’antiquaire Simon Bergeron, qui s’est associé à la designer d’intérieur Kelly Mullins. Ils vont apprendre des choses intéressantes.»

Maison Bergeron: des antiquités pour tous

Pincé, le milieu de l’antiquité? Pas pour Simon Bergeron, qui veut faire de sa boutique de la rue Principale Sud de Sutton un lieu où tout le monde se sent à l’aise.

«Je veux que tout le monde ait le goût de rentrer, même les enfants avec leur cornet de crème glacée», affirme le commerçant de 46 ans rencontré dans son élégante salle d’exposition où se côtoient meubles d’époque, décorations éclectiques, ainsi qu’une pléthore d’objets rares et inusités.

Des chaises en cornes de vache aux tuiles ottomanes en passant par des cuillères commémoratives hawaïennes, le choix est vaste.

«Ça ne me dérange pas de discuter avec un client pendant une heure, insiste M. Bergeron. Si les gens sont curieux, ça me fait plaisir. Ils vont apprendre des choses intéressantes. Et je veux que les objets soient touchés.»

Bien qu’accessible à tous, la Maison Bergeron se donne néanmoins des airs (assumés) de galerie d’art avec son éclairage doux, ses effluves de chandelles aromatiques et ses accents de musique classique.

Prônant le style «européen raffiné», son propriétaire reconnaît avoir «une fascination pour les beaux objets» qui remonte à ses études en histoire de l’art. «Ça fait 5000 ans que les gens sont fascinés par les objets bien faits», dit-il.

Rouages du métier

Plus jeune, alors qu’il habitait toujours Montréal, Simon Bergeron s’ennuyait dans un travail qui ne l’intéressait pas quand il s’est décidé à entrer chez un antiquaire de la rue Sherbrooke Ouest pour y offrir ses services.

Surprise! Le Petit Musée avait besoin de bras. Il y a passé dix ans, apprenant les rouages du métier tout en entamant sa propre collection. Et, au fur et à mesure qu’il vendait, il achetait autre chose.

Les affaires ont bien marché et, répondant à l’appel de la campagne, il a ouvert sa propre boutique à Sutton en 2018.

Ses clients viennent surtout de Montréal, mais les «locaux» aussi sont intéressés. Question de diversifier son offre, M. Bergeron s’est également associé à la designer d’intérieur Kelly Mullins, qui aime mélanger l’antiquité à d’autres styles décoratifs.

Au besoin, sa chienne Margaux, un lévrier irlandais aussi placide qu’une œuvre d’art, accueille aussi les clients à sa façon.

Sélection

L’antiquaire reconnaît que ses articles ne sont pas donnés, bien qu’il offre aussi «des gugusses à 100 $». Son item le plus dispendieux, une table datant de 1820 faite d’une base britannique surmontée d’un plateau italien. Elle se détaille à 42 500 $.

«Certains articles peuvent paraître chers, mais je reste raisonnable dans les prix. Chaque objet a été sélectionné pour une raison.»

Pour acheter, il visite, prend des photos et fait ses recherches. Hormis que l’objet soit intéressant, il aime que le vendeur soit cordial; sinon, il passe son tour.

Avec les années, il a établi de nombreux contacts, notamment grâce à sa collaboration avec divers organismes dont le comité d’acquisition en art canadien du Musée des beaux-arts de Montréal et deux maisons d’enchères torontoises.

Avec comme résultat que le rez-de-chaussée de sa petite maison jaune ne peut contenir tout son butin: le reste de ses 500 items est disposé, entre autres, au sous-sol. «Mais c’est bien d’avoir un espace restreint, souligne Simon Bergeron. Ça me permet de moins m’étaler!»

La Maison Bergeron est ouverte du jeudi au dimanche, de 12h à 17h, ou sur demande.