«Je ne veux pas juste faire partie du problème (du vieillissement de la population), je veux faire partie de la solution», dit le président d’Aînés actifs plus, André Bélisle. «On a des services à rendre aux aînés et les aînés veulent donner eux aussi», ajoute le secrétaire, François Forest.

Une municipalité où il fait bon vieillir

Les projets ne manquent pas pour le groupe Aînés actifs plus de Shefford. On est loin de la langueur de certaines résidences pour personnes âgées !

« On ne fait pas qu’organiser des activités physiques, indique le président du regroupement, André Bélisle, un retraité d’IBM de 68 ans. On a besoin d’entretenir ça aussi ! », dit-il en pointant sa tête encore bien chevelue.

Constitué organisme sans but lucratif en 2017, le groupe composé d’une poignée de bénévoles se démène pour faire de la municipalité un endroit où il fait bon vieillir. Au-delà du traditionnel Club de marche du vendredi, des cafés-citoyens thématiques (sur l’histoire, les testaments ou encore l’art égyptien) et le suivi du comité Municipalité amie des aînés (MADA), il veut en faire, justement, plus.

L’automne prochain, Aînés actifs plus veut acheter de l’équipement informatique afin de développer les compétences des gens du bel âge dans ce domaine. « On cible le niveau zéro de connaissance, dit M. Bélisle dans un sourire. Ceux qui ont peur d’Internet ! »

Le groupe souhaite aussi offrir des cours d’espagnol et organiser un système d’échange de services, par exemple, avec la Maison des Jeunes de Waterloo, pour aider les citoyens âgés à s’occuper de leur maison. Une consultation aura ainsi lieu de la fin mars à la mi-avril afin d’aiguiller Aînés actifs plus sur ses actions futures. Le questionnaire sera envoyé à tous les foyers de Shefford et sera aussi disponible en ligne.

« Les gens viennent souvent ici au début de leur retraite, et puis, ils quittent, regrette M. Bélisle. On aimerait les faire rester plus longtemps. C’est pourquoi on veut se distinguer et jouer sur le talent des Sheffordois. »

« Faire notre part »
Pourquoi s’impliquer dans ce groupe ? « On a des services à rendre aux aînés, et les aînés veulent donner eux aussi », explique le secrétaire, François Forest, un retraité du milieu hospitalier de 70 ans.

« T’arrives à un moment donné où tu prends ta retraite et tu te dis que tu veux continuer à faire profiter de ton expérience, dit André Bélisle. Je ne veux pas juste faire partie du problème (NB : du vieillissement de la population). Je veux faire partie de la solution. Il faut faire notre part. »

Le plus gros défi de l’organisation reste d’aller « chercher » les aînés. Pour l’aider, elle a récemment reçu une subvention de 14 500 $ de la Ville pour financer l’achat d’équipement informatique, permettre la présence régulière d’un kinésiologue au Club de marche et pour assurer la gratuité des activités estivales comme le taï-chi et le yoga. Une banque de ressources citoyennes a aussi été mise sur pied.

M. Bélisle ne souhaite pas recevoir d’aide récurrente. « On veut maintenir notre indépendance », insiste-t-il. Quant au comité de suivi de Municipalité amie des aînés, celui-ci s’assure que la municipalité considère la dimension du vieillissement dans ses décisions.

« Les gens se sentent en sécurité ici, indique André Bélisle. C’est un environnement plutôt champêtre. Mais c’est difficile d’avoir des lieux de rencontre naturels. » C’est pourquoi faute d’édifice communautaire, toutes les activités intérieures d’Aînés actifs plus ont lieu à l’hôtel de ville de Shefford, chemin Picard.