« Notre plus grand défi, c’est que les gens restent dans les sentiers. Si on apprenait à vivre dans la nature sans la détruite, ça serait bien ! »

Plein de bon CENS

«Les gens sont de plus en plus respectueux » des sentiers des parcs Jean-Paul Forand et des Montagnards, reconnaît le président de Conservation espace nature Shefford (CENS), François Houde. Mais l’éternel combat contre les mauvaises habitudes de certains randonneurs n’est pas gagné...

M. Houde voit toujours des chiens sans laisse ou des « cadeaux » canins, même au parc des Montagnards, où les chiens sont pourtant interdits.

Ce qui est toujours mieux que les sacs de plastique remplis de déjections retrouvés dans le bois. Ou les gens qui empiètent à l’extérieur des sentiers lorsque les sols sont boueux, dégradant les arbres à proximité. Parfois, certains empruntent même les chemins alors que le parc est fermé, comme durant le dégel, ou ils débarquent avec leur vélo de montagne !

Des comportements que CENS (prononcez « sens »), organisme composé d’une quarantaine de bénévoles comme M. Houde, se fait un devoir de corriger avec diplomatie lorsque les délinquants sont pris sur le fait.

Des rappels qui ne sont pas toujours appréciés, « mais quand on leur explique, de façon générale, ils vont comprendre et accepter », dit le retraité de 65 ans. « Notre plus grand défi, c’est que les gens restent dans les sentiers. Si on apprenait à vivre dans la nature sans la détruite, ça serait bien ! »

Mariage heureux
Avocat spécialisé en droit scolaire, M. Houde a à coeur les deux joyaux sheffordois devenus réserves naturelles en 2013 et où les animaux sauvages sont rois. Avec son chien Achille, il les visite chaque matin d’hiver où la météo est clémente.

« Quand on est arrivés à Shefford, en 2005, il n’y avait qu’un seul sentier au parc Jean-Paul Forand, dit-il. Mon conjoint a parti le Club de marche, qui se réunit encore les vendredis. Le gros des sentiers a été fait en 2013 et je suis embarqué dans CENS en 2014. »

Un mariage heureux, puisque sa formation juridique lui donne une facilité avec l’administration et la nature environnante lui rappelle son ancienne ville, Québec, « où la nature est tout près ».

Le mandat de CENS est double : conservation et éducation. L’organisme aménage les sentiers — des travaux de drainage restent à faire au parc des Montagnards —, les entretient et les patrouille. Il est appuyé par des dons et une aide annuelle récurrente de 7000 $ de la municipalité de Shefford.

« J’aimerais bien avoir plus, mais on s’arrange, dit M. Houde. Ça nous sert pour l’entretien des sentiers et la formation des patrouilleurs. » Portant fièrement le brassard orange, ceux-ci apprennent les règles de sécurité à respecter, découvrent comment intervenir si quelqu’un est blessé, voient l’éthique des randonneurs, etc.

Règlements
Le CENS veille aussi sur trois terrains protégés interdits au public, car trop fragiles et accidentés. « Mais des gens y vont quand même », soupire M. Houde, à qui on demande souvent pourquoi les chiens sont interdits au parc des Montagnards.

Très prisé des randonneurs, ce parc a une vocation plus sauvage et ses sentiers sont plus étroits et escarpés, précise-t-il. « Et neuf fois sur dix, les chiens y ramassent des tics. Aussi, certaines personnes ont peur des chiens. C’est nécessaire qu’on ait un parc sans chiens. »