«Le monde municipal m’intéresse, parce qu’on est près des gens. Les changements, on les voit davantage ici. Quand on pose des gestes, c’est plus direct», estime le maire Éric Chagnon.

Chagnon: «Je suis un gars de projets»

Ce sont ses propres mots. Éric Chagnon a sa municipalité « dans la peau ». Sheffordois pure laine, il en occupe désormais la mairie avec un plaisir évident. Portrait d’un « gars heureux ».

En tant que petit-fils d’un ancien employé de la voirie municipale et fils de Doris Chagnon, qui a été membre du conseil municipal durant 25 ans, le nouveau maire ne cache pas son attachement particulier pour sa ville.

« Et j’ai toujours eu un intérêt pour la chose municipale. C’est probablement mon père qui m’a transmis ça. À l’époque, quand il revenait de l’hôtel de ville, j’essayais de lui tirer la pipe, mais il me disait toujours ‘‘C’est confidentiel tant que ce n’est pas public’’. Aujourd’hui, je fais la même chose avec mes enfants. J’essaie de garder cette même rigueur. »

À la maison, le nouveau quinquagénaire est entouré de dames. Sa conjointe des 25 dernières années et lui sont les parents de trois grandes filles de 18, 20 et 22 ans. Avec elles, il a d’ailleurs choisi de revenir s’établir sur la terre familiale.

Celui qui est maintenant producteur d’arbres de Noël a toujours eu la bosse des affaires. Diplômé en administration au cégep de Granby, Éric Chagnon possède également un certificat en marketing et un autre en administration. Il a notamment été promoteur immobilier, associé dans une papeterie et propriétaire d’une résidence pour personnes âgées. « Je suis un gars de projets », fait remarquer le nouveau maire, élu sans opposition l’automne dernier.

Près des gens
Son arrivée comme conseiller municipal, en 2013, était uniquement motivée par le désir de servir son patelin, rappelle- t-il. Ne lui parlez pas de politique provinciale ou fédérale ; ce n’est pas dans ses plans.


« Je veux être perçu comme quelqu’un d’accessible, de disponible, qui s’implique.  »
Éric Chagnon

« Je n’ai pas d’intérêt pour ça. Le monde municipal m’intéresse parce qu’on est près des gens. Les changements, on les voit davantage ici. Quand on pose des gestes, c’est plus direct. »

À ce jour, cette proximité avec les Sheffordois semble bien lui convenir. « Je considère être quelqu’un d’ouvert. Je pense que ça aide. »

Quel est le secret d’un bon maire ? « Je ne pense pas qu’il y ait de secret. Il faut être à l’écoute et avoir une bonne équipe de conseillers. Les employés municipaux sont aussi très importants ; avoir un bon historique des dossiers, c’est un gros plus. Je veux être perçu comme quelqu’un d’accessible, de disponible, qui s’implique. »

Invité à se décrire davantage, le maire sourit. « Je ne pense pas être trop dur à vivre. Avec moi, l’ambiance de travail doit être bonne. Je suis sur le même pied d’égalité que tout le monde ! »

Loin de lui l’intention d’être trop directif. « Je n’essaie pas d’imposer ; je tâte le pouls avant. Et je suis capable de déléguer. »

Avec son calme notoire, Éric Chagnon explique avoir été bien préparé pour le poste. D’abord grâce à ses quatre années comme conseiller, puis par l’ancien maire André Pontbriand. « Il m’avait bien informé de la tâche. Ce que je préfère, c’est de savoir tout de suite ce qui se passe, car tout transite par mon bureau et celui de la directrice générale. »

Il est, par ailleurs, peu surpris du nombre d’heures que la mairie exige. « C’est un travail à temps plein. Je me donne la rigueur de venir tous les jours à l’hôtel de ville. Mais j’ai beaucoup de temps à donner. Mes enfants sont maintenant de jeunes adultes, je suis travailleur autonome, c’est donc plus facile de tout concilier. »

Deux mandats
Idéalement, pour avoir le temps de bien faire les choses, il aimerait passer deux mandats dans le siège de maire. « André Pontbriand nous a déjà tracé certaines lignes directrices pour faire de belles réalisations », assure-t-il.

Les projets de l’école primaire et du centre multifonctionnel sont encore espérés pour créer un petit coeur villageois, ce « noyau » qui fait tant défaut à Shefford et où les citoyens pourraient converger.

« Je suis persuadé qu’on est la seule, ou l’une des seules municipalités du Québec de 7000 personnes, qui n’a pas d’école... Avec l’appui de la commission scolaire, on a fait une demande pour un lab-école. On va voir. »

Quant au centre multifonctionnel, estimé à environ 3 millions $, la Ville espère toujours des subventions. « On a déjà les plans pour ça. On est en attente de réponses pour un programme qui assumerait 50 % des coûts. Sinon, il faudra voir si on réduit l’espace ou si on construit le bâtiment en deux phases. Le conseil devra se positionner là-dessus. »

Le côté « vert » de la municipalité demeurera aussi au centre des préoccupations, grâce à l’ajout de liens cyclables, entre autres. « On veut agrandir les sentiers pédestres en montagne. On aimerait aussi bâtir des liens multifonctionnels entre les parcs de la montagne et les développements résidentiels. »

Des projets emballants qui ne se font pas en claquant des doigts. Cela, Éric Chagnon l’a appris depuis son arrivée en politique municipale. Rien, cependant, pour atténuer son enthousiasme. « Je suis quelqu’un de patient et de très optimiste. Je vois toujours le bon côté des choses ! »

En forte croissance

Bien qu’Éric Chagnon souhaite que Shefford conserve son côté « rural », force est de constater que la municipalité a crû de
façon spectaculaire ces dernières années.


Selon le maire, la valeur foncière imposable de Shefford est passée de 47 millions $ à 895 millions $ entre 1983 et 2017.
« C’est beaucoup ; 19 fois plus, en fait ! »


Il demeure néanmoins convaincu d’une chose : « On n’aura jamais une forte densité ici. Les terrains ne le permettent pas. Et la population ne va pas doubler. On atteindra probablement
jamais les 10 000 habitants. »

Un conseil de femmes

Fait rare, le conseil municipal de Shefford est principalement composé de femmes. Depuis le scrutin de novembre 2017, elles sont quatre à prendre place autour de la table, parmi les six conseillers élus et le maire. Aux deux vétéranes, Denise Papineau et Johanne Boisvert, sont venues s’ajouter Francine Langlois et Geneviève Perron.


«Elles sont en majorité chez nous. Ce sont des personnes qui travaillent fort et qui ont vraiment la municipalité à coeur», fait remarquer Éric Chagnon.


Ce dernier se dit heureux de faire partie d’un tel mouvement. «En politique, il faut que ce soit représentatif de la population. Je n’adhère pas au principe du boy’s club.»


Et quelle dynamique apportent-elles? «Elles sont plus perfectionnistes. Mais c’est positif!»