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Francine Langlois devant le cellier à livres qu’elle a installé à l’extérieur de son commerce
Francine Langlois devant le cellier à livres qu’elle a installé à l’extérieur de son commerce

La lecture comme le bon vin!

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
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On connaît déjà le concept des boîtes à livres et des croque-livres extérieurs. Mais un cellier à livres? Il fallait y penser!

L’idée vient de la Sheffordoise Francine Langlois, que la lecture semble manifestement inspirer. Partager et donner une seconde vie à des livres qui accumulaient la poussière l’a emballée ; elle en a fait un projet artistique, social, économique et éducatif.

Tout a commencé par une première boîte à livres, en 2019, que la conseillère municipale a installée devant son commerce, le Garage JPM. Pour la rendre originale, elle lui avait donné l’allure... d’un livre. Bricolée durant l’hiver, cette réplique d’un ouvrage ancien d’Alfred de Musset est ainsi devenue son « passeur de livres ». Bien en évidence, elle y avait inscrit : « Un enfant qui lit sera un adulte qui pense ». De format modeste, il ne pouvait contenir qu’une trentaine de livres.

Chaque client de passage était alors invité à prendre un livre gratuitement, à le rendre ensuite ou à en fournir un nouveau. Le seul hic, c’est que le mot s’est passé et que la boîte est rapidement devenue trop petite.

C’est ici que le cellier fait son entrée dans l’histoire. « Lors d’une visite à l’écocentre à l’été 2020, je l’ai vu et l’idée a surgi : c’est avec cette boîte que je ferais mon prochain “passeur de livres”, raconte la dame. J’y ai installé cinq tablettes, une est consacrée aux enfants, une autre aux anglophones et les autres aux francophones. »

Pas question, cependant, de le laisser tel quel. Son cellier à livres aurait fière allure. À partir d’un collage de coupures de magazines, Mme Langlois l’a enjolivé. « Ça me permet de développer ma créativité », glisse-t-elle.

Aujourd’hui, près d’une centaine de livres peuvent s’aligner dans le grand cellier qui trône près de l’entrée du garage. Un banc permet même de s’attarder. Les bouquins vont et viennent au gré des envies des visiteurs, qui y trouvent de tout, des livres de recettes aux romans, en passant par les biographies, les BD et les livres jeunesse. Et même si la rotation de livres va bon train, Francine Langlois n’arrive pas à exposer tout son inventaire. « J’en reçois plus que j’en mets. J’ai quatre boîtes de livres en réserve ! » dit-elle, en rappelant que son « passeur de livres » est ouvert à tous.

Mini-bibliothèque

Le partage de livres est pour Mme Langlois un service presque essentiel dans une municipalité qui ne possède pas de bibliothèque municipale. « Et s’acheter un livre, c’est assez dispendieux. Une boîte à livres, c’est le chaînon manquant pour attirer les jeunes et les moins jeunes vers la lecture, parce que c’est facilement accessible. »

Encore plus en temps de pandémie et de couvre-feu, croit-elle, alors qu’un bon livre peut devenir le compagnon idéal pour combler les soirées, passer un bon moment et laisser l’imagination prendre toute la place.

Elle est d’ailleurs convaincue que la lecture peut être un formidable véhicule pour apprendre à lire et approfondir sa culture, d’où son impression d’être utile en « cultivant le partage ».

On devine que Francine Langlois est elle-même une lectrice assidue. « Plus jeune, je lisais beaucoup. J’ai même arrêté pendant un moment parce que je n’étais pas raisonnable ; je pouvais passer la nuit à lire. J’ai appris en vieillissant qu’on pouvait lire avec modération ! »

Son plus grand souhait, c’est que d’autres boîtes à livres poussent aux quatre coins de Shefford. Elle invite d’ailleurs ses concitoyens à se lancer. Une vieille armoire, une jolie boîte de bois, tout peut servir à donner le goût de lire aux petits et aux grands résidants d’un quartier.

Une seule condition : que le contenant puisse résister aux intempéries. Elle en sait quelque chose : son cellier à livres a perdu un peu de sa superbe ces derniers mois. Mais elle trouvera bien un moyen de lui refaire une beauté, assure-t-elle.

Envie de bouquiner ? Rendez-vous au 1017, rue Denison Est à Shefford.